Population: 48 d’Adam Sternbergh, un château de cartes perfectible

Brouillon et perfectible…

Le pitch avait pourtant su aiguise ma curiosité. Imaginez que vous soyez un témoin dont la vie est menacé ou bien un criminel repenti dont la tête est mise à prix. Votre vie ne vaut plus rien pour ceux qui ont décidé d’en finir avec vous alors autant l’oublier. C’est ce que propose un programme secret du gouvernement supervisé par un laboratoire privé. Votre mémoire, et donc vos crimes, sont effacés, en échange vous vous engagez à passer le reste de votre vie à Caesura, alias Blind Town, une ville coupée du monde où le téléphone et internet n’existent pas. Aucun contact avec l’extérieur n’est autorisé et les armes à feu sont bien entendu proscrite. Pourtant dans ce petit monde clôt un homme parvient à mettre fin à ses jours par arme à feu et, peu de temps après, un meurtre par balles est commis. Le fragile équilibre de la ville de la petite communauté va alors voler en éclat.

Un résumé alléchant. Malheureusement les premières incohérences pointent rapidement le bout de leurs nez. Elles sont beaucoup trop longues pour être toutes citées mais notons le prisonnier célèbre dans le monde entier alors que le programme est censé être secret. Le shérif qui se demande qui lui envoie des fax alors que peu de gens connaissent le numéro, sérieusement mec . On peut ajouter aussi les amnésies élastiques qui s’éclipsent en un éclair ou encore les règles très flexibles du laboratoire qui finissent d’enterrer la crédibilité du récit.

Je reproche aussi à l’auteur une narration paresseuse qui le pousse à révéler des éléments primordiaux de l’intrigue par le biais de chapitres introspectifs qui gâche tout le suspens et font des personnages de simples spectateurs d’un drame sans tension ni suspens. Il n’y a donc pas vraiment d’enquêtes, ni de véritables révélations car malheureusement les éléments de l’intrigue se devine très vite. À tel point que l’on a envie d’interpeller les personnages pour les secouer et qu’ils ouvrent enfin les yeux.

Un château de cartes qui s’écroule très vite.

Résumé: Caesura Texas – une minuscule bourgade clôturée, au fin fond du désert. Population ? 48 habitants. Des criminels, a priori. Ou des témoins. Comment savoir ? Tous ces gens ont changé d’identité, et leur mémoire a été effacée. Pour leur bien. Dans l’optique d’un nouveau départ.
En échange de l’amnistie, les résidents doivent accepter trois règles simples : aucun contact avec l’extérieur, aucun visiteur, et aucun retour possible en cas de départ. Une expérience unique, menée par un mystérieux institut. Pendant huit ans, tout ce petit monde est resté à peu près en place. Jusqu’à aujourd’hui. Errol Colfax, en effet, s’est suicidé… avec une arme qu’il n’aurait jamais dû posséder. Puis Hubert Humphrey Gable est assassiné. Calvin Cooper, le shérif local, est contraint de mener l’enquête. Ce faisant, il risque de déterrer des secrets que l’essentiel des habitants – y compris lui-même – auraient préféré voir rester enfouis. Trop tard pour faire marche arrière. Bientôt, un irrépressible déferlement de violence va s’abattre sur les rues poussiéreuses de Caesura…

  • Éditeur ‏ : ‎ Super 8 éditions (11 octobre 2018)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 432 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2370561114
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2370561114
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 400 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 14 x 2.7 x 20 cm

Wunderkind (20 octobre 2016) de Nicolaï GROZNI

Pianiste surdoué de quinze ans, Konstantin en a assez de son rôle d’élève, de l’air vicié de Sofia et de son horizon de granit. Il bouillonne, emporté par sa soif et son génie, tiraillé par sa sensibilité et son orgueil, exultant au fil des airs qu’il joue et qui le portent aux nues. On est en 1987, deux ans avant la chute du mur de Berlin. Et dans l’urgence de l’adolescence, chaque instant est une rébellion.

Critique: Bien que ce ne soit pas obligatoire, de bonnes connaissances de la partie technique de la musique (tierces, quinte diminuée….etc…), des compositeurs classiques
et des instruments (piano et violon) seront d’une aide précieuse pour la lecture de l’ouvrage. Du fait de la biographie de l’auteur On peut supposer que le roman est largement autobiographique.
Il est fort intéressant en ce qu’il nous conte le vécu d’enfants prodiges dans une école musicale nationale de Sofia vers la fin des années 80.C’est un texte et une écriture ( grâce aussi à très bonne traduction ) qui laissent une empreinte forte, que l’on soit ou non musicien. L’antinomie entre un système égalitaire et ses jeunes artistes, par essence en dehors du moule, aboutit à ce désespoir absolu décrit dans ce roman autobiographique. Pas plus que les personnages privés d’amour, le lecteur ne sort pas indemne de ce Conservatoire dont les adolescents ne s’échappent que par les addictions ou la violence, et y restent par passion pour la musique. Que de « Mozart assassinés » !

Note : 9/10

 

  • Broché: 350 pages
  • Editeur : 10-18 (20 octobre 2016)
  • Collection : Feux croisés
  • Langue : Français

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Oranges amères (6 octobre 2016) de Liad SHOHAM

Petah Tikva, une petite ville israélienne tranquille, loin du bouillonnement de Tel-Aviv, son exubérante voisine. Tous les habitants se plaisent à le répéter, rien ne se passe jamais à Petah Tikva. Alors, quand un journaliste d’investigation disparaît, l’inspectrice Anat Nahmias est aussitôt sur le qui-vive. Qui aurait pu avoir intérêt à le faire taire? Sur quoi enquêtait-il?

Critique : Un polar installé dans le climat très particulier d’une ville de province en Israël. Sous une apparente bonhomie, la ville et son maire cachent bien des secrets. Ici pas de crimes sanglants, de courses-poursuites ou de tirs intempestifs. Tout se passe dans l’ambiance feutrée de la salle du conseil municipal. La ville est tenue officiellement par un maire corrompu, et officieusement, par deux parrains issus des deux familles de pionniers qui l’ont fondée et qui, à coup de magouilles, chantages, pots de vin et dessous de table, contrôlent tout le marché de l’immobilier. Ce système où l’honneur tient aussi sa place est chamboulé par l’apparition d’un mystérieux troisième larron, plus jeune, plus dur, qui n’hésite pas à abattre ceux qui voudraient se mettre sur sa route.
Liad SHOHAM nous promène dans les arcanes de la corruption avec ce polar surprenant et riche en tensions et en rebondissements. Famille, politique, mafia, argent, sexe et sentiments sont au cœur d’une enquête menée par un duo original et séduisant. Une belle réussite que cette immersion dans une ville israélienne où le maire omnipotent sait ménager les religieux, la société civile et ses  »mécènes » mais n’oublie jamais de veiller à ses intérêts personnels.

Note : 8/10

 

  • Poche: 432 pages
  • Editeur : 10 X 18 (6 octobre 2016)
  • Collection : Domaine policier

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Hiver rouge (20 octobre 2016) de Dan SMITH

1920, Russie centrale. La terreur s’est abattue sur le pays. À la mort de son frère, Nikolaï Levitski a déserté l’Armée rouge pour aller l’enterrer dans son village. Mais lorsqu’il arrive dans la petite communauté, perdue en pleine nature, c’est la stupéfaction. Les rues sont vides et silencieuses. Les hommes ont été massacrés dans la forêt alentour, les femmes et les enfants ont disparu. Nikolaï se met alors sur la piste des siens. C’est le début d’une quête aussi désespérée que périlleuse dans une nature hostile, au cœur d’un pays ravagé par la guerre civile.

Critique : Dans les années 1920, la Russie est ravagée par la Terreur Rouge. Le régime tsariste est renversé. Nombres d’exactions sont commises par la Tchéka, police politique d’état. C’est dans ce contexte que se débat Nikolaï Levitski, officier déserteur de l’Armée Rouge. Il revient dans son village pour y entérrer son frère mort dans leur fuite, mais il trouve son village dévasté, sa femme et ses enfants disparus. Tous les habitants ont été massacrés, dans des conditions épouvantables si l’on en juge par l’état des cadavres. Dans une nature hostile et glaciale, il suit une piste où il va rencontrer des personnages eux-mêmes meurtris, tous doutant les uns des autres. Poursuivi, poursuivant, Nikolaï, non exempt de remords, va-t-il retrouver les siens. Rien ne nous est épargné de cette guerre civile dans ce roman lourd et sombre. On aime les rapports avec les chevaux, importants dans le récit, de même que le rôle du chien, ce qui humanise un peu la dureté présente dans ce roman . Très touffu, très fouillé,uUn excellent récit, poignant et intense sur une étendue froide comme certains des personnages qui le compose.
On y retrouve le même rythme que dans le précédent roman « le village » avec une semblable ambiance de recherche de vérité dans un contexte politiquement oppressant.

Note : 8,5/10

 

  • Poche: 552 pages
  • Editeur : 10 X 18 (20 octobre 2016)
  • Collection : 10/18
  • Langue : Français

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La ville noire(15 octobre 2015) de Boris AKOUNINE

 » C’est absurde, songea Eraste Pétrovitch. Je suis en proie à une hallucination. Vous êtes là, installé dans votre chambre d’hôtel, occupé à lire La Cerisaie, tentant pour la énième fois de comprendre pourquoi l’auteur a qualifié de comédie cette pièce d’une tristesse intolérable, et tout à coup un fou en uniforme de général fait irruption et commence à vous débiter une histoire à dormir debout, mêlant Ulysse, Athéna et on ne sait quel Mannlicher à visée optique. Tous les deux mots, il répète : « Vous seul pouvez sauver l’honneur d’un vieux soldat », tandis que ses yeux à fleur de tête s’emplissent de larmes.  »
1914. La vie du tsar est menacée. Eraste Fandorine est chargé de capturer le révolutionnaire Ivan Ivanovitch Ivantsov pour le mettre hors d’état de nuire. Il découvre vite que l’homme, surnommé Ulysse, s’est réfugié à Bakou. Bakou, la ville noire. Bakou, la ville la plus riche de l’Empire russe, contrôlée par quelques magnats du pétrole de toutes nationalités, et qui, en cette veille de Première Guerre mondiale, constitue un nid d’espions particulièrement actifs. Et dangereux…

Critique: Fonctionnaire à la retraite du ministère de l’Intérieur, devenu membre d’une commission chargée de la succession Tchekhov, Fandorine part sur les traces d’Ulysse, un terroriste recherché sans succès depuis 14 ans …
L’heure est grave en ces temps troublés précédant la 1ère guerre mondiale que l’Autriche cherche à tout prix à éviter après le meurtre sanglant de l’Archiduc en Serbie. Or sans guerre, pas de révolution possible en Russie ! Se séparer élégamment de son épouse  et sauver la paix seront les ressorts de cette ultime enquête dans la ville de Bakou, où l’or noir règne en maître …
C’est un grand Fandorine qui contrairement qui ne se perd pas dans des babillages indignes et s’attaque a l’histoire et s’inscrit dans le maelstrom précédent la première guerre mondiale.
Le suspense demeure entier jusqu’à la fin surtout quand on suit le héros depuis le premier récit on est ravi de découvrir sa dernière aventure admirablement racontée

Note : 9,5/10

 

  • Poche: 528 pages
  • Editeur : 10 X 18 (20 octobre 2016)
  • Collection : Grands détectives

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