Timoté : Le cherche & trouve de Noël –18 novembre 2021 de Emmanuelle Massonaud (Auteur), Mélanie Combes (Illustrations)

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Timoté est un petit lapin qui, au fil des albums, partage sa vie avec ses copains et sa famille.

Chronique : Un Timoté pour cette fin d’année avec une jolie histoire à raconté au enfants et ici avec un superbe cherche et trouve. Les couleurs du livre sont à la fois vives et douces et animent des dessins tendres et ronds. Il y a des détails charmants dans les illustrations. Le jeune lecteur est invité à chercher des petites choses dans la page, à faire marcher son imagination et son observation.

Note : 9,5/10

Éditeur ‏ : ‎ Grund; Illustrated édition (18 novembre 2021) Langue ‏ : ‎ Français Couverture à spirales ‏ : ‎ 24 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2324027747 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2324027741 Âge de lecture ‏ : ‎ 2 – 8 années

Fast & Furious 9 – Film cinéma et Version Longue

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Dominic Toretto et son équipe unissent leurs forces pour combattre l’assassin le plus habile et le conducteur le plus performant qu’ils aient jamais rencontré : son frère abandonné.

Chronique : La famille à l’intérieur de F9 est maintenant Avengers. Ce n’est pas tout à fait vrai. Ils sont meilleurs que les Avengers car aucun d’entre eux n’a vraiment été tué et personne ne semble avoir autre chose qu’une légère égratignure de temps en temps, même s’ils font rouler des voitures du haut de falaises, se font exploser par des missiles ou se font tirer dessus un million de fois. L’élément « un de ces personnages emblématiques pourrait-il être tué cette fois-ci » a disparu. Cela ne signifie pas exactement qu’il n’y a pas de conflit ou de suspense, car c’est tout à fait le cas. Pour le neuvième film, on s’attend à voir ce groupe de personnes déjouer les méchants et, à l’occasion, transformer l’un d’eux en un nouvel ami à la fin du film. En défiant constamment les probabilités de mort et en ne se blessant jamais malgré le fantastique carnage à l’écran qui leur est jeté à la figure, ce groupe est imperturbable et prêt à en redemander, ce qui le place au sommet de toute équipe de super-héros/

Dans F9, Justin Lin et Vin Diesel ont décidé de raconter une petite histoire, en revenant plusieurs fois à l’année 1989, où le père de Dom, Jack, participe à une course de voitures professionnelles sur un circuit. Jakob, le frère de Dom, travaille sur la voiture tandis que son père explique à ses fils ce qu’ils doivent faire pour s’assurer la victoire au prochain tour, mais tout se passe mal. La voiture de Jack fait un tonneau et explose en un projectile enflammé, le tuant sur le coup. Cette première scène se déroule dans le présent, où Dom et Letty élèvent le fils de Dom, Brian, lorsque Roman, Tej et Ramsey arrivent sur la propriété et disent à Dom qu’ils ont besoin de lui pour un travail. Ce travail est que M. Nobody (Kurt Russell) a capturé Cipher, mais que l’avion de Nobody s’est écrasé, en raison d’une attaque d’agents hautement qualifiés dirigés par Jakob (John Cena) qui est maintenant l’un des espions les plus dangereux du monde. Après quelques minutes de réflexion, Dom et Letty décident de se joindre à la mission et de rechercher Jakob.

L’équipe se sépare une fois qu’elle a découvert ce que Jakob et son armée privée recherchent – un dispositif sphérique en émeraude qui peut arrêter tous les appareils fonctionnant sous code dans le monde entier et être redémarré par la volonté d’une seule personne, Jakob. En gros, Jakob ou Cipher (Charlize Theron) sera capable de contrôler tous les appareils électroniques de la planète avec une volonté et un pouvoir destructeurs. Cette agression ne résistera pas à Dom et à son équipe qui traversent des champs de mines, évitent des balles, des camions blindés et utilisent des aimants comme dans cet épisode de Breaking Bad pour atteindre leur position de tête sur leur ennemi.

Et comme le montrent les flashbacks de la jeune vie de Dom et Jakob, tout ce que Jakob veut, c’est un câlin de son grand frère. Ce qui, bien sûr, dans F9, devient carrément hilarant lorsque Cena regarde de loin Dom faire des câlins à ses copains. Et l’arrivée de Han est la bienvenue et explique le pourquoi et le comment de sa mort et de son maintien en vie. Cela n’a pas de sens, mais en même temps, tout est parfaitement logique car les films Fast & Furious défient toute logique.

Les scènes d’action sont une fois de plus de premier ordre, ne lésinant pas sur la taille ou la folie d’une explosion, ni sur la destruction de véhicules ou de villes dans leur sillage. Une chose est sûre, à la fin de chaque séquence d’action, personne n’est vraiment blessé ou ne saigne abondamment et peut en rire et en plaisanter immédiatement après. C’est là que Roman (Tyrese Gibson) brille, car il est le seul à briser le quatrième mur et à dire à ses compagnons combien il est fou que personne ne soit jamais blessé au cours de toutes leurs missions. Cette folie mène à ce que les fans de la franchise ont réclamé à cor et à cri depuis des années, et oui, F9 va finalement dans ce sens et c’est tout aussi absurde, amusant et excellent qu’on peut l’attendre !

Fast & Furious 9: Vin
        Diesel

Vidéo : Fast & Furious 9  offre une présentation vidéoqui fait facilement exploser la version numérique 4jà proche de la référence en grande partie grâce à l’amplification supplémentaire de Dolby Vision.

Le disque présente une image 3840×2160/24p BT.2020 dans le rapport hauteur/largeur original du film d’un écran large 2,4:1, et utilise une gamme de couleurs étendue (WCG), une plage dynamique élevée   (HDR) et Dolby Vision (DV), et est encodé à l’aide de le codec HEVC (H.265).   

Fast & Furious 9  ne surprendra guère les fans de la franchise qui ont déjà la collection de 8 films Fast & Furious e en maintenant le type de qualité de construction que vous attendez des superproductions de plus en plus importantes et chargées d’effets cascadeurs, qui défiez confortablement cet intermédiaire numérique pour offrir d’excellents détails, textures, nuances d’arrière-plan et clarté, sans aucun signe de douceur ou de bricolage numérique inutile. Bien sûr, le Blu-ray a déjà l’air exceptionnel, il est donc difficile de voir le film comme la tête et les épaules au-dessus, mais c’est une image plus raffinée, même si les pixels seuls ne vont pas gagner cette course.

HDR, WCG et Dolby Vision font la vraie différence, ce que personne ne trouvera surprenant, donnant vie aux néons de Tokyo, offrant un ton plus arrondi aux flashbacks ensoleillés et teintés sépia, offrant des auvents verts vibrants de la jungle avec des boursouflures des explosions intenses pour saisir l’écran et délivrer des niveaux de noir impeccables.

Fast & Furious 9: Michelle
        Rodriguez, Vin
        Diesel

Audio : Fast 9 constitue non seulement un ajout bienvenu à ces productions de premier plan, mais atterrit directement en tête du peloton, offrant un joli -beaucoup d’agressions sonores non-stop définies par une partition percutante, de nombreuses pistes de chansons endiablées et des effets à couper le souffle qui sont souvent vendus uniquement sur des sons. Les cascades peuvent être ridicules, mais la bande-son fait vraiment un effort supplémentaire avec elles, du câble d’acier pendant le saut du pont aux propulseurs tirant de petites rafales sur la voiture-fusée, avec un coup de LFE en plein essor à chaque détonation de mine et déchirant votre vie place pour la finale renversante de mastodonte. Missiles de drones, sauts de falaise et bourdonnement d’aimants à haute puissance, tout est rendu de manière spectaculaire,et facilement l’un des meilleurs morceaux de toute cette Fast Saga, et donc sans doute de tous les temps.

Fast & Furious 9: Vin
        Diesel, John
        Cena

Bonus : Fast & Furious 9 maintient la tradition de presque chacune des 4 dernières entrées avec une version étendue du réalisateur (et, contrairement à la 8e entrée, pas seulement sous forme numérique), mais elle fourre aussi assez agréablement tout le reste des extras assez complets

La tête d’affiche – au-delà de la coupe alternative – est un commentaire de long métrage avec le producteur/scénariste/réalisateur Justin Lin, mais il y a aussi un gag reel amusant, une multitude de mini-métrages donnant un aperçu de la production, en regardant les cascades pratiques (encore une fois, aussi masqués que soient les effets, il y a une quantité surprenante de travail pratique ici), les lieux et les personnages de retour, et même un peu d’attention sur le retour du réalisateur Justin Lin et l’amour du nouveau garçon John Cena pour les supercars.

L’île du docteur Faust de Stéphanie Janicot, Miroir, mon beau miroir…

C’est à un séjour onirique, rempli de symbolisme et de paraboles, que nous convie Stéphanie Janicot avec son roman. Un voyage envoûtant, une réflexion intense sur les notions de choix et de désirs.

L’auteure dépeint les portraits diversifiés de femmes ternis dans leur chair et leurs esprits, des femmes qui ont dû s’exposer à une galerie composée d’hommes, des femmes qui ont du renoncé à la couleur du désir, de l’ambition, de la création pour se complaire aux désidératas de la société patriarcal qui était leur quotidien et qui n’en ont retiré qu’une palette de sentiments faite d’aigreur et de regrets. Un constat amer, qui reflète les propres errances de la narratrice, cependant, rapidement, l’auteure transcende ce triste postulat.

Engluées dans leurs desseins flétris, ces femmes se retrouvent très vite à reproduire les mêmes erreurs qui les ont conduites sur cette île. Le désir d’une seconde jeunesse, d’une ultime chance de réaliser son potentiel ne fait que mettre en lumière la vacuité de leurs ambitions et permet à la narratrice de faire la revue de sa propre collection de regrets et de remords afin de percer les mystères du docteur Faust et de parvenir, peut-être, à une sérénité inespérée.

Encadré par un liseré de légendes bretonnes et de mythologie grecque, le récit foisonne de références qui sont autant d’avertissement inaudibles. L’auteure expose tous ces symboles, qui donnent du corps à son récit, de manière trop évidente. Un peu de mystère, de part d’ombre, aurait été bienvenue. De même les dialogues manquent de malice, de sous-entendus équivoque, et se résument souvent à une exposition frontale de la mentalité des personnages, sans artifice.

Alors que le séjour sur l’île s’achève et que l’illusion se dissipe, les interrogations soulevées par le récit demeurent dans les regards de ces femmes, tel un miroir dont on refuserait d’apercevoir le reflet : Serai-je à la hauteur de mes espérances ?

Résumé : Tandis que la nuit tombe, neuf femmes attendent l’arrivée d’un passeur qui doit les mener sur une île au large de la Bretagne. Toutes ont payé le prix pour suivre un programme leur promettant de retrouver leurs vingt ans. Seule l’une d’entre elles, invitée, s’est juré de résister à la tentation.Mais le séjour et le mystère grandissant qui l’entoure, tout autant que le trouble suscité par le docteur Faust, vont lui révéler la difficulté de refuser ce pacte diabolique.


Comment maîtriser le temps ? Accomplir nos rêves les plus sacrés, l’amour, la création ? Comme elle s’est plu à se jouer des mythes et des légendes dans ses précédents livres, Stéphanie Janicot interroge dans ce roman envoûtant le fantasme de la jeunesse éternelle et de la toute-puissance, l’illusion, la féminité et la force du désir.

Éditeur ‎Albin Michel (18 août 2021)
Langue ‎Français
Broché ‎304 pages
ISBN-10 ‎2226465278
ISBN-13 ‎978-2226465276

L’épouse et la veuve de Christian White, quand l’auteur se joue de nous

Loin de la course au récit sensationnel, criblé de twist au point d’en perdre toute crédibilité, dont la production de polar actuelle semble  s’être fait le digne représentant Christian White tisse son récit à la narration minutieuse et propose un divertissement sans prétention.

Pour l’auteur il s’agit d’happer son lecteur dans une intrigue dont il tire les ficelles avec une habilité remarquable. Sans même pas que l’on s’en rende compte on est captivé par cette histoire de disparition.

L’auteur prend bien soin de ne pas trop en faire, son récit est la limite du polar domestique, il y a un nombre réduit de personnages, chaque chapitre délivre son lot de révélations et d’indices. Le travail sur l’ambiance et l’atmosphère est réduit au minimum et la plume est terriblement scolaire. L’auteur se concentre sur l’essentiel afin de laisser le champ libre à son jeu narratif.

Et bien malin qui celui qui ne se laissera pas prendre au piège de cette narration ciselé. L’auteur réussi son coup, le tout sans s’embarrasser de superflu. Pas de surenchère gore, pas de serial killer croque-mitaine qui serait partout à la fois, pas de portrait psychologique forcé et maladroit. On pourra reprocher à l’auteur de tout miser sur sa narration au détriment de la profondeur psychologique mais il se contente de faire ce qu’il sait faire et c’est très bien ainsi.

White offre donc au lecteur un récit rondement mené qui offre un divertissement honnête à la manière d’une Agatha Christie moderne.

Résumé : L’île de Belport, au large de l’Australie, est un lieu dont on ne revient pas indemne. Abby y vit depuis longtemps. Passionnée de taxidermie, elle est mariée à Ray, avec qui elle a un fils et une fille. Kate, mère d’une petite fille, est venue de Melbourne pour élucider la mystérieuse disparition de son mari. Sans imaginer que sa famille est liée à Abby par un terrible secret enfoui au coeur de ce décor ensorcelant, et qui menace d’anéantir tout ce que l’épouse et la veuve croyaient savoir sur les hommes de leur vie.

Éditeur ‎Albin Michel (1 septembre 2021)
Langue ‎Français
Broché ‎336 pages
ISBN-10 ‎2226452079
ISBN-13 ‎978-2226452078

Wolverine and the X-Men de Jason Aaron, Chris Bachalo et Nick Bradshaw. Youpi l’école est fini

Au début des années 2010, les comics X-Men ont pris un tournant radical, les intrigues se sont politisées, avec l’isolement sur l’île d’utopia. Le traitement se fait plus adulte, plus sombre et gore comme en témoigne la série X-Force de Kyle, Yost et Crain de 2008. Les X-Men se sont progressivement éloignés de leur idéal d’éducation et d’enseignement pour devenir une milice focalisé sur la survie des mutants. Il était temps qu’un auteur rappelle, à tout ce petit monde, les fondamentaux des X-Men.

Et cet auteur c’est Jason Aaron. Ce jeune scénariste connaît bien le personnage de Wolwerine dont il écrit régulièrement les aventures. En 2011 il consomme le divorce entre Cyclope, transformé en général d’une armée désespérée, et Wolverine qui se morfond de voir de jeunes mutants devenir des soldats sans cause à défendre que celle de leur propre survie. Dans la foulée il crée la série Wolwerine and the X-Men qui va réconcilier les fans de la première heure avec les comics X-Men.

Ah si toutes les écoles pouvaient ressembler à celle-ci

Malgré son titre qui laisse à penser que le mutant griffu va occuper le devant de la scène. Il n’en est rien. Aaron, en bon chimiste, va mélanger tous les ingrédients qui ont fait le succès des X-Men par le passé. Sa recette prend le contre-pied de la production de comics de l’époque. Sa série sera colorée, le ton sera irrévérencieux et pétillant, l’atmosphère se veut rafraîchissante et pop, l’ambiance optimiste et tournée vers l’avenir.

Wolwerine dans un rôle qui lui va comme un gant : celui de professeur

Aaron n’oublie pas pour autant que la marmite dont il se sert pour construire son récit n’était pas vide. Ainsi ses X-Men s’embarquent dans l’aventure de l’institut Jean Grey avec leur passif, leurs traumatismes dus à leur carrière de super-héros et leur angoisse légitime à l’idée de diriger une école de mutants. Nombreux sont ceux qui ont critiqué le choix de placer Logan à la tête de cette école en oubliant que cela faisait des années que le mutant le plus populaire de l’univers Marvel faisait office de mentor à de jeunes coéquipières telles que Kitty Pride ou Jubilee. La capacité d’Aaron a créé sa propre mythologie tout en conservant l’essence de ses personnages est bluffante. Mais le tour de force de la série ne s’arrête pas là.

Les réunions parents profs ne doivent pas être tristes

Aaron parvient à mélanger dans son festin plusieurs ingrédients qui évoquent les plus grandes heures de la franchise. Ainsi les décors des différentes aventures, que ce soit la terre sauvage, le cirque maléfique ou bien évidemment l’institut, remémorent les épisodes du début des années 80 signé par Chris Claremont et John Byrne. Le retour a une volonté d’éducation et d’enseignement fait penser aux séries Generation X de Scott Lobdell et Chris Bachalo, qui officie aussi sur les premiers numéros de la série d’Aaron, mais aussi au run, plus clivant, de Grant Morrison au début des années 2000. Enfin par l’esprit de famille, la complicité qu’il instaure entre ses personnages et l’interconnectivité qu’il parvient à conserver avec le reste de l’univers Marvel l’écriture d’Aaron fait penser à celle de Scott Lobdell durant son run sous-estimé au milieu des années 90 mais avec plus une plume concise et dépouillée des artifices de narration désuet.

Quentin Quire. Vous allez finir par l’apprécier, promis

Car Aaron n’ignore pas qu’il ne dispose que de très peu de temps pour mener à bien son projet, entre les différents crossover et les manœuvres éditoriales douteuses, il sait que son temps est compté. Aussi décide-t-il d’aller à l’essentiel. Ses dialogues seront concis, ses intrigues ne trainent pas en longueur et il ne s’éparpille pas dans son propos. Un propos qui n’a rien d’original en soi car il s’agit encore et toujours de raconter le passage de l’adolescence à l’âge adulte.

Le niveau de détail des planches de Nick Bradshaw est impressionnante

Toute la série, qui compte 42 numéros, peut être vue comme une immense crise d’adolescence. Mais comme il s’agit de mutants cette crise ne ressemblera à aucune autre. Les élèves de ce nouvel institut devront apprendre à accepter leur nature, le monde dans lequel ils vivent, les principes d’éducation que l’on tente de leur inculquer et aussi qu’ils ne sont pas très différents des adultes qui composent le corps professoral. Ceux-ci, très présents dans les premiers numéros, laissent petit à petit leur place aux élèves qui doivent s’en remettre à eux-même pour défendre les valeurs que l’on leur a enseignées. Évidemment avec un tel propos, la série ne peut connaître qu’une fin ouverte, résolument optimiste mais quelque peu douce amère pour le lecteur car, une fois la dernière page du dernier numéro tourné, celui-ci à bien conscience qu’il n’est pas prêt de relire une aventure aussi réjouissante que celle-ci.

Surtout rester calme professeur Logan

Pour la partie graphique Aaron se verra attribuer deux artistes principaux, sans compter quelques remplaçants de dernière minutes ici et là. Il s’agit de Chris Bachalo et Nick Bradshaw. Les deux ont un style dynamique et pop qui repousse les codes de la narration visuelle. Si Bachalo est le spécialiste des morphologies démesurées et des pleines pages, véritables uppercuts visuels, j’avoue avoir une préférence pour le trait de Bradshaw, plus figé mais dont les cases regorgent de détails qui transforment chaque numéros en banquet pour les yeux. Grâce à lui jamais une école pour mutants n’a paru aussi vivante, grouillante d’idées et de personnalité, pétillante d’humour et d’amour pour les comics X-Men.

Les classes vertes c’est d’un autre niveau avec l’Institut Jean Grey

À noter que la série connaîtra une seconde vie sous la plume de Jason Latour. Un second volet dispensable dont les dialogues tournent à vide alors que l’intrigue se perd dans les limbes temporels. 12 numéros qui détruisent ce qu’Aaron avait bâti pendant quatre ans. Un bien triste chant du cygne.

Mais quelle beauté !!

En 42 numéros, réunis en 4 volumes par Panini, Jason Aaron est parvenu à concocter un festin mutant réjouissant. Une lettre d’amour à la franchise et ses racines. Le tout sans jamais verser dans l’hommage pompeux mais en racontant sa propre histoire sur de jeunes adolescents qui vont devoir apprendre à grandir dans un monde qui ne leur fera pas de cadeaux. L’une des meilleures séries X-Men jamais écrites.

Souriez les enfants vous êtes entré dans la légende

Wolwerine and the X-Men est une série écrite par Jason Aaron et dessiné par Chris Bachalo et Nick Bradshaw publié pour la première fois en décembre 2011 et dont le dernier numéro paraît en avril 2014. Disponible en quatre volume hardback chez panini comics.

Le vallon des lucioles d’Isla Morley, toute la bleuette de ton sang…

La période de la grande dépression est un terreau fertile dans lequel les auteurs, grands ou petits, aiment à piocher pour conter leur histoire. Mais l’époque ne fait pas tout, aussi intéressante soit-elle, la plume doit être à la hauteur

Près d’une semaine après la fin de cette lecture je me demande encore pourquoi l’auteure a fait le choix de narrer son récit au présent. Cela crée une dissonance entre l’époque évoquée et la narration. Il m’a été impossible de me sentir immerger dans cette histoire, je n’ai ressenti aucune atmosphère de grands espaces américains typique, aucune ambiance de misère et de ruralité âpre. J’ai été tout du long un simple spectateur de ce récit pourtant prometteur.

C’était pourtant écrit au dos de l’ouvrage qu’il s’agissait d’une romance. Je ne peux pas prétendre avoir été trompé sur la marchandise. Mais voilà l’esprit a cette capacité à occulter les informations qui le gênent ou ne l’intéresse pas de prime abord. Je me suis focalisé sur l’époque, la promesse de la retranscription d’une époque révolue et le mystère rural en omettant le fait qu’il s’agit avant tout d’une intrigue amoureuse entre deux êtres issus de milieux différents.

Cela dit même en prenant en compte cet aspect, l’ouvrage se révèle perfectible. La narration tout d’abord, comme dit plus haut est inefficace et inadapté à ce type de récit. Le développement des personnages est linéaire, le pauvre Ulys ne s’extirpe jamais de son rôle d’amoureux transi. Jubilee s’en sort mieux mais elle est décrite comme naïve jusqu’à la fin du roman. Ce que j’ai trouvé en contradiction avec son parcours et ses expériences personnelles.

Le vallon des lucioles n’est donc pas une lecture désagréable mais elle s’est révélée bien en deçà de mes attentes et ne m’était pas destiné en tant que lecteur. L’éternelle leçon du lecteur qui n’apprend pas de ses erreurs.

Résumé :

1937, Kentucky. Clay Havens et Ulys Massey, deux jeunes photographe et journaliste, sont envoyés dans le cadre du New Deal réaliser un reportage sur un coin reculé des Appalaches.

Dès leur arrivée, les habitants du village les mettent en garde sur une étrange famille qui vit au cœur de la forêt. Il n’en faut pas plus pour qu’ils partent à leur rencontre, dans l’espoir de trouver un sujet passionnant. Ce qu’ils découvrent va transformer à jamais la vie de Clay et stupéfier le pays entier. À travers l’objectif de son appareil, se dévoile une jeune femme splendide, Jubilee Buford, dont la peau teintée d’un bleu prononcé le fascine et le bouleverse.

Leur histoire sera émaillée de passion, de violence, de discorde dans une société américaine en proie au racisme et aux préjugés.

Inspiré par un fait réel, ce roman est une bouleversante histoire d’amour et un hymne à la différence.

Éditeur ‎Le Seuil (4 mars 2021)
Langue ‎Français
Broché ‎480 pages
ISBN-10 ‎2021455394
ISBN-13 ‎978-2021455397

LE JOURNAL DE GURTY – VACANCES EN ANGLETERRE T.10 – 3 novembre 2021 de Bertrand Santini

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Oh, my dog ! À l’occasion de son 10e Journal, Gurty change de décor : au lieu de sa chère Provence, elle embarque en Angleterre pour une aventure exceptionnelle ! Tout débute dans un manoir écossais habité par une délicieuse mamie, un papi grognon et un chat (soi-disant) fantôme…

Chronique : Dans ce dixième tome, Gurty change de décor : au lieu de sa chère Provence, elle embarque en Angleterre pour une aventure exceptionnelle ! Les situations cocasses et la simplicité de pensée de Gurty sont à se tordre de rire. Les réflexions simplistes et la logique élémentaire de la petite chienne amènent autant de rires que de réflexions sur le monde et l’importance que l’on attache aux choses du quotidien. Car si Gurty aime à retrouver les odeurs de sa maison Sans compter le coup de foudre de Gaspard pour une Écossaise et une apparition magique dans le brouillard ! Pour couronner le tout, Gurty finira ses vacances au Palais de Buckingham à Londres, et sa rencontre avec la Reine changera le destin de l’Angleterre à jamais ! C’est donc avec beaucoup d’humour, de poésie voir de sarcasmes que Gurty nous raconte ses vacances.

Bertrand Santini signe un roman jeunesse drôle, poétique où douceur et répliques mordantes se mêlent avec délice sous nos yeux de lecteurs amusés. A lire seul ou en famille pour la plaisir de lire et de rire!

Autant de sketches où la petite chienne pose un regard à la fois naïf et plein de malice sur son environnement. L’ensemble est rythmé, dynamique, porté par le style enlevé de Bertrand Santini, qui a illustré lui-même (et avec talent) chacun des courts chapitres.

Pourquoi ça ne peut que fonctionner avec un enfant ? Parce que c’est une lecture facile et récréative, parce que l’écriture est plaisante et coule toute seule, que les dialogues font mouches et que les situations imaginées par l’auteur sont pleines d’humour.

Si vous avez un coriace à la maison, du genre à penser que les livres c’est nul et ennuyeux, que la lecture n’est qu’une activité à vous arracher des bâillements, proposez lui donc de jeter un œil au journal du Gurty, il y a des chances qu’il change d’avis.

Éditeur ‏ : ‎ SARBACANE (3 novembre 2021) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 272 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2377317189 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2377317189

La liberté des oiseaux – 4 novembre 2021 de Anja BAUMHEIER

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De nos jours, Theresa reçoit une mystérieuse lettre annonçant le décès de sa sœur aînée Marlene. C’est à n’y rien comprendre. Car Marlene est morte il y a des années. C’est du moins ce que lui ont toujours dit ses parents. Intriguée, Theresa, accompagnée de son autre sœur Charlotte, part en quête de réponses.

Chronique : L’auteur raconte une saga familiale passionnante avec pour toile de fond l’histoire de la RDA, qui regorge de secrets qui sont progressivement découverts et reconstitués. Dans le processus, le passé est remué et expose de nombreuses vérités laides et inattendues qui font s’écrouler tout ce en quoi les sœurs Charlotte et Theresa croyaient.

Il y a de nombreux personnages et de nombreuses subtilités à suivre en tant que lecteur. Les deux intrigues, hier et aujourd’hui, sont très joliment coordonnées et révèlent toujours, petit à petit, les secrets. Mais dès que vous pensez être dans le coup, il y a un nouveau développement et un nouveau mystère. Cela a rendu l’histoire très excitante, de sorte que j’avais à peine envie d’arrêter d’écouter le livre.

Les personnages mûrissent au fur et à mesure que l’histoire progresse. C’est à Charlotte que cela se remarque le plus. Fille préférée de son père, luttant sans cesse pour l’amour et l’attention de sa mère, qui semble préférer la plus jeune Marlene, elle est la citoyenne modèle de la RDA : fidèle au système, crédule, malléable et brûlant pour son métier de professeur d’éducation civique. Après la chute du Mur, il lui faut un certain temps pour s’adapter à la nouvelle situation et trouver sa voie dans le RFA, y compris la liberté dont elle jouit désormais. Et malgré de nombreuses preuves, elle a beaucoup de mal à croire ce que la RDA et le système gouvernemental ont fait à ses propres citoyens à l’époque.

En se basant sur le destin de Marlene, Anja Baumheier a également réussi à montrer comment les artistes et les libres penseurs étaient punis en RDA et comment leur vie était systématiquement détruite. Sans tenir compte des pertes, des liens familiaux ou même de l’âge, des mesures étaient prises à l’encontre des personnes qui exprimaient des opinions critiques ou attiraient l’attention d’une manière ou d’une autre et qui ne s’intégraient pas dans le système.

L’auteur montre de manière crédible les émotions avec lesquelles toutes les personnes impliquées ont dû se battre. Il n’y a pas seulement les méchants et les gentils. Chacun a connu certaines circonstances auxquelles il a dû s’adapter et agir en conséquence.

Anja Baumheier a su me captiver avec ses débuts grâce à un langage simple et adapté au livre.

Note : 9,5/10

Éditeur ‏ : ‎ Les escales éditions (4 novembre 2021) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 432 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2365694489 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2365694483

Une année douce-amère – 4 novembre 2021 de Olivia POTTS

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À la mort de sa mère, Olivia Potts, dévastée, décide de noyer son chagrin en confectionnant des pâtisseries. Avocate, elle rentre du travail épuisée puis se met aux fourneaux, prépare des banana breads et autres douceurs, y consacre tout son temps libre. Si ses gâteaux et ses crèmes anglaises sont bien souvent ratés, la cuisine lui offre un refuge et prend peu à peu une autre dimension. Et si cela devenait un moyen de construire une nouvelle vie, de donner du sens à son existence sans sa mère ?


Chronique : L’auteur, Olivia Potts, plonge directement dans le vif du sujet : à 25 ans, dans la dernière année de son stage pour devenir avocate, elle doit faire face à la perte soudaine et horrible de sa mère. Je ne suis pas sûre que la cuisson l’aide réellement à faire face à son immense chagrin – bien que l' »intrigue » semble le suggérer – mais il est clair que le système judiciaire pénal ne lui apporte pas le soutien émotionnel dont elle a besoin.

Ce livre porte essentiellement sur le processus de deuil d’Olivia, qui explique en détail comment la mort de sa mère l’affecte. Il y a d’abord la phase initiale où elle essaie de faire face en étant super-compétente – par exemple, elle se porte volontaire pour s’occuper des « tâches administratives ennuyeuses » qui accompagnent la mort. Ensuite, il y a la longue phase de ce qu’elle décrit, de manière sombre mais amusante, comme étant « le meilleur du chagrin ». Et enfin, il y a l’étape thérapeutique réelle qui consiste à reconnaître et à faire face à son chagrin – et il ne fait aucun doute que l’écriture de ce livre a été aussi thérapeutique que l’exploration de ses sentiments avec un thérapeute.

La première moitié du livre est consacrée à sa mère, à son propre processus de deuil , les perruques, les déplacements et le système judiciaire britannique. La secon

Olivia Potts prend soin de préciser à ses lecteurs qu’elle ne vient pas d’un milieu particulièrement « foodie » et que sa mère n’était pas très portée sur la cuisine. Les premières recettes (un gâteau à la banane contenant des Rolos) et la recette de sa mère pour le Shepherd’s Pie (qui comprend des haricots cuits, à ma grande horreur) entrent définitivement dans la catégorie de la « cuisine maison » – et ce, avec une touche nordique. (J’ai aimé la façon dont Potts parle de ses origines nordiques sans avoir besoin d’en faire une blague ou de s’en défendre d’une quelconque façon). Au fur et à mesure que le livre évolue, et que Potts est modelée par les rigueurs de la cuisine du Cordon Bleu, les recettes changent et deviennent beaucoup plus sophistiquées et aventureuses. Et rigides. Et ridiculement complexes.

Permettez-moi maintenant de m’insérer dans ce livre, comme les lecteurs ont tendance à le faire. Contrairement à Mme Potts, j’ai toujours aimé la pâtisserie, et j’ai grandi dans une maison dont la mère adorait la pâtisserie. Au fond de moi, j’ai toujours été fasciné par l’idée de suivre ce genre de cours de pâtisserie. En fait, c’est probablement la raison pour laquelle j’étais impatiente de mettre mes petites mains chaudes sur ce livre. Mais le retour à la réalité a été énorme. La clé se trouve probablement dans cette phrase : « La pâtisserie est une question de précision. C’est une question de contrôle. » Bien que Potts minimise sa maladresse et son manque d’aptitude naturelle à la pâtisserie, il est très clair qu’elle est une femme ambitieuse avec une sacrée dose de dynamisme. Je ne suis pas sûr que la pâtisserie soit pour elle autant une question de « joie » que de contrôle. Franchement, le cours de pâtisserie m’a semblé horriblement dépourvu de joie – sauf, peut-être, pour l’incroyable sentiment d’accomplissement dans l’apprentissage de toutes ces compétences minutieuses (et parfois ridicules). Je préfère une tarte aux pommes ou un gâteau en pain d’épice ; les desserts décadents qu’elle apprend à créer ne sont pas vraiment quelque chose que je voudrais manger. Non pas que manger soit le but. Quoi qu’il en soit, j’ai été surprise par ma propre réaction, mais j’ai trouvé que les descriptions détaillées de son aventure culinaire étaient probablement la partie la moins intéressante de ce livre. Permettez-moi de nuancer : elles étaient intéressantes, mais aussi étrangement choquantes.

Note : 9,5/10

Éditeur ‏ : ‎ Les escales éditions (4 novembre 2021) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 352 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2365695205 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2365695206

La Dynastie Dent de Lion – Tome 2 : Le Goût de la victoire – 14 octobre 2021 de Ken LIU

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Kuni Garu, l’ancien voleur, est désormais empereur et gouverne les îles de Dara. Les temps de paix ne sont cependant pas aussi calmes qu’il le pensait, et les intrigues de cour se révèlent parfois plus cruelles que les champs de bataille. D’autant plus que le royaume est en pleine effervescence : l’Examen qui permet de recruter les meilleurs serviteurs de l’État va bientôt avoir lieu. C’est l’occasion pour Kuni de mettre à l’épreuve ses idées novatrices sur la société et d’enseigner à ses enfants les subtilités de l’exercice du pouvoir. Mais de l’autre côté de la mer, derrière le Mur de tempêtes, un nouvel ennemi attend son heure…


Chronique : C’est un récit très intéressant, qui me rappelle en le lisant à quel point je connais encore peu l’histoire de la Chine. J’ai envie de romancer des royaumes et de me vautrer dans tous les états belligérants, et pourtant, de tout ce que je sais, ce roman est et reste unique.

Il emprunte aux anciennes histoires pour en faire une épopée fantastique tout à fait moderne.

Et quand je dis épique, je veux dire des montées en puissance épiques et des chutes grandioses, avec quelques personnages mémorables (principalement des femmes) et une équipe de soutien absolument énorme. Des armées défilent dès le début et des armées défilent à la fin, et nulle part au milieu il ne manque de bataille.

C’est l’histoire de deux frères d’armes, l’un noble, l’autre pas, de leur ascension ensemble et de leur brouille, plongeant le pays dans le chaos.

J’ai été immensément impressionné par le soin et les efforts déployés pour transposer un récit immersif chinois dans une épopée anglaise moderne tout en incluant une saveur résolument steampunk. Allons faire voler un cerf-volant, d’accord ? Tactique et guerre, tactique et guerre.

Au-delà de ça, c’est le Maréchal que j’ai le plus aimé. Toutes les femmes sont assez complexes et ont plusieurs rôles, mais c’est le Maréchal des armées qui m’a fait tiquer :).

J’ai vraiment aimé ce roman et il m’a beaucoup impressionnée, mais hélas, je ne le vois pas vraiment comme le gagnant du Nebula cette année. Je me suis un peu laissé entraîner par certaines batailles, mais pas toutes. Certaines étaient assez intéressantes. Les deux personnages masculins principaux autour desquels tout tourne auraient pu être plus… savoureux.

C’est juste ma préférence. J’ai lu beaucoup de grande fantasy. Ce n’est pas le meilleur et certainement pas le pire du lot. C’était tout à fait intéressant, cependant.

Note : 9/10

Éditeur ‏ : ‎ Pocket (14 octobre 2021) Langue ‏ : ‎ Français Poche ‏ : ‎ 704 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2266307436 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2266307437