Si ça saigne de Stephen King, si on s’ennuie…

Dispensable. Voilà le mot qui me reste après la lecture de ce recueil de nouvelles de Stephen King. Pas désagréable mais vraiment pas mémorable. Voyons ça dans le détail.

La première histoire, « le téléphone de M. Harrigan, est très classique dans son traitement. Quiconque connais l’auteur ne ressentira aucune surprise, et encore moins d’effroi, face à cette histoire d’un personnage équilibré et bienveillant et de téléphone hanté. Rien de désagréable mais c’est du vu et revu.

Je suis resté complètement hermétique à la seconde histoire, qui a le mérite d’être originale et loufoque mais cela n’a pas suffi à capter mon attention.

Quant à la troisième nouvelle, qui a sans doute constituée l’attrait principal du recueil pour nombre de lecteurs, elle remet en scène le personnage passionnant d’Holly Gibney dans une intrigue qui n’est qu’une pâle resucée de l’ouvrage précédent de l’auteur, l’outsider, mais sans rien apporter de neuf à la mythologie de cet univers. Retrouver Holly est toujours un plaisir mais cela ne suffit pas à faire de Si ça saigne un récit inoubliable.

Seul la dernière nouvelle, un huis clos sur fond de pacte faustien, déploie une véritable atmosphère. L’auteur renoue avec l’un de ses sujets favoris, la création littéraire et les affres délétères qu’elle peut entraîner. L’auteur a eu la bonne idée d’aller à l’essentiel pour ce dernier récit.

Ces quatre nouvelles sans aucune thématique commune entre elles forment un recueil bancal, pas inintéressant dans l’absolu, à condition d’être fan inconditionnel du King

Résumé : Les journalistes le savent : si ça saigne, l’info se vend. Et l’explosion d’une bombe au collège Albert Macready est du pain béni dans le monde des news en continu. Holly Gibney de l’agence de détectives Finders Keepers, travaille sur sa dernière enquête lorsqu’elle apprend l’effroyable nouvelle en allumant la télévision. Elle ne sait pas pourquoi, le journaliste qui couvre les événements attire son attention…
Quatre nouvelles magistrales, dont cette suite inédite au thriller L’Outsider, qui illustrent, une fois de plus, l’étendue du talent de Stephen King.

Éditeur ‎Albin Michel (10 février 2021)
Langue ‎Français
Broché ‎464 pages
ISBN-10 ‎2226451056
ISBN-13 ‎978-2226451057

Un chat sous la pluie et autres nouvelles/La cinquième colonne (11 mai 2017) de Ernest Hemingway

Couples à la dérive, récits de guerre, de blessures, règlements de compte, naufrages et chasses en tout genre : peu importe le sujet, les nouvelles d’Hemingway, tout en retenue et précision, appuient là où ça fait mal. Essentiel.

Chronique : Ernest Hemingway, prix Nobel de littérature écrit sur ce que on connait vraiment, sur les choses que l’on connait le mieux. Ses phrases, ses mots, le rythme du récit, la manière de décrire, ou plutôt d’essayer de ne parler que de l’action, tout cela est travaillé de telle façon que ce qu’il connait vraiment. Sa façon de décrire le fort intérieur de l’homme (car toutes ses histoires, avant de parler d’un fait anodin, parlent surtout d’hommes, qu’il décrit si bien qu’il semble souvent que ce soit autobiographique) montre un grand humaniste, un écrivain profond, malmené, en perpétuelle recherche, curieux, aventureux.
Et puis ces deux nouvelles permettent d’entrer dans ses grands romans, de découvrir les prémices de son oeuvre, d’arpenter avec lui les alentours de ses autres livres et leur genèse.

Note : 9,5/10

  • Poche: 496 pages
  • Editeur : Folio (11 mai 2017)
  • Collection : Folio

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50 histoires pour frissonner (23 mars 2017) de Marc Pasteger

Une suite d’histoires vraies de toutes les époques qui interpellent par leur côté étrange, mystérieux, surréaliste…  – Un étudiant assiste à un concert donné par des défunts… – Avant même d’être porté, un kimono tue ses trois propriétaires successives… – Un jeune mari écoute à peine sa femme lui murmurer : « Si tu devais me tromper, tu en mourrais… » – Une petite fille circule dans une maison comme si elle en connaissait tous les secrets ; elle n’y a pourtant jamais mis les pieds. – Une maison est bombardée chaque soir par des pierres qui semblent sortir de nulle part.  – Deux Anglaises en visite à Versailles vont faire un drôle de voyage dans le temps…

Chronique :Marc Pasteger nous parlent de suite d’histoires vraies de toutes les époques qui interpellent par leur côté étrange, mystérieux, surréaliste pour notre plus grand plaisir.
Nous découvrons ici des histoires qui contrairement à d’habitude nous racontent le destin de récit étrange mais qui ont eu une importance hors du commun dans une ou plusieurs vies.
Des moments émouvants dans un recueil d’histoires agréables, des protagonistes plus ou moins connus, des rappels culturels, des petits moments ignorés au centre d’événements historiques.
Une ballade au fil des siècles. Des petit récits à la fois étranges et attachants pour certains. Pour d’autres, plus énigmatiques

Note : 9/10

  • Editeur : Pixl Editions (23 mars 2017)
  • Langue : Français

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Loin de la violence des hommes (8 février 2017) de John Vigna

Avec ce premier recueil de nouvelles, le jeune auteur canadien John Vigna dresse un portrait bouleversant de la condition humaine dans un monde où la brutalité prend le pas sur la raison et où les mauvaises décisions partent toujours d’une bonne intention. Saisis dans leur rôle de mari, d’amant, de père ou de frère, ses personnages poursuivent sans relâche leur quête d’un bonheur incertain.

Chronique : John Vigna nous présente des parcours de vie brisée dans une économie de mots poussée à l’extrême. On dépasse ici rarement la vingtaine de pages lors de micro-récits qui n’épargnent rien à leurs personnages. L’auteur mélange les styles d’écritures et la forme de ses récits pour aboutir à un cocktail maîtrisé, homogène et puissant qui nous prend aux tripes et nous interroge sur notre rapport à l’autre.
John Vigna nous offre un recueil a l’atmosphère si particulière, originale et qui nous fait voyager.

Note : 9/10

  • Editeur : Albin Michel (8 février 2017)
  • Collection : Terres d’Amérique

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Mademoiselle Belle (5 octobre 2016) de Truman Capote

Récemment découvertes dans les archives de la New York Public Library, ces quatorze nouvelles écrites par le jeune Truman entre ses 15 et 19 ans forment un recueil d’une impressionnante maturité. Elles permettent d’observer son style en puissance, sa fascination pour l’intimité des gens ordinaires et la place centrale du Sud des États-Unis dans son œuvre. Truman Capote élabore d’intenses personnages – l’insaisissable Mademoiselle Belle vivant retirée dans son domaine de Rose Lawn, Lucy à la magnifique voix teintée de Blues qui arrive à New York pour travailler au service d’une famille blanche ou Sally, la rêveuse, qui fait défiler ses vies fantasmées pendant les cours de mathématiques –, il affine ses registres, crée des univers éphémères dans lesquels il plonge ses lecteurs avec brio. Les nouvelles inédites regroupées dans ce recueil dessinent un parcours à travers les racines de l’œuvre de Truman Capote, révélant les contours de son premier roman débuté à l’âge de 19 ans, La traversée de l’été, mais aussi les prémices de ses futurs grands classiques : Petit déjeuner chez Tiffany et De sang-froid.

Critique : Mademoiselle Belle est un recueil de quatorze nouvelles de jeunesse écrites par le jeune Truman Capote quand il avait entre onze et dix-neuf ans.Cela console. Il avait fallu renoncer à avoir la suite de Prières exaucées, son roman inachevé. Truman Capote nous réservait quand même une surprise posthume. Des nouvelles de jeunesse, pour la plupart inédites (certaines avaient paru dans le journal de son école). L’auteur les a écrites quand il avait entre onze et dix-neuf ans, récits exhumés ces dernières années, on y retrouve cette âme du sud, magnifique. A lire !

Note : 10/10

 

  • Broché: 180 pages
  • Editeur : Grasset (5 octobre 2016)
  • Collection : Littérature Etrangère

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Le bazar des mauvais rêves : Nouvelles (12 octobre 2016) de Stephen King

« J’ai écrit ces nouvelles rien que pour vous. Mais attention ! Les meilleures ont des dents… » Stephen King

Critique : Nouveau recueil de nouvelles de Stephen King, avec deux-trois entièrement inédites jusqu’à présent.
Les thèmes récurrents de ces nouvelles sont la vieillesse et l’approche de la mort. Tour à tour, ces nouvelles sont hilarantes, nostalgiques, fantastiques, tristes horrifiques.
Un Stephen King peignant au vitriol l’Amérique actuelle à travers de nombreuses difficultés et malencontreuses situations. Plusieurs de ses recueils sont de vraies pépites comme: « Danse macabre », « Rêves et cauchemars » ou encore « Brume ».
Ce livre d’environ 600 pages regroupe 20 histoires dont certaines sont vraiment géniales.
Elles sont entrecoupés par des présentations, ce qui est assez habituel chez l’auteur. »Mile 81″ est excellente mais il y à aussi  » La dune », « Après vie », « Ur », « Ce bus est un autre monde », « Nécro » ainsi que « Feux d’artifice imbibés ainsi que « Batman et Robin ont un accrochage » qui est une très belle histoire attendrissante et touchante.
« Le Bazar des mauvais rêves  » est un recueil de haute tenue.

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 600 pages
  • Editeur : Editions Albin Michel (12 octobre 2016)
  • Collection : LITT.GENERALE

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Sept secondes pour devenir un aigle (1 septembre 2016) de Day,Thomas

D’une île du Pacifique à l’Australie, du Cambodge à la Californie, du Grand Nord canadien au Japon ; de la violence radicale à la fuite vers un monde virtuel, de la débrouillardise tranquille au sacerdoce, du combat pour la survie d’une espèce en danger à la lutte pour celle de l’humanité elle-même, embarquez pour six voyages vertigineux, six manières pour l’homme de se confronter à la nature, quand ce n’est pas à sa nature. Avec Sept secondes pour devenir un aigle, recueil de six textes centrés sur les problématiques écologiques et les enjeux auxquels doivent faire face les hommes d’hier, d’aujourd’hui et de demain, Thomas Day prouve que son talent a atteint la pleine maturité. Sept secondes pour devenir un aigle a d’ailleurs reçu le prix du Lundi et le Grand Prix de l’Imaginair

Critique : Reliées par une thématique commune sur l’écologie, les six nouvelles de ce recueil nous font voyager dans notre passé comme notre futur, aux quatre coins de la planète. Thomas Day mélange les genres et la forme de ses récits pour aboutir à un cocktail maîtrisé, homogène et puissant qui nous prend aux tripes et nous interroge sur notre rapport à la nature. Faudra t’il en arriver à l’extrême décrit dans la novella qui clôt ce recueil, réguler la population mondiale de force pour l’empêcher de s’autodétruire ?
Sur les six nouvelles, on retiend surtout celle éponyme au recueil qui traite du terrorisme écologique avec une écriture majestueuse et dont les dernières phrases nous font l’effet d’un coup de poing par sa puissance évocatrice, ainsi que Lumière Noire à la fois dense et concise.
Seule déception, Tjukurpa qui nous laisse de marbre. On ne sait où veux venir l’auteur et la répétition d’éléments scatologiques dans le texte semble vraiment de trop. Heureusement, cette nouvelle n’est pas représentative de la qualité de l’ensemble du recueil.
Bien que porteurs d’une vision sombre et pessimiste de l’Homme et de l’avenir de l’humanité, les écrits nous apportent toutefois une lueur d’espoir, minime mais non négligeable. Enfin, la postface de Y. Rumpala, spécialiste des questions environnementales, nous éclaire sur le rôle que pourrait jouer la SF à l’avenir par sa pensée visionnaire et toujours en évolution. Loin d’être juste annexe, elle fait partie intégrante du recueil et lui donne un réel intérêt supplémentaire.
Par ce recueil, Thomas Day confirme qu’il est incontestablement l’un des auteurs les plus talentueux de la SF en France.

Note : 8,5/10

 

 

  • Poche: 384 pages
  • Editeur : Folio (1 septembre 2016)
  • Collection : Folio SF

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Période d’essai (1 septembre 2016) de Asimov,Isaac

Les sept premières missions qui se sont posées sur Callisto n’ont plus jamais donné signe de vie. Pourquoi en irait-il autrement de la huitième ? Peut-être parce qu’il s’y trouve un certain passager clandestin… Des ouvriers extraterrestres, ayant entendu parler de la légende du père Noël, exigent – sous peine d’une grève qui paralyserait Ganymède – que le merveilleux bonhomme à barbe blanche descende du ciel pour leur apporter des cadeaux. Imaginez des chats à quatre dimensions, d’irrésistibles félins vivant dans une dimension temporelle différente de la nôtre, ronronnant la veille d’une caresse, miaulant à contretemps. Ce recueil regroupe vingt-sept nouvelles d’Isaac Asimov publiées au début de sa carrière. Les longs commentaires de l’auteur qui accompagnent ces textes apportent un éclairage inédit sur la genèse d’un génie de la science-fiction et sur l’âge d’or du genre.

Critique : Voici un recueil des œuvres de jeunesse d’Isaac Asimov regroupé en un gros volume de 1088 pages et qui regroupe des superbe récits.  27 nouvelles au total couvrant la période 1939 — 1950(hors les cycles des « Robots » et « Fondation »). La plupart nous semblent aujourd’hui surannées, parfois mal écrites, souvent naïves et plutôt stéréotypées. Alors, quel est l’intérêt de ces recueils ? D’abord, ils ravire les fans absolus de l’auteur en leur offrant des textes issus des magazines restés longtemps inaccessibles. Et même si certaines de ces nouvelles sont plutôt faibles, c’est une bonne introduction à l’œuvre. La lecture en est rapide, facile et peu coûteuse. Chaque nouvelle est suivie d’un texte court d’Asimov expliquant la genèse de la nouvelle dans sa création.Dans les nouvelles certaine retienne l’attention :  Homo Sol et   Une donnée imaginaire et Bon sang ne saurait mentir .  Pour le reste, difficile de juger réellement du contenu, certains seront amusés par les intrigues décalées, voire loufoques, du maître  avec une menace de grève extraterrestre si le Père Noël ne descend pas du ciel pour apporter des cadeaux , d’autres seront vite horripilés par tant de légèreté. Certains seront sensibles à l’imagination débridée du créateur des « Robots », quand d’autres se lamenteront du peu d’humanité et d’émotion de ses personnages. En tout cas, le maître ne laisse pas insensible.

Note : 9/10

 

  • Poche: 1088 pages
  • Editeur : Folio (1 septembre 2016)
  • Collection : Folio SF

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Chanson de la Terre mourante (Tome 1 :2 mai 2013) de Gardner Dozois et George R-R Martin

A l’autre bout du temps, un soleil rouge et obèse jette sur la Terre mourante sa lumière de fin du monde. Ceux qui arpentent cette terre agonisante sont les derniers héros de l’humanité. Ils s’appellent Cugel ou Rhialto, T’saïs ou Pandelume, ils sont mages ou voleurs, bretteurs ou escrocs, mais ils sont toujours flamboyants, car ils sont nés il y a de cela soixante ans, sous la plume de Jack Vance.

Critique : L’objectif est atteint : il est possible de faire revivre l’univers ancien, et plus précisément la terre mourante. Ces textes sélectionnés atteignent à leur butQue vous connaissiez sur le bout du doigt l’intégralité de l’œuvre de l’auteur ou que vous n’aillez pas encore sauté le pas, voilà un ouvrage qui vous donnera en tous les cas enviez de vous (re)plonger dans les romans qui sont à l’origine de cette brillante idée qui consiste à écrire de la science-fiction qui se déroulerait dans un futur tellement lointain qu’on pourrait la lire comme de la fantaisie. La Terre mourant c’est donc un monde merveilleux où la magie a remplacé la technique et par conséquent peuplé de sorciers, créatures surnaturelles plus improbables les unes que les autres, objets enchantés…, mais aussi un monde sur le déclin, avançant lentement mais inexorablement vers sa fin. Ne vous étonnez donc pas d’y croiser des sorciers astucieux mais d’une affligeante nullité ou encore des poètes et nécromants mélancoliques ou dépressifs, le tout parsemé de compétitions de sorts, de quêtes insolites, de combats de magie.…                                                                                          Chaque auteur possède bien évidemment un style et une façon de faire qui lui est propre, mais l’ensemble se lit avec une grande fluidité sans que jamais l’ennui ou la répétition ne s’installe. Trois auteurs tirent cela dit, à mon sens, leur épingle du jeu dans ce premier volume : Byron Tetrick, qui met en scène dans « L’université de magie » un jeune homme en quête de son père; G. R. R. Martin, qui nous offre comme à son habitude avec « Une Nuit au chalet du Lac » une nouvelle pleine de surprises et habilement construite ; et enfin Jeff VanderMeer, qui nous embarque avec « La dernière Quête du mage Sarnod » dans les terrifiants royaumes de l’En Dessous aux côtés de personnages attachants et tourmentés tour à tour drôles, touchants, surprenants ou envoûtants, chacun des textes présents au sommaire ne manquera en tout cas pas de séduire les amoureux de fantaisie. Outre la qualité des nouvelles, on peut également saluer la présence au sein de l’ouvrage de postfaces à la fin de chaque texte dans lesquelles les auteurs reviennent tous sur leur première découverte des œuvres et sur l’influence que cela a pu avoir dans leurs écrits. Instructif.
Qu’il s’agisse de rendre hommage à ce grand écrivain ou tout simplement d’amener de nouveaux lecteurs à découvrir l’univers de la Terre mourante, dans les deux cas le pari est parfaitement réussi
Une anthologie qui vaut le détour

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 386 pages
  • Editeur : ActuSF (2 mai 2013)
  • Collection : Perles d’épice

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Les invisibles de Hugh Sheehy

Tous les personnages de ces nouvelles pourraient d’une manière ou d’une autre être «invisibles» à nos yeux, si ce n’étaient les drames qui viennent les percuter de plein fouet et bouleverser leurs existences : une jeune fille en vient à envier ses amis les plus proches, qui ont certainement été enlevés et assassinés par un tueur en série ; un homme retourne dans sa ville natale pour y apprendre que la femme qui avait été son amour de jeunesse a été sauvagement assassinée ; un autre croit retrouver sa petite amie pourtant morte des années auparavant… A la façon inquiétante d’un thriller, chaque nouvelle voit la mort s’immiscer dans les vies. Hugh Sheehy s’attache alors aux sentiments de ses personnages : chagrin, solitude, violence. L’Amérique qu’il dépeint est singulière, étrange, et l’atmosphère des lieux qu’il décrit saisissante. La force de ce recueil réside pourtant dans l’écriture tout en précision. Son pouvoir d’évocation et sa capacité à créer le malaise chez le lecteur contribuent à dessiner un univers étonnant.

Critique: 11 nouvelles réparties sur 284 pages se proposent de nous présenter des parcours de vie brisée dans une économie de mots poussée à l’extrême. On dépasse ici rarement la vingtaine de pages lors de micro-récits qui n’épargnent rien à leurs personnages. Hugh Sheehy nous livre tout cela, certaines nouvelles racontent des malheurs du quotidien comme Henrik le Viking avec le récit d’un couple qui attend un futur enfant, d’autres touchent à l’univers du crime et plus particulièrement des meurtres avec Les invisibles, un sourire pour Ellie ou de la délinquance juvénile/jeunes adultes avec un âge difficile, après le déluge … il y a presque un côté « mystique » à ces histoires car malgré le fait que cela se passe à notre époque on sent que l’extraordinaire n’est pas loin tant dans les réflexions des personnages que les évènements qui se déroulent. La plume de l’auteur mélange les récits à la première ou troisième personne qui instille des messages à son lectorat tout en racontant des instants de vie primordiale pour ceux qui les vivent. Un recueil a l’atmosphère si particulière, originale et qui nous fait voyager dans les États-Unis.

Note : 9/10

 

  • Reliure inconnue: 290 pages
  • Editeur : Editions Albin Michel (30 mars 2016)

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