Galeux de Stephen Graham Jones, Sociologie du loup-garou

Imprégné d’une aura de sauvagerie et de violence, le thème du loup-garou est aussi un appel à la liberté, à un style de vie alternatif. Une liberté qui a aussi un coup comme l’auteur s’est efforcé de nous l’expliquer dans cet ouvrage passionnant.

En choisissant comme narrateur le benjamin de ce clan à fourrure, l’auteur nous invite à découvrir progressivement les règles et fondamentaux qui le régisse. Car se métamorphoser en créature canine possède ses contraintes que l’auteur va nous détailler. L’auteur s’ingénie à livrer un précis de ce que serait le quotidien d’un lycanthrope, et c’est loin d’être une partie de plaisir.

Car leur condition d’être surnaturelle oblige le narrateur, son oncle et sa tante qui l’élève à vivre en marge d’une société uniformisée. Le récit est donc aussi celui de ce clan hors normes, marginal par choix et par contrainte. Une vie précaire, faite d’errances routières, de petits boulots et de solitude. Soudés dans l’adversité, le clan est soumis à une certaine solitude inhérente à leur condition de lycanthrope .

Si le quotidien du narrateur s’apparente à une lutte acharnée pour conserver un semblant de normalité le lecteur devra aussi lutter pour dépasser ses attentes de lecture classique. Il faut faire fi du sempiternel schéma narratif situation de départ, élément perturbateur, péripéties et résolutions. L’auteur ne raconte pas tant une intrigue qu’une errance sans fin. Un destin ordinaire et miséreux de créatures extraordinaires.

La plume de Graham Jones est également un atout non négligeable. Un style acéré, nerveux comme l’état d’esprit de ses personnages, toujours sur la corde raide. La tendresse et l’amour que se portent ses personnages sont retranscrites par petites touches, des gestes, des attentions, des remarques et bien sûr le soutien indéfectible dont il faut savoir faire preuve dans un monde où prédateur et proie se confondent rapidement. 

Galeux est un ouvrage complet, aussi bien dans le fond que dans la forme. Un ouvrage qui gagne à être lu et relu pour en apprécier toutes les subtilités.

Résumé : Les loups-garous existent-ils ? En tout cas, son grand-père en connaît, des anecdotes et des histoires fantastiques sur eux. Mais lui, l’enfant de dix ans, ne parvient pas encore à savoir s’il s’agit de légendes familiales issues des divagations de son Grandpa ou la réalité. Pourtant, la nature sauvage de son oncle Darren, la protection animale de sa tante Libby et les événements étranges qui les ont jetés sur la route semblent hurler le contraire.
À mesure que les années passent, le jeune narrateur anonyme sent que derrière les contes se cache la vérité de sa condition. Alors, pourquoi lui ne se transforme-t-il pas ? Et comment trouver sa place dans cette société américaine qui rejette à la marge les pauvres, les anormaux… les galeux ?

Éditeur ‎Pocket (7 avril 2022)
Langue ‎Français
Poche ‎400 pages
ISBN-10 ‎2266324101
ISBN-13 ‎978-2266324106

Notre part de nuit de Mariana Enriquez, en cette demeure gisent l’amour et les ténèbres

Imaginez une grande demeure percée de multiples couloirs, aux portes en bois massif dissimulant de sombres pièces mystérieuses. Un manoir ancien où il serait facile de se perdre. Ce livre est cette demeure.

Lire cet ouvrage c’est comme déambuler dans les couloirs plongés dans la pénombre et s’arrêter devant les veilles photographies jaunies qui parsèment les murs. On plisse les yeux pour tenter d’en saisir les moindres détails mais ceux-ci s’entêtent à rester dans l’ombre, vérités insaisissables.

Puis vous parvenez dans un salon vivement éclairé par la lumière du soleil argentin, de jeunes adolescents sont assis en cercle, riant, dansant, parlant de tout et de rien. Leur présence salvatrice allège l’atmosphère et fait espérer des lendemains meilleurs. Mais les ténèbres ont déjà jeté leur dévolu sur eux. Cruelles destinés.

Une large bibliothèque vous assaille au fond d’une pièce solitaire, trésors insoupçonnés de témoignages précieux sur l’Argentine et ses troubles incessants, sur des articles évoquant des charniers cachés dans la jungle, sur l’histoire d’une société secrète dont il vaut mieux taire le nom, sur des récits oubliés de voyage dans un lieu emplis de ténèbres dévorantes et de pendus décharnés. Vous n’avez pas envie d’en savoir plus mais une fièvre inconnue vous pousse à vous immerger dans cet océan de noirceur. Dangereux savoir.

Vous présentez que cette demeure est le réceptacle de la folie humaine, de sa cruauté implacable mais aussi de l’amour d’un père pour son fils, un amour qui s’exprime au-delà du bien et du mal, un amour qui ne s’embarrasse pas des conventions du tout venant.

Vous ressortez de la demeure d’un pas fébrile, le cœur battant, les yeux hagards, tentant désespérément de saisir ce que vous venez de vivre. Touché du doigt par une plume dantesque qui grave à jamais des images saisissantes dans votre esprit mais aussi bercé par la fougue de la jeunesse. Une visite dont on ne ressort pas indemne.

Résumé : Un père et son fils traversent l’Argentine par la route, comme en fuite. Où vont-ils ? À qui cherchent-ils à échapper ? Le petit garçon s’appelle Gaspar. Sa mère a disparu dans des circonstances étranges. Comme son père, Gaspar a hérité d’un terrible don : il est destiné à devenir médium pour le compte d’une mystérieuse société secrète qui entre en contact avec les Ténèbres pour percer les mystères de la vie éternelle.

Alternant les points de vue, les lieux et les époques, leur périple nous conduit de la dictature militaire argentine des années 1980 au Londres psychédélique des années 1970, d’une évocation du sida à David Bowie, de monstres effrayants en sacrifices humains. Authentique épopée à travers le temps et le monde, où l’Histoire et le fantastique se conjuguent dans une même poésie de l’horreur et du gothique, Notre part de nuit est un grand livre, d’une puissance, d’un souffle et d’une originalité renversants. Mariana Enriquez repousse les limites du roman et impose sa voix magistrale, quelque part entre Silvina Ocampo, Cormac McCarthy et Stephen King.

Éditeur ‎Sous-Sol (19 août 2021)
Langue ‎Français
Broché ‎768 pages
ISBN-10 ‎2364684668
ISBN-13 ‎978-2364684669

Le carrousel infernal de Joe Hill, sombres ritournelles

Les recueils de nouvelles me posent un véritable défi de lecture. Le commencement de chaque nouvelle exige un effort pour se replonger dans une nouvelle histoire, de nouveaux personnages, une intrigue différente. Ce qui entraîne un rythme de lecture différent. Pourtant les talents de conteur de Joe Hill ont rapidement balayé mes craintes. En un paragraphe il fait prendre vie à des personnages, il parvient à nous plonger dans des lieux comme si on y était, à retranscrire une époque. Son style est efficace et immersif.

Il ne faut pas chercher un fil rouge à ces 13 récits ou, si l’horreur tient le haut du pavé, elle n’est pas la seule émotion à être invoquée. Ce recueil regroupe des nouvelles, inédites pour la plupart, écrites à des époques différentes. Si toutes ne vise pas à créer de l’effroi, celles qui s’y emploient sont redoutables dans leur efficacité. La nouvelle qui donne son titre à l’ouvrage est un cauchemar éveillé avec une fin douce-amère des plus angoissantes tandis que La gare de Wolverton permet à l’auteur de faire étalage de son style visuel gore qui marque l’imagination.

Parmi les nouvelles qui touchent à un autre domaine que l’horreur Les retardataires est une pépite émouvante qui n’est pas sans rappeler l’ouvrage de son père 22/11/63 mais en beaucoup plus concis. Faune est un bijou de conte cruel impitoyable tandis que Tout ce qui compte c’est toi est une jolie fable sur la solitude. Certains de ces récits m’ont semblé un cran en dessous mais le recueil est un immense plaisir de lecture.

Résumé: treize histoires au suspense fantastique, dont deux co-écrites avec Stephen King, dissèquent les aléas de l’existence humaine, pour notre plus grand plaisir de lecture, même si la terreur n’est jamais loin.
 
Lorsque les animaux d’un ancien carrousel rendent une ultime sentence. Qu’un chauffeur sans visage entame une danse macabre avec des motards hors-la-loi. Et qu’un propriétaire d’une chaîne de cafés qui grignote peu à peu les petits commerces se retrouve au milieu de loups. Quand une petite porte s’ouvre sur un monde féerique, qui devient le terrain de jeu de chasseurs assoiffés de sang. Et qu’un homme désespéré décide de conduire un vieux bibliobus pour fournir des lectures aux morts. Lorsqu’une adolescente désœuvrée raconte en direct ses vacances en famille sur Twitter. Quand un frère et une sœur s’aventurent dans un champ pour venir au secours d’un enfant. Et que les passagers d’un avion assistent en direct au  déclenchement de la Troisième Guerre mondiale… L’auteur
nous embarque dans une odyssée troublante au cœur de la  psyché humaine.

  • Éditeur ‏ : ‎ JC Lattès (23 septembre 2020)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 464 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2709666073
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2709666077
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 579 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 15 x 3 x 23 cm

Plunge de Joe Hill et Stuart Immonen, plongée en eaux troubles (ok elle était facile)

On continue la lecture des comics horrifiques écrit par Joe Hill, si vous ne le savez pas encore il s’agit de nul autre que du fils de Stephen King, l’éditeur DC lui a créé son propre label de comics Hill house comics pour que l’auteur puisse librement s’exprimer au travers de récits indépendants mais qui partage tous la même essence horrifique.

J’étais particulièrement impatient de découvrir ce second récit que nous propose Urban comics. Après l’excellent Basketful of heads il me tardait de voir ce qu’allait donner la plume de l’auteur lorsqu’il la trempe dans l’encre sombre des profondeurs marines.

Ce soir au menu c’est fricassée de poulpe

Et bien même si je dois reconnaître des qualités à cette aventure maritime je dois admettre qu’elle ne m’a pas autant convaincue que le précédent récit. Je m’attendais à une exploration des fonds marins glaçante d’effroi, je me suis retrouvé à légèrement grelotter sur les plages d’un atoll russe en compagnie de « zombies » qui passe le temps à résoudre des équations mathématiques. Alors que je m’attendais à partir à la découverte d’une épave dans une atmosphère angoissante j’ai dû assister à la capture rapide de nos héros par une bande de revenants peu ragoûtants certes, mais sans envergure. L’aspect Lovecraftien du récit survient trop tardivement pour relancer l’intérêt, à ce moment-là l’auteur m’avait déjà perdu dans l’une des décimales de PI.

Des scènes d’exploration comme j’aurais voulu en avoir plus

Déception encore concernant les personnages. Ils sont trop nombreux, tout simplement. C’est là que le choix de produire des récits en six numéros qui ne totalisent même pas 200 pages montre ses limites. Difficile de s’attacher à cet équipage hétéroclite en si peu de temps. Il m’a fallu trois numéros pour comprendre que Moriah et Bill étaient en couple sans que je ne parvienne jamais à les imaginer ensemble. Le capitaine Carpenter est le personnage le plus mémorable et attachant avec sa gouaille, son physique d’ours et son entrée en scène dans le premier épisode que l’on peut qualifier de trivial et qui offre l’un des rares moments d’humour du récit. Son charisme éclipse les autres personnages, y compris ses propres frères et la brave Moriah. Là où Basketful of heads se focalisait sur un personnage et une narration électrique, Plunge au contraire multiplie les explications sans éviter certaines incohérences ou qui rendent la lecture brouillonne au final.

Devine qui c’est ?

L’excellent Stuart Immonen assure la partie graphique. Le spectre des couleurs est largement occupé par le bleu sombre, ce qui n’empêche pas l’artiste de signer des planches d’une redoutable efficacité. Les eaux glacées de l’océan Pacifique ont rarement été aussi bien reproduite dans les pages d’un comics, on sentirait presque l’air marin et l’iode. Son trait épais et sombre se prête merveilleusement à ce récit tout en pénombre et faux semblant.

Les couvertures raconte également une histoire

S’attendre à quelque chose lorsque vous débutez un récit puis voire ses attentes de lecteurs être malmené c’est une chose qu’il faut parfois savoir accepter. Après tout rien n’oblige l’auteur à combler nos attentes, mais lorsque les personnages vous passent sous les yeux sans que vous ne parveniez à les retenir ou que le rythme de l’intrigue vous paraît bancal c’est qu’il y a un problème. Ce récit n’a pas su toucher mon cœur de lecteur mais il en sera peut-être autrement pour le suivant, Joe Hill est un auteur à l’imagination débordante je lui fais confiance pour me terrifier à nouveau.

Les variant cover de Gary Franck sont également un régal

Résumé: Au lendemain d’un tsunami, on détecte au large du détroit de Béring le signal de détresse du Derleth, un navire d’exploration scientifique… disparu depuis 40 ans. Le biologiste marin Moriah Lamb rejoint l’équipe de remorqueurs d’épaves missionnée par Rococo International, un groupe privé très intéressé par la cargaison du Derleth. De même qu’il est heureux que les mystères de l’univers soient inaccessibles à l’entendement humain, certains secrets devraient quant à eux rester immergés dans les abysses du cercle arctique.

  • ASIN : B08W6QD84K
  • Éditeur : URBAN COMICS; Illustrated édition (28 mai 2021)
  • Langue : Français
  • Broché : 168 pages
  • ISBN-13 : 979-1026828389
  • Poids de l’article : 700 g
  • Dimensions : 18.8 x 1.6 x 28.2 cm

His house de Remi Weekes sur netflix, bienvenue chez vous

Un premier article à propos de ce film est déjà disponible sur le blog signé par mon compère mais cela fait tellement longtemps que je n’ai pas ressenti un tel enthousiasme pour un film netflix que j’ai décidé d’écrire une chronique à mon tour.

Par bien des aspects ce film m’a fait penser à un autre film angoissant, Mister Babadook sorti en 2014 et réalisé par Jennifer Kent. His house est malheureusement un ton en dessous de ce dernier, dont la réalisation est plus maîtrisée, mais offre quand même des similitudes dans son sujet et son approche qui me pousse à le placer dans le haut du panier des récents films d’horreur proposés par la plateforme.

Le voisinage à l’air sympathique chérie non ?

Le long métrage de Rémi Weekes met en scène deux réfugiés soudannais hébergés en Angleterre après une fuite éprouvante marquée de drame et de traumatismes. Les deux acteurs principaux, qui sont Sope Dirisu et Wummi Mosaku, sont terriblement convaincant, deux acteurs émouvants dont le jeu tout en pudeur renforce le côté envoûtant du film. L’intrigue est l’occasion de revenir sur un thème social malheureusement d’actualité, l’immigration et l’accueil fait au réfugié dans le monde occidental mais aussi d’aborder divers sujets tels que la culpabilité du survivant, la difficulté de s’intégrer dans un pays inconnu et la résilience.

Niveau déco il y a du boulot

Avare en dialogue et maîtrisant les effets horrifiques pour ne pas trop en faire, le film instaure une ambiance glauque et oppressante proche du huis-clos malgré quelques scènes en extérieur. Mais même celles-ci n’échappent pas à l’aspect oppressant voulu par le réalisateur, en témoigne la scène où Rial se perd dans le morne quartier de banlieue où on les a assignés à résidence alors qu’elle cherche une clinique. Car le nouveau départ voulu par le couple se révèle être une prison aussi bien physique que mental dont ils vont devoir affronter les geôliers pour espérer s’en extirper.

Là où Jennifer Kent, avec son Mister babadook, misée sur une angoisse métaphorique pour mettre en avant le traumatisme de ces personnages, Remi Weekes met en scène une angoisse plus frontale, plus palpable, à l’aide de quelques jumpscares bien trouvées et des scènes d’horreurs pures. Le réalisateur n’apporte rien de neuf au genre horrifique mais il prouve qu’il a parfaitement assimilé les codes du genre et parvient même à mettre en scène de purs moments de grâce qui rappellent aux spectateurs que l’horreur qui se joue sous leurs yeux est avant tout un drame humain.

Deux acteurs talentueux et touchants

Au début du film, allongée sur une simple couverture, Rial confie à Bol que cette maison est comme une renaissance, elle oublie juste de lui dire que toute naissance se fait dans la douleur et les larmes. Un film intimiste et angoissant à ne pas louper disponible sur netflix.

Mister babadook, quant à lui, est disponible sur Amazon prime vidéo.

30 octobre 2020 sur Netflix / 1h 33min / Thriller, Epouvante-horreur, Drame
De Remi Weekes
Nationalité Britannique
Synopsis: Après avoir fui les horreurs de la guerre au Soudan du Sud, un jeune couple de réfugiés peine à s’adapter à la vie dans une ville anglaise rongée par un mal profond.

Bloodride une anthologie d’horreur / Netflix

Une anthologie d’horreur norvégienne ? On peut dire que Netflix a le don pour dénicher les projets les plus inattendus. Pour autant cette randonnée sanglante tient-elle toutes ses promesses ?

Composée de six épisodes entièrement indépendants, l’anthologie propose une compilation de petites histoires courtes, pas plus d’une demi-heure par episodes, à la qualité inégale mais qui demeure toujours assez jouissive à regarder, à condition d’aimer l’horreur bien sûr.

Une horreur qui reste tout de même assez gentille et propre malgré le titre évocateur, il n’y a pas tant de scènes gores. Le principe des épisodes repose sur un twist scénaristique final plus que sur la terreur pure. Un principe qui rappelle celui d’une autre anthologie célèbre, la quatrième dimension, mais bloodride n’a pas la prétention qualitative de cette dernière et se révèle être un honnête divertissement mais sans rien de plus.

Le cadre norvégien aurait mérité d’être vraiment mis en avant, en l’état les épisodes pourraient se dérouler n’importe où en Occident, c’est quand même dommage de ne pas mettre plus en avant les légendes de ce grand pays nordique possédant une Histoire riche.

Les deux premiers épisodes sont aussi les moins mémorables, surtout la deuxième avec ce twist vu et revu. Le troisième récit reste la proposition la plus audacieuse tandis que celui sur les rats de laboratoire reste plaisante si l’on parvient à faire abstraction des nombreuses incohérences. Les deux dernières histoires sont prévisibles mais suffisamment distrayantes pour oublier le manque d’originalité.

En ces temps d’incertitudes où beaucoup d’entre nous sont cloîtrés chez eux cette anthologie pourrait faire passer le temps à ceux qui trouvent le temps long. Cependant on peut regretter l’absence de prise de risque et le côté aseptisé de l’ensemble.

Note: 6/10

Depuis 2020 / Epouvante-horreur
Nationalité Norvège

La maison de madame M de Clotilde Perrin | 17 octobre 2019

Un livre pop-up grand format pour une visite guidée qui fera frissonner les plus courageux !
​Clotilde Perrin nous offre avec ce nouvel album animé (plus de 25 flaps, des tirettes et d’autres surprises !) sa version de la maison hantée !

Achat du livre : https://amzn.to/2NDPG0J

Chronique : À tous les amateurs d’horreur ce livre est pour vous et vos enfants, fonctionne bien sûr son principe et nous entraine dans une quête sur l’angoisse.
Les images sont très bien travaillées et feront peut-être un peu peur au plus petit.
Les interactions sont aussi traites bien fait grâce à ses flaps à relever qui attirent toute notre attention et qui nous offrent des petites astuces pour faire peur. Lors des toutes premières lectures il y a un petit effet surpris qui nous est proposé mais on veut y retourner voir ce que l’on a pu rater. Super.

Note : 9/10

Extrait :

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  • Album : 10 pages
  • Tranche d’âges: 9 – 12 années
  • Editeur : Seuil jeunesse (17 octobre 2019)
  • Collection : Livres animés
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1023512847

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La Bibliothèque de Mount Char (24 août 2017) de Scott Hawkins

Un dieu qui manque à l’appel. Une bibliothèque qui renferme les secrets de l’univers. Une femme, prise dans une course folle, qui perd de vue son propre coeur. Carolyn était une jeune Américaine comme les autres. Mais ça, c’était avant. Avant la mort de ses parents. Avant qu’un mystérieux personnage, Père, ne la prenne sous son aile avec d’autres orphelins. Depuis, Carolyn n’a pas eu tant d’occasions de sortir. Elle et sa fratrie d’adoption ont été élevés suivant les coutumes anciennes de Père. Ils ont étudié les livres de sa Bibliothèque et appris quelques-uns des secrets de sa puissance. Parfois, ils se sont demandé si leur tuteur intransigeant ne pourrait pas être Dieu lui-même. Mais Père a disparu – peut-être même est-il mort – et il n’y a maintenant plus personne pour protéger la Bibliothèque des féroces combattants qui cherchent à s’en emparer. Carolyn se prépare pour la bataille qui s’annonce. Le destin de l’univers est en jeu, mais Carolyn a tout prévu. Carolyn a un plan. Le seul problème, c’est qu’en le menant à bien elle a oublié de préserver ce qui fait d’elle un être humain. Avec une galerie de personnages mémorables et une intrigue qui vous réserve plus d’une surprise, La Bibliothèque de Mount Char est à la fois terrifiant et hilarant, étrange et humain, visionnaire et captivant. Un roman qui marque l’entrée en scène d’une voix nouvelle dans le monde de la fantasy.

Chronique : Ce livre est classé dans la «fantaisie contemporaine», et il faut supposer que cela devrai être le cas. C’est un romantrès particulier, dans son ambition mais aussi dans le côté horrifique, gore et malsain de certaines scènes. Ce n’est tout de même pas si souvent qu’on voit le maître de la Réalité et de toutes choses à l’oeuvre, formant douze disciples comme autant d’apôtres dévoyés, chacun maîtrisant une partie du pouvoir suprême, chacun étant tour à tour horriblement torturé s’il ne se soumet pas aux volontés de Père. Ces anciens petits américains ont été arrachés, à huit-dix ans, au monde normal, pour être conduits dans la Bibliothèque, celle qui renferme tous les secrets de l’univers.
Malgré des scènes très cruelles, un ton souvent très noir, la fin du livre vous réservera bien des surprises avec des cruautés sans fin ici. Familles psychotiques. Des machinations politiques insensées. Magie étrange. Tours étonnants. Aussi horrible que cela puisse paraître, on apprécie la lecture de ce livre! L’histoire est très attirante. Il vous emmènera et vous tiendra en otage jusqu’à ce que vous arriviez à la fin. L’auteur à une méthode pour l’horreur et la folie, et qui est ici traitée équitablement.
Bien qu’il y ait beaucoup de questions  c’est un très bon roman mais qui appel à un second tome.

Note : 9/10

  • Broché: 480 pages
  • Editeur : Denoël (24 août 2017)
  • Collection : Lunes d’encre

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Test DVD : L’Emprise des ténèbres ( 6 septembre 2017) de Wes Craven avec Bill Pullman, Cathy Tyson

Un anthropologue de l’université de Harvard est envoyé à Haïti pour récupérer une poudre étrange qui aurait le pouvoir de ressusciter les morts. Pour retrouver ce produit miracle, le scientifique confirmé pénètre dans le monde ténébreux et mystérieux des morts-vivants, des rituels sanglants et des malédictions ancestrales. Inspiré de faits réels.

Chronique : L’Emprise des ténèbres est un film moins connu que les grands classiques de Wes Craven dans sa filmographie, mais il s’avère que c’est un métrage efficace, bien que non dénué de quelques défauts. Coté interprétation il s’appuie dans l’ensemble sur de bons acteurs. Bien sur Bill Pullman qui livre une prestation tout à fait à la hauteur. Il joue son personnage avec conviction, et lui donne un relief qui colle parfaitement avec la profondeur « historique » du film de manière général, en accentuant l’authenticité et le réalisme de son jeu. L’emprise des ténèbres surprend agréablement en jouant la carte du réalisme et de l’authenticité. Aussi c’est probablement un des métrages qui aborde avec la plus grande justesse l’origine du mythe du zombie, et le fait avec une précision qui ravira à n’en pas douter un public soucieux de singularité dans un genre un peu en manque d’originalité. L’arrière-fond historique est par ailleurs bien rendu, et est utilisé avec intelligence. La mise en scène de Wes Craven est un peu sage, mais elle il maîtrise son sujet. La photographie comme les décors contribuent très solidement à restituer l’atmosphère d’Haïti. Il y a vraiment un coté dépaysant et exotique qui est rendu là encore avec réalisme et justesse. Ce n’est pas franchement là un film d’horreur, plus un film fantastique. Enfin la bande son planante est agréable. Au final un Wes Craven plaisant. qui s’extirpe un peu du cinéma de genre pur et dur, pour proposer une réflexion plus vaste sur un sujet passionnant d’ailleurs, et n’hésite pas à se confronter à une certaine actualité d’époque. Le résultat est totalement maîtrisé cette édition permet de redécouvrir un superbe film.

Note : 9,5/10

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TEST DVD :

Image : Ce nouveau master est d’une propreté absolue et  l’image met en valeur la photo de John Lindley et offre un rendu très impressionnant des séquences en extérieur. La clarté est remarquable et les détails sont à peu près aussi bons et la source peut rendre certains éléments, comme les murs à texture grossière dans le village des indigènes, mais il ne faut pas se tromper de la complexité inhérente aux textures de la peau et de l’habillement, dans des gros plans et même dans différents plans de milieu de gamme. Tous les pores, les rides et la mêlée sur les vêtements sont pris en compte et clairement visibles. Les couleurs sont agréablement neutres, contrastant quelques nuances lumineuses contre l’endroit bien éclairé et surtout sur Bill Pulman. Les niveaux de noirs sont très profonds et permettent de définir un certain nombre de scènes. Les tons de peau sont légèrement pâteux mais jamais trop loin de l’ordinaire. Un léger bruit est visible dans quelques endroits, mais globalement le transfert de Wild Side est un grand gagnant pour cette réédition.

Son : Le film dispose d’une bande sonore refaite sans perte en Master Audio 2.0 standard. Il est aussi dynamique que possible, offrant une belle gamme de signaux subtils et d’effets intensifs. La musique est impressionnante et bien définie dans toute la gamme, mais la partie basse domine certainement, et dans l’acte final en particulier. Il peut être un peu déprimé, sévère et profond par la conception, ce qui entraîne une incursion très efficace. Le support de bas niveau, cependant, est le point culminant, avec de nombreux sons divers et profonds battant. Le dialogue est un pilier et offre un front-et-centre et avec une excellente clarté et une belle hiérarchisation.

Bonus : Bel hommage rendu à Wes Craven par le cinéaste Alexandre Aja (29’)qui parle surtout de la rencontre des deux hommes le documentaire est très intéressant et on apprend beaucoup de ce cinéaste fort tristement disparu. Cette édition à aussi un livret exclusif de 60 pages, spécialement écrit par Frédéric Albert Levy (journaliste cinéma et co-fondateur de la revueStarfix), illustré de photos d’archives rares.

  • Acteurs : Bill Pullman, Cathy Tyson, Zakes Mokae, Paul Winfield, Brent Jennings
  • Réalisateurs : Wes Craven
  • Format : Couleur
  • Audio : Anglais (DTS-HD 2.0), Français (DTS-HD 2.0)
  • Sous-titres : Français
  • Région : Région B/2
  • Rapport de forme : 1.85:1
  • Nombre de disques : 2
  • Studio : Wild Side Video
  • Date de sortie du DVD : 6 septembre 2017
  • Durée : 98 minutes

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Terreur terminus (10 mai 2017) de Chris Anthem

Grève surprise à la SNCF. Une poignée de voyageurs déroutés. Embarqués vers l’inconnu. Ont-ils été choisis au hasard ? Et surtout, qu’est-ce qui les attend au terminus ?

Chronique :  Voici un livre d’horreur  qui met en scène plusieurs personnages très différents qui se trouvent réunis dans un train représentant un lieu entre la vie et la mort. Aucun voyageurs ne sait comment il est arrivé là, ni ne sait quand il en repartira, ni où il ira ensuite même on à les réponse à nos question à la fin du roman.
Chacun des curieux personnages de ce livre va raconter son histoire passée et va apprendre sa propre vérité et pose les grandes questions de l’existenceL’interprétation du passage entre la vie et la mort ne manque pas de philosophie et nous fait réfléchir sur « l’après ». Un livre d’horreur qui se lit à plusieurs niveau et cela fait bien plaisir de ne pas s’arrêter à simplement du gore gratuit. une très belle réussite.

Note : 9,5/10

 

  • Editeur : L’atelier Mosésu (10 mai 2017)
  • Collection : Slash

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