Le paradoxe de Fermi (8 juin 2017) de Jean-Pierre Boudine

Dans son repaire situé quelque part à l’est de l’arc alpin, Robert Poinsot écrit. Il raconte la crise systémique dont il a été témoin : d’abord le salaire qui n’arrive pas, les gens qui retirent leurs économies, qui s’organisent pour trouver de quoi manger, puis qui doivent fuir la violence des grandes villes et éviter les pilleurs sur les principaux axes routiers. Robert se souvient de sa fuite à Beauvais, de son séjour dans une communauté humaniste des bords de la mer Baltique et des événements qui l’ont ramené plus au sud, dans les Alpes. Quelque part dans le récit de sa difficile survie se trouve peut-être la solution au paradoxe de Fermi, à cette célèbre énigme scientifique : dans un univers aussi vaste que le nôtre, l’espèce humaine ne peut pas être la seule douée d’intelligence ; alors où sont les autres, où sont les traces radio de leur existence ? Jamais auparavant l’effondrement de notre civilisation ne fut décrit de façon plus réaliste.

Chronique : Ce livre est une science fiction qui explique un scénario possible de la fin de l’humanité après une méga crise financière mondiale, raconté par un survivant.
C’est un livre intéressant car assez précis et réaliste mais du coup très noir et pessimiste avertissement.
Le paradoxe de Fermi est l’absence de contact avec des civilisations extraterrestres alors que nous devrions avoir ces contacts depuis longtemps. Est-ce que l’explication est à chercher dans l’effondrement inévitable et très rapide de toute civilisation technologiquement avancée (maîtrise de l’atome)? Le texte est intégralement un journal et son auteur , le pense comme un legs à ceux qui le liront peut-être après sa mort . Il est donc le seul narrateur et il est convaincant ainsi que éloquent .
Certains paragraphes traitent de son douloureux et précaire présent de solitaire fragile et d’autres , traitent du passé , et ils nous racontent la fin , du monde que nous connaissons actuellement .
Son apocalypse est uniquement d’origine économique et notamment financière au départ .
Elle est radicale et planétaire et elle repose sur un enchaînement de causes qui est assez faible du point de vue de la crédibilité globale et enfin la géopolitique de cet univers est assez facile. Remarquablement écrit et documenté il est à lire absolument et la solution que donne l’auteur au fameux paradoxe fait froid dans le dos.

Note : 9,5/10 

 

  • Poche: 224 pages
  • Editeur : Folio (8 juin 2017)
  • Collection : Folio S

51EKQB03qvL._SX301_BO1,204,203,200_.jpeg

 

Le Paris des Merveilles, II : L’Élixir d’Oubli (6 avril 2017) de Pevel,Pierre

Paris, 1909. A peine remis de sa précédente enquête, Louis Denizart Hippolyte Griffont, mage du Cercle Cyan, se retrouve mêlé à une bien étrange affaire, dont les ramifications pourraient remonter à plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines d’années. Secondé – plus ou moins – par la baronne Isabel de Saint-Gil, Griffont va devoir affronter bien des dangers. Mais il se pourrait que ce soit l’avenir de notre monde et de l’OutreMonde, lui-même, rien moins, qui soit en jeu. Cela justifie bien de se replonger dans son passé, voire de mettre sa propre vie en péril. Deuxième tome du Paris des Merveilles, trilogie steampunk aussi drôle qu’érudite, L’Elixir d’Oubli a reçu le prix Imaginales en 2005.

Chronique : Ce deuxième tome garde le style, les personnages, le cadre  et la qualité du premier tome, pas de mauvaise surprise. Il y a une fois encore une enquête policière. Et nous avons encore et toujours de personnages célèbres, comme Merlin, Méliès, Lord Dunsany ou Arsène Lupin en personne.
La nouveauté réside dans l’introduction de flash-backs relatant la première rencontre de la baronne et de Griffont… pratiquement deux siècles auparavant.. Au niveau de la structure, le livre commence dans le Paris de 1909, puis, alors que nous laissons Griffont empêtré dans un énorme cliffhanger, l’auteur bascule pour 50 pages en 1720, sous la Régence. Le procédé est habile, car il permet à la fois d’expliquer les origines du complot que la Baronne et Griffont tentent de stopper, et aussi les origines de leur relation. La description de l’époque et son ambiance est correctement rendue, Comme pour le premier tome, ça fonctionne très bien. L’élixir d’oubli est une lecture agréable et divertissante.
L’écriture est toujours un régal, les dialogues savoureux, les personnages sont bien campés et on a envie de les suivre. L’histoire nous en révèle un peu plus sur le passé de l’ enchanteresse et du mage s, tout en laissant planer quelques zones d’ombres.

Note : 9/10

 

  • Poche: 432 pages
  • Editeur : Folio (6 avril 2017)
  • Collection : Folio SF

51yFDO12UWL._SX302_BO1,204,203,200_.jpeg

 

Suréquipée (6 avril 2017) de Grégoire Courtois

Lorsque la BlackJag a été mise en vente, il était évident qu’elle allait révolutionner le marché de l’automobile. Constitué uniquement de matériaux organiques, qui en font pour ainsi dire une voiture vivante, ce nouveau modèle a tout pour plaire. Le prototype qui a servi aux séances de démonstration devant la presse est aujourd’hui revenu en atelier : son propriétaire a disparu ; peut-être la BlackJag a-t-elle gardé en mémoire des éléments qui permettront de le retrouver. Ecoutons-la nous raconter son histoire. Avec Suréquipée, son premier roman de science-fiction, Grégoire Courtois, à la suite de J-G Ballard ou de Stephen King, s’empare avec brio du mythe moderne par excellence : la relation de l’homme à sa voiture.

Chronique : Dès les premières pages, On est transportée dans un autre monde avec, comme narratrice, une voiture dans les années futures. Celle-ci est suréquipée. Elle a été conçue avec le meilleur de l’être humain et de l’animal. le propriétaire y est tellement attachée qu’il ira jusqu’à… Des chapitres courts où un huissier cherche à comprendre ce qui s’est passé. Un roman qui ouvre plein de questionnement comme l’idolâtrie de l’homme face aux machines sophistiquées. Grégoire Courtois transpose les relations passionnelles que quelques humains, souvent masculins, pour leur véhicule. Chaque chapitre est un enregistrement de la « boîte noire » donc, théoriquement, sans affect de la BlackJag. Tout pousse vers une réflexion sur la bioéthique, sur la technologie humanoïde, intelligente, entre les mains de savants fous et de sociétés avides de gagner de l’argent sans le garde-fou que peut représenter les penseurs et autres philosophes. Le livre  se lit vraiment très rapidement, l’écriture est fluide et chaque passage nous en apprend un peu plus sur la voiture ou sur ce qu’il c’est passé dans l’intrigue elle même.

Note : 9/10

 

  • Poche: 176 pages
  • Editeur : Folio (6 avril 2017)
  • Collection : Folio SF

41wCQdLWNgL._SX302_BO1,204,203,200_.jpeg

 

La voie des Oracles, II : Enoch (2 février 2017) de Estelle Faye

Plus que jamais, Thya, accompagnée d’Enoch et d’Aylus, doit fuir les tueurs lancés à ses trousses par son frère Aedon. Heureusement, ses visions, l’expérience de son oncle et les nouveaux pouvoirs d’Enoch lui permettent de leur échapper. Mais ce dernier a de plus en plus de difficulté à faire naître la brume ; quant à ses visions, Thya doit désormais les payer au prix fort. Se pourrait-il que des forces maléfiques se liguent contre elle et ses amis ? Le combat est-il perdu d’avance ? Sans doute la solution se trouve-t-elle en Orient, aux confins de l’Asie, là où l’Empire chrétien n’a pas prise. La quête initiée dans Thya (prix Imaginales et prix Elbakin en 2015) se poursuit avec Enoch, deuxième tome de la trilogie La voie des Oracles, qui installe définitivement Estelle Faye parmi les auteurs de fantasy à suivre.

Chronique : Nous retrouvons Thya, Enoch et Aylus en cavale dans les forêts germaniques. Ils cherchent à échapper à Aedon, le frère de Thya. Ce dernier a assassiné son père et reçoit l’appui d’une puissante et précieuse alliée. Grâce à elle, Aedon devient plus puissant et dispose désormais de ressources quasi illimitées pour traquer sa soeur. En plus de la menace de son frère, Thya devra aussi se méfier de ses visions et surmonter beaucoup d’épreuves durant son périple. Nous quittons donc la Gaule pour découvrir d’autres parties du monde.  Les personnages ont été étoffés dans cette suite, en particulier les personnages secondaires qui faisaient plus office de figurants dans le premier tome notamment au faune, qui ouvre la saga et qui était pourtant à peine exploité dans le tome 1. Un récit avec alternance de points de vue permet à ces personnages secondaires d’exister et à l’intrigue de s’étoffer.La magie est plus présente aussi, dieux et créatures fabuleuses de tout genre croisent le chemin des protagonistes, amis ou ennemis selon les circonstances. Ce second tome est plus magique, plus intense et encore plus captivant. La fin est à la fois géniale et horrible !

Note : 9/10

 

  • Poche: 368 pages
  • Editeur : Folio (2 février 2017)
  • Collection : Folio SF

41dGNsnL+kL._SX302_BO1,204,203,200_.jpeg

 

La Fille-Sortilège (2 février 2017) de Pavlenko,Marie

Erine pensait avoir tout perdu lorsqu’elle a été rejetée de la Cité des Six par les Clans, lorsqu’elle est devenue une orkla. Pourtant, elle a réussi à survivre, grâce à Malcor, le déterreur de cadavres. Maintenant que celui-ci est mort, c’est elle la déterreuse. Mais sa vie risque d’être, une nouvelle fois, bouleversée. En effet d’étranges phénomènes semblent se produire parmi les Clans : épidémies, pénuries… On raconte même que la magie serait en train de disparaître, mettant la Cité des Six en péril. Avec La Fille-Sortilège, Marie Pavlenko crée un univers original et un personnage de jeune femme forte et volontaire. Elle n’en oublie pas pour autant l’aventure et la justesse d’écriture. Autant d’ingrédients qui lui ont valu de recevoir le prix Elbakin, catégorie Jeunesse, en 2013.

Chronique : Au beau milieu du désert se trouve une cité dirigée par six clans. Chacun est doté d’une capacité magique spéciale permettant de commander les éléments, les végétaux ou encore les animaux. Afin de transmettre son savoir-faire, chaque clan initie ses membres dès l’adolescence. Mais voilà, Erine a décidé de changer de groupe et a été bannie. La voici condamnée à vivre avec les orklas, les reclus de la cité. Sa vie paisible a basculé. Pour survivre, elle doit désormais déterrer des cadavres, dans le plus grand secret. En exécutant sa basse besogne, l’héroïne découvre qu’un complot, menaçant la survie de la cité des six, se trame. La jeune Erine va devoir faire preuve de courage pour tenter de sauver les gens qu’elle aime.
L’histoire est originale tout en reprenant les codes récurrents de la fantasy. L’intérêt du roman réside principalement dans ses personnages si complexes et si attachants. Même si l’héroïne occupe une place prépondérante, les personnages secondaires sont extrêmement importants et très bien travaillés. Chacun a un passé, plus ou moins douloureux, qui va dicter sa ligne de conduite. J’ai vraiment beaucoup aimé cette multitude de personnalités. L’intrigue est également haletante et passionnante.
La magie est présente tout au long du roman et cette forme de magie est vraiment très intéressante et cette idée très bien exploitée par l’auteure. Et surtout, rien n’est laissé au hasard, pas d’interrogation sur cette source de pouvoir car l’auteure réussit à tout nous dévoiler au cours de l’histoire. Son style est très fluide pour de la fantasy.
L’univers est très sombre et certains sujets abordés par l’auteur sont même durs et cruels, les violences physiques, les viols…et cela sans tomber dans le glauque et le morbide.
On est plongé dans un monde plein d’inventions, mais tous les personnages sont justes, cohérents, incroyablement proches de nous.

Note : 9/10

 

  • Poche: 448 pages
  • Editeur : Folio (2 février 2017)
  • Collection : Folio SF

51z1CUTvvDL._SX302_BO1,204,203,200_.jpeg

 

Cher Jupiter (3 janvier 2017) de Asimov,Isaac

Les quatorze nouvelles de ce recueil permettent de retrouver tout le talent, la verve, l’humour et l’imagination d’Isaac Asimov.

Critique : Ce livre est un recueil de nouvelles écrit par Asimov. Les nouvelles sont rafraichissantes et agréables bien qu’individuellement très courtes, les commentaires d’Asimov sont en fait très agréables à lire et sont une occasion d’avoir l’impression de discuter avec lui pendant qu’il nous donne des indices sur la vie réelle qu’il a menée. 14 textes très courts qui dépassent rarement les vingt pages. Le style est plutôt humoristique. La construction est assez similaire dans toutes ces nouvelles : la résolution n’apparaît que dans la dernière page, souvent dans les dernières lignes et fait généralement sourire. Ce livre permet d’avoir un aperçu rapide de ce que Asimov faisait dans les années 60

Note : 9/10

 

  • Poche: 384 pages
  • Editeur : Folio (3 janvier 2017)
  • Collection : Folio SF

41GgDNcxovL._SX302_BO1,204,203,200_.jpeg

 

La voie des Oracles, I : Thya (3 janvier 2017) de Faye,Estelle

Thya est la fille de Gnaeus Sertor, général romain et héros de l’Empire. Mais Thya est aussi une Oracle, peut-être la dernière élue capable de démêler les fils de l’avenir. Elle est donc contrainte de se cacher en Gaule, au fin fond de la forêt d’Aquitania car, à Rome, comme partout ailleurs dans l’Empire, les chrétiens règnent en maîtres et font impitoyablement la chasse aux adorateurs des dieux anciens. Mais lorsque son père est laissé pour mort par des Pictes, Thya n’a plus d’autre solution que de fuir vers le nord pour suivre une étrange vision dans laquelle son père est toujours en vie. Premier tome de la trilogie La voie des Oracles, Thya confirme qu’Estelle Faye compte désormais parmi les auteurs de fantasy à suivre. Le roman a d’ailleurs reçu, dans la catégorie « Jeunesse », le prix Imaginales et le prix Elbakin en 2015.

Critique : Super histoire, on découvre le changement entre l’Antiquité mythologique et l’Antiquité chrétienne. Thya est une oracle et sa vie est en danger. Elle fuit, protégée par les créatures et dieux mythologique. Elle va se faire des alliés inattendus…En entamant la lecture on ne s’attend pas à plonger dans une intrigue aussi sombre entre manipulations et trahisons, secrets de famille et luttes de pouvoir. On ce laisse embarquer bien volontiers dans le monde en pleine mutation décrit par Estelle Faye qui mêle romains, vandales et autres créatures mythologiques qui font partie intégrante du décor. La plume de l’auteure est agréable à suivre et très visuelle. Ce premier tome d’une trilogie s’impose comme un roman initiatique qui délivre une histoire marquante ne ressemblant à aucune autre. L’univers est fouillé et complexe et les personnages suffisamment captivants pour pousser le lecteur à vouloir se procurer la suite.

Note : 9/10

 

  • Poche: 368 pages
  • Editeur : Folio (3 janvier 2017)
  • Collection : Folio SF

51bJdAc5VGL._SX302_BO1,204,203,200_.jpeg

 

Les damnés de l’asphalte (3 janvier 2017) de Laurent Whale

Quinze ans après avoir contribué à stopper l’invasion qui menaçait la France ravagée par la violence, Tom Costa est porté disparu. Miki, son jeune frère désormais responsable de la petite communauté installée à Port Leucate, aidé de Cheyenne, l’ancien hors-mur, se lance à sa recherche et va devoir affronter les périlleuses routes d’Espagne pour retrouver sa trace. Il ne se doute pas qu’il va faire face à une menace bien plus grande que toutes celles qu’il a pu imaginer, une menace qui va, de chemins tortueux en routes défoncées, le transformer ainsi que ses compagnons en damnés de l’asphalte. Roman d’aventures post-apocalyptiques, suite de Les étoiles s’en balancent mais qui peut se lire indépendamment, Les damnés de l’asphalte offre un divertissement intelligent où la poursuite de la vérité et la fidélité sont les maîtres mots.

Critique :  15 ans se sont écoulés depuis le livre « les étoiles s’en balancent ».
La situation, les personnages ont continué leur bonhomme de chemin. Le lecteur doit se réajuster.
Après l’épopée en avion, voici celle à cheval.
Tom, principal héros du premier livre, et son copilote partis en avion trouver une terre plus hospitalière, sont portés disparus. Miki son jeune frère décide de partir à sa recherche accompagnée du fils de Tom, de Toni l’autre pilote, de Cheyenne l’Hors Murs devenu leur meilleur ami. Comme ils n’ont plus d’avion, ils doivent partir à cheval à travers des contrées désormais plus ou moins sauvages et inconnues. Ils vont rencontrer des fous/fanatiques de « Dieu », des bateaux roulants, des enfants esclaves et des êtres bizarres venus des fonds marins et qui semblent bien menaçants…
Un superbe périple, plein de rebondissements, de péripéties de belles et moins belles actions, de morale, de tristesse et de joies. On frémit pour les héros et l’auteur qui nous fait traverser, cette fois, l’Espagne postapocalyptique et ses causes sur l’effondrement de notre civilisation au fur et à mesure de la lecture.
L’univers mis en place est très bien décrit.

Note : 8,5/10

 

  • Poche: 576 pages
  • Editeur : Folio (3 janvier 2017)
  • Collection : Folio SF

51EYb6sCl0L._SX302_BO1,204,203,200_.jpeg

 

Les derniers jours du paradis (1 septembre 2016) de Robert Charles Wilson

Alors que l’Amérique se prépare à fêter les cent ans de l’Armistice de 1914, un siècle de paix mondiale, d’avancées sociales et de prospérité, Cassie n’arrive pas à dormir. Au milieu de la nuit, elle se lève et regarde par la fenêtre. Elle remarque alors dans la rue un homme étrange qui l’observe longtemps, traverse la chaussée… et se fait écraser par un chauffard. L’état du cadavre confirme ses craintes : la victime n’est pas un homme mais un des simulacres de l’hypercolonie, sans doute venu pour les tuer, son petit frère et elle. Encore traumatisée par l’assassinat de ses parents, victimes sept ans plus tôt des simulacres, Cassie n’a pas d’autre solution que de fuir. L’hypercolonie est repartie en guerre contre tous ceux qui savent que la Terre de 2014 est un paradis truqué

Critique : Intrigant et un certain sens du suspense dans ce récit SF. Peu familier de ce genre littéraire, on crains de perdre pied dans cette lecture mais le récit est très proche d’un road movie avec un certain suspense qui sait nous emmener jusqu’à son terme.
Une communauté scientifique  » la Correspondence Society » s’est constituée en société secrète pour prouver que des éléments extra terrestres ont colonisé l’humanité et combattre donc ce que le terme général définit comme l »Hypercolonie. Ce constat a provoqué la perte de la plupart des membres de la communauté scientifique et une sorte de diaspora des reliquats ou de leurs enfants, toujours à l’affût et prêt à la fuite à la moindre alerte.
C’est ainsi que Cassie et son jeune frère, tous les deux orphelins, se retrouvent dans l’obligation de prendre la route et de s’allier à d’autres dans une chasse aux indices pour retrouver l’un des fondateurs de la Communauté alors que des ressortissants de cette « Hypercolonie » tentent de dialoguer avec eux. C’est une quête identique, que de leur côté, Ethan et Nerissa, vont entreprendre.
Entre histoires de vies, genèse de « l’Hypercolonie », conflits d’intérêt extra terrestres, quête identitaire, trahisons et rebondissements mouvementés, une théorie scientifique tout à fait rationnelle, un récit entre « V » et « Les Envahisseurs », un bon moment de lecture.

Note : 7,5/10

 

 

  • Poche: 400 pages
  • Editeur : Folio (1 septembre 2016)
  • Collection : Folio SF

51k6P7uKLXL.jpg

 

Sept secondes pour devenir un aigle (1 septembre 2016) de Day,Thomas

D’une île du Pacifique à l’Australie, du Cambodge à la Californie, du Grand Nord canadien au Japon ; de la violence radicale à la fuite vers un monde virtuel, de la débrouillardise tranquille au sacerdoce, du combat pour la survie d’une espèce en danger à la lutte pour celle de l’humanité elle-même, embarquez pour six voyages vertigineux, six manières pour l’homme de se confronter à la nature, quand ce n’est pas à sa nature. Avec Sept secondes pour devenir un aigle, recueil de six textes centrés sur les problématiques écologiques et les enjeux auxquels doivent faire face les hommes d’hier, d’aujourd’hui et de demain, Thomas Day prouve que son talent a atteint la pleine maturité. Sept secondes pour devenir un aigle a d’ailleurs reçu le prix du Lundi et le Grand Prix de l’Imaginair

Critique : Reliées par une thématique commune sur l’écologie, les six nouvelles de ce recueil nous font voyager dans notre passé comme notre futur, aux quatre coins de la planète. Thomas Day mélange les genres et la forme de ses récits pour aboutir à un cocktail maîtrisé, homogène et puissant qui nous prend aux tripes et nous interroge sur notre rapport à la nature. Faudra t’il en arriver à l’extrême décrit dans la novella qui clôt ce recueil, réguler la population mondiale de force pour l’empêcher de s’autodétruire ?
Sur les six nouvelles, on retiend surtout celle éponyme au recueil qui traite du terrorisme écologique avec une écriture majestueuse et dont les dernières phrases nous font l’effet d’un coup de poing par sa puissance évocatrice, ainsi que Lumière Noire à la fois dense et concise.
Seule déception, Tjukurpa qui nous laisse de marbre. On ne sait où veux venir l’auteur et la répétition d’éléments scatologiques dans le texte semble vraiment de trop. Heureusement, cette nouvelle n’est pas représentative de la qualité de l’ensemble du recueil.
Bien que porteurs d’une vision sombre et pessimiste de l’Homme et de l’avenir de l’humanité, les écrits nous apportent toutefois une lueur d’espoir, minime mais non négligeable. Enfin, la postface de Y. Rumpala, spécialiste des questions environnementales, nous éclaire sur le rôle que pourrait jouer la SF à l’avenir par sa pensée visionnaire et toujours en évolution. Loin d’être juste annexe, elle fait partie intégrante du recueil et lui donne un réel intérêt supplémentaire.
Par ce recueil, Thomas Day confirme qu’il est incontestablement l’un des auteurs les plus talentueux de la SF en France.

Note : 8,5/10

 

 

  • Poche: 384 pages
  • Editeur : Folio (1 septembre 2016)
  • Collection : Folio SF

51wXqzV2jjL._SX301_BO1,204,203,200_.jpg