Les Employés – 16 septembre 2021 de Olga RAVN

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À des millions de kilomètres de la Terre, humains et ressemblants travaillent pour une puissante compagnie totalitaire à bord du six millième vaisseau : ce sont les employés. Suite à l’observation prolongée d’artefacts extraterrestres récoltés sur une planète habitable – La Nouvelle Découverte –, d’étranges incidents surviennent, et une commission d’enquête est dépêchée. Durant dix-huit mois, celle-ci va compiler les témoignages de l’équipage, humains comme ressemblants, pour comprendre la nature du mal qui semble ronger l’expédition…

Chronique : L’histoire est celle d’un ou de plusieurs vaisseaux spatiaux (les Six Mille Vaisseaux) en longue mission depuis la Terre, avec un équipage mixte d’humains et d’humanoïdes, qui ont visité une planète (New Discovery) et ont pris à bord un certain nombre d’étranges objets ressemblant à des sculptures vivantes qui semblent perturber les humains (dont le sentiment de perte et de deuil de la Terre semble s’accroître) et les humanoïdes (qui ressentent le désir de quelque chose qu’ils n’ont jamais eu).

L’histoire est présentée sur 130 petites pages – avec beaucoup d’espace blanc – sous la forme d’une série de déclarations de témoins faites à une commission sur le lieu de travail, alors que les choses commencent à se dénouer avec une tension croissante entre les humains, les humanoïdes et leur employeur – jusqu’à une conclusion peut-être assez inévitable.

Mais la force du livre réside moins dans son arc narratif (qui, pour être honnête, est plutôt prévisible – Sci Fi 101) que dans ses idées sensorielles récurrentes et dans ses implications allégoriques.

Diverses idées sensorielles reviennent – beaucoup d’entre elles sont fortement liées aux sens inférieurs (l’auteur inversant délibérément la priorité standard de la vue et de l’ouïe) et même à ces sens d’une manière qui va au-delà de l’idée conventionnelle du sens :

  • L’odorat (les objets ont une sorte d’impact proustien sur ceux qui interagissent avec eux, mais un impact qui semble varier selon le destinataire).
  • le goût (et bien plus encore dans le sens où un jeune bébé utilise d’abord sa bouche comme un sens primaire et un moyen d’explorer les objets – l’idée de mettre des choses dans sa bouche revient dans le livre)
  • Sentir (et encore une fois d’une manière plus large – dans ce cas, dans le sens de réactions négatives et phobiques à fleur de peau).

Et en termes d’implications allégoriques :

  • Le livre parle beaucoup de la maternité et, par extension, du refus de la maternité et de l’infertilité, y compris des images récurrentes d’œufs et d’utérus ;
  • Le livre remet explicitement en question l’idée du travail en tant qu’identité et de l’épanouissement par le travail ;
  • Le livre examine l’appartenance, la perte, la nostalgie et la parenté.
  • En examinant ce que signifie l’absence de ce qui nous est familier et ce qui se passe lorsque l’identité professionnelle est remise en question, le livre préfigure par inadvertance certaines expériences d’enfermement et de permission.
  • Les réactions des témoins (en particulier dans les premiers témoignages) aux objets de la Nouvelle Découverte – qui sont suspendus comme dans une galerie d’exposition – m’ont beaucoup rappelé la façon dont les gens réagissent à l’art conceptuel et aux installations. Ce n’est pas un hasard si le livre a été explicitement écrit pour accompagner une exposition d’art moderne (en fait, il s’agit plutôt d’un dialogue et d’une inspiration mutuelle)

Et la façon dont les objets amènent les gens à s’interroger sur leur utilité, les humanoïdes à rechercher un sentiment de connexion, les humains à faire le deuil des liens qu’ils ont perdus et à chercher à redécouvrir leurs propres sentiments, représente, dans un sens méta, la chose même que l’auteur tente de faire avec cette fascinante nouvelle.

Note : 9,5/10

Éditeur ‏ : ‎ Pocket (16 septembre 2021) Langue ‏ : ‎ Français Poche ‏ : ‎ 176 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2266297783 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2266297783

Le messie de Dune – 26 août 2021 de Frank HERBERT

Paul Atréides a triomphé de ses ennemis. En douze ans de guerre sainte, ses Fremen ont conquis l’univers. Il est devenu l’empereur Muad’ Dib. Presque un dieu, puisqu’il voit l’avenir. Ses ennemis, il les connaît. Il sait quand et comment ils frapperont. Ils vont essayer de lui reprendre l’épice qui donne la prescience et peut-être de percer le secret de son pouvoir. Il peut déjouer leurs plans, mais voit plus loin encore. Il sait que tous les futurs possibles mènent au désastre et est hanté par la vision de sa propre mort. Peut-être n’y a-t-il pas d’autre liberté pour le prescient que celle du sacrifice…

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Chronique : Ce second tome, pour être plus riche en mysticisme et en psychologie que son aîné, n’est pas moins dense en action. Un action certes plus latente et au rythme feutré mais qui permet à l’auteur d’instaurer cette incroyable tension psychique sans égale et qui caractérise si bien cette immense fresque de science-fiction. Excusez ce quasi-blasphème mais c’est un peu comme lorsqu’on lit un livre saint, l’esprit laisse passer un certain nombre d’éléments qui pourtant frappent notre esprit et forment au final un tout cohérent et grandiose.
Une lecture moins aisée que pour le premier tome mais où la fascination qu’exerce Herbert joue pleinement son rôle. Avec « Le Messie de Dune », la saga gagne en profondeur et en complexité et renforce la dimension politico-religieuse avec, à la clé, stratégie, considérations économiques et politiques, pensée sociétale très forte, remise en cause du manichéisme et psychologie approfondie de l’ensemble des personnages principaux.
L’axe de réflexion (car oui, il s’agit bien de réflexion en parallèle de l’action) demeure le culte de la personnalité du gouvernant, de l’Empereur Muad’Dib. Culte qui atteint la divinité, plongeant Paul Atréides dans une solitude insondable qui le rend impuissant alors même qu’il est au faîte de sa puissante. Solitude bien compréhensible mais inextricable du dieu qui ne peut croire en lui-même ou en un autre dieu quand tous les autres êtres croient en lui.

Note : 9,5/10

Éditeur ‏ : ‎ Pocket (26 août 2021) Langue ‏ : ‎ Français Poche ‏ : ‎ 384 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2266320491 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2266320498

Dune – Tome 1 – 26 Aout 2021 de Frank HERBERT

Il n’y a pas, dans tout l’Empire, de planète plus inhospitalière que Dune. Partout, des sables à perte de vue. Une seule richesse : l’épice de longue vie, née du désert, et que tout l’univers convoite.
Quand Leto Atréides reçoit Dune en fief, il flaire le piège. Il aura besoin des guerriers Fremen qui, réfugiés au fond du désert, se sont adaptés à une vie très dure en préservant leur liberté, leurs coutumes et leur foi. Ils rêvent du prophète qui proclamera la guerre sainte et changera le cours de l’Histoire.

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Chronique : »Je ne connaitrai pas la peur, car la peu tue l’esprit » ; il me faut bien faire appel à ces mots du jeune Atréide pour oser braver le mystère de Dune, et tenter de proposer une critique à une telle épopée, roman classé « space-opera » mais ô combien méritant plus qu’un classement d’entomologiste.

Le lecteur de ce 1er volume des 6 que compte le cycle de Dune va se trouver immédiatement immergé dans un monde futuriste, mais aux réminiscences féodales, où des maisons s’affrontent au sein d’un monde politique et économique multipolaire, s’appuyant sur des ordres aux pouvoirs mutants intriguant pour le pouvoir. Dans cet Empire à l’équilibre subtil, un seul centre stable semble exister, et il est économique : il s’agit d’Arrakis, la planète de l’épice, sur laquelle repose toute civilisation.

Même si le lecteur s’y perd un peu au début, cet univers complexe est probablement l’une des grandes forces du Cycle de Dune. Même si Franck Herbert développe dans sa trilogie Dune 1, Dune 2 et le Messie de Dune son intrigue, pleine de suspense, avec un réel don de conteur, les aventures de Paul Atréides, elle n’aurait pas le même sel sans le contexte de la planète de sables et de l’Empire.

Ces 2 1ers volumes en particulier sont un récit initiatique s’il en est : quittant sa planète d’origine, Paul découvre avec le lecteur un monde extérieur menaçant, mais qui n’a rien à envier aux arcanes complexes d’un cerveau humain initié au bene gesserit, d’autant plus quand on puise ses origines au sein des maisons Harkonnen et Atréides.

Franck Herbert plante à merveille les décors aussi bien que les personnages, et les pics de dénouement sont d’un puissance telle qu’à part David Lynch -et encore avec un succès mitigé-, bien peu de metteurs en scène se sont frottés à la difficile adaptation de ces romans. Dans un style très différent, seuls à mon sens Tolkien et Martin ont développé un tel foisonnement créatif.

Franck Herbert dépasse par ailleurs largement cette étiquette de conteur émérite. Ecologiste convaincu, il développe dans le Cycle de Dune de véritables thèses philosophiques, amenant ses lecteurs à réfléchir sur le fonctionnement systémique des écosystèmes vivants, mais aussi sociaux, sur les rapports entre pouvoir et religion, sur l’intelligence artificielle et le pouvoir et les faiblesses de l’inconscient. Construisant son cycle sur des générations, le rythme de l’intrigue est soutenu : quel chemin parcouru par Paul Atréides, en 3 volumes, quelle mutation, surtout intérieure ! Et qu’il est difficile d’en parler un peu ici sans spoiler le futur lecteur !

Mélange épicé donc que ce 1er roman du Cycle de Dune, roman d’ouverture aussi, qui devrait immédiatement mettre l’eau à la bouche des nouveaux explorateurs de cette saga. Mélange dépaysant, futuriste, mais aussi puisant aux racines de civilisations terrestres reconnaissables : judéo-chrétienne, musulmane, germanique, grecque antique, et surtout notre monde capitaliste contemporain au bord de l’implosion… quelle force visionnaire dans ce roman de 1965. Les barbares fremen seraient-ils à nos portes ?

Quoiqu’il en soit, une lecture forcément marquante, notamment pour un jeune cerveau adolescent ou jeune adulte, en quête de sens. Comme pour nombre de lecteurs, je ne suis sans doute pas totalement conscient de l’influence que ce roman a pu avoir sur ma vision de la vie, et mes lectures ultérieures. Des moments de lecture uniques, pas toujours faciles, mais qui restent ancrés dans les mémoires.

Note : 9,5/10

Éditeur ‏ : ‎ Pocket (26 août 2021) Langue ‏ : ‎ Français Poche ‏ : ‎ 928 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2266320483 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2266320481

TIME SALVAGER – 9 septembre 2021 de Wesley CHU

La Terre n’est plus qu’un champ de ruines dépeuplé et toxique. Ses habitants l’ont quittée depuis longtemps pour s’établir dans le système solaire. Leur survie repose sur les ressources que les Chronmen, des voyageurs du temps, vont régulièrement chercher dans le passé.

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Chronique : Time Salvager nous emmène dans un futur où la Terre est devenue un terrain vague toxique. Ceux qui pouvaient se permettre de quitter la planète sont partis depuis longtemps vers le système solaire externe, mais cette dispersion a également créé un besoin accru de ressources pour soutenir la population – des ressources que la Terre n’est plus en mesure de fournir.

C’est là qu’intervient ChronoCom et son corps d’élite d’agents voyageant dans le temps, judicieusement appelés « Chronmen ». Si le présent ne peut fournir les ressources dont l’humanité a besoin, alors ils doivent piller le passé. Cependant, il est toujours risqué de manipuler le flux chronologique. Les Chronmen s’efforcent donc de limiter autant que possible leurs interventions dans le passé afin que la ligne temporelle puisse se rétablir avant que les effets ne se fassent sentir dans le présent. Cela signifie que de nombreuses règles sont mises en place, et que les punitions les plus sévères sont infligées à ceux qui les enfreignent.

Malheureusement pour le chronographe James Griffin-Mars, lors de sa dernière mission au XXIe siècle pour assurer sa retraite, il connaît un moment de folie et enfreint la règle la plus importante et la plus impardonnable de toutes. Instable et déjà sur le point de craquer, James décide spontanément de sauver une jeune femme nommée Elise de sa mort fatale et de la ramener à son époque. Considérée comme une anomalie temporelle qu’il faut maintenant éliminer, Elise est obligée de s’enfuir avec James alors que toute la puissance de ChronoCom s’abat sur les deux fugitifs.

Tout d’abord, les histoires de voyage dans le temps sont toujours délicates à réaliser et, il faut bien l’avouer, je n’en connais pas beaucoup où une certaine volonté de fermer les yeux sur les paradoxes et les contradictions temporelles est au moins requise. Time Salvager n’est pas différent, même si, à la décharge de Chu, le système de voyage dans le temps qu’il propose est convaincant et bien développé. Même s’il ne résiste pas à un examen approfondi, le processus qui sous-tend la technologie se prête parfaitement à l’histoire, ce qui ravira les lecteurs qui recherchent l’action et le divertissement. En d’autres termes, oui, vous devrez probablement faire face à des situations difficiles, mais en même temps, j’ai du mal à penser à un autre cas où cela a été plus amusant.

Ceux qui ont lu la série Tao de l’auteur pourront également remarquer que l’histoire de Time Salvager est plus sombre et plus désespérée. Cela est dû en grande partie au protagoniste, James, dont les longues années passées à travailler pour ChronoCom et à sauver des lignes temporelles sans avenir l’ont exposé à trop de mort et de destruction. Les effets physiologiques dangereux d’un trop grand nombre de sauts temporels s’ajoutent à son état d’esprit blasé. Le personnage de James Griffin-Mars n’est pas du tout un chant du soleil et des arcs-en-ciel. La seule raison pour laquelle j’aime un peu plus les livres Tao de Wesley Chu est peut-être le cocktail émotionnel de désespoir et de rage refoulée qui constitue la personnalité de James. Cela correspond à ce qu’il est et permet un développement intéressant plus tard dans le roman, mais cela donne au Time Salvager une certaine gravité et en fait une lecture plus lourde.

Chu m’a cependant impressionné par sa caractérisation de Levin Javier-Oberon, l’auditeur de ChronoCom chargé de capturer James et Elise. Avec sa vision complexe du monde et de la façon dont il pense que les choses devraient être, Levin est devenu mon personnage préféré dès qu’il a été introduit en tant que personnage de point de vue. Je ne peux même pas me résoudre à le désigner comme l’antagoniste ; cela ne me semble pas juste, simplement parce que Levin est rigidement lié à un ensemble de normes morales qui se trouvent être l’antithèse de celles de James. J’espère que nous verrons plus de Levin dans le prochain livre, car je ne suis pas prêt à ce que son histoire se termine, surtout vu la façon dont le livre s’est terminé.

Il va sans dire que j’attends avec impatience la suite. Time Salvager est le prochain grand pas dans la carrière d’écrivain de Wesley Chu, qui continue de progresser de manière prometteuse. Ce livre fait un travail fantastique en préparant une série de thrillers de science-fiction au rythme effréné qui déborde de potentiel, et on ne peut vraiment pas en demander plus.

Note : 9,5/10

  • Éditeur ‏ : ‎ Fleuve éditions (9 septembre 2021)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 528 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2265154857
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2265154858

Star Wars : Escadron Alphabet tome 2: Où l’ombre s’abat (02) Poche – 12 août 2021 de Alexander FREED

Dans ce deuxième opus de la trilogie, l’Escadron Alphabet poursuit sa traque des chasseurs TIE de l’Escadre de l’Ombre.

L’escadron hétéroclite d’Yrica Quell ne désespère pas de mettre un terme aux exactions de l’Escadre de l’Ombre, mais tous leurs efforts semblent vains et une forme de tension commence à monter entre eux. Déterminée à achever le combat une fois pour toutes, Quell s’allie à Caern Adan, agent controversé du Renseignement de la Nouvelle République, et à la légendaire Générale Hera Syndulla, afin de préparer la mission la plus risquée de sa carrière : piéger l’Escadre de l’Ombre et mettre définitivement fin à la traque.

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Chronique :Star Wars : Escadron Alphabet a été écrit par l’auteur de best-sellers du New York Times, Alexander Freed. Shadow Fall est le deuxième tome de la série.

PERSONNAGES : Les personnages de l’Escadron Alphabet se retrouvent dans ce roman. Dans ma critique du premier livre, j’ai parlé brièvement de Yrica Quell et de Wyl Lark. Maintenant, je vais parler de Chass na Chadic et de Soran Keize.

Chass na Chadic : Elle a été inspirée par Jyn Erso, un vrai héros, pas un mythe ou une légende. Chass est agressive et parfois un peu lunatique. Elle semble perdue, comme si elle ne savait pas qui elle est vraiment, qui elle doit être ou devenir. Elle est provocante et ne s’entend pas très bien avec les autres. Elle fait abstraction des autres en mettant de la musique dans son cockpit. Son enfance a été difficile, mais les choses qu’elle a apprises à cette époque de sa vie l’aident à surmonter un événement difficile et quelque peu étrange dans la bataille actuelle.

Soran Keize : Le Major Soran Keize méprise l’Empire après l’opération Cinder. Ses yeux ont été ouverts sur la noirceur de l’Empereur. L’Empire n’était pas un gouvernement juste dont les intérêts étaient de protéger et de servir le peuple de la galaxie. Il ne s’agissait que de pouvoir. Son amour de l’Empire s’est éteint, sa loyauté envers Shadow Wing demeure et sa soif de vengeance contre l’Escadron Alphabet est féroce.

PENSÉES GÉNÉRALES : Alexander Freed prouve une fois de plus qu’il est un auteur de premier plan. La formation de la Nouvelle République n’est pas du tout facile ! J’aime que nous puissions voir à quel point les restes impériaux sont encore féroces et puissants, bien sûr qu’ils le sont, ce récit se déroule avant la bataille de Jakku. L’Empire était massif, la bataille ne s’est pas terminée avec Endor, comme certaines troupes militaires ont pu le penser. Vous pouvez sentir le désespoir des soldats et des pilotes. La guerre n’est pas finie mais le désir de voir les combats s’arrêter est grand. La tension est extrêmement élevée dans cette histoire. Les émotions que traversent les personnages se dégagent des pages ! De nombreux moments font monter votre anxiété et vous gardent collé au livre.

Vous brûlerez ces pages si vite que vous risquez d’allumer un feu !

Il s’agit d’une étude de caractère merveilleuse et plus profonde pour quelques-uns des personnages. Dans le roman précédent, ils avaient un côté plus mystérieux, leurs antécédents n’étaient pas explorés. Dans ce roman, nous explorons le passé d’un certain personnage qui contribue à faire avancer l’intrigue. L’histoire progresse en passant du point de vue d’un personnage à celui d’un autre. C’est assez simple à suivre pour une histoire de guerre qui a tant de rebondissements. Freed est l’un de ces auteurs qui comprend le développement des personnages et la façon de rendre chaque personnage unique. Les dialogues sont géniaux ! La tension, la culpabilité, la surprise, la colère, etc. étaient si bien écrites.

La guerre dans ce qu’elle a de pire, la diversité dans ce qu’elle a de meilleur. Il y a un personnage auquel tout le monde peut s’identifier !

J’ai été agréablement surpris par certains résultats de l’histoire. Ma peau s’est hérissée de frissons à plusieurs reprises. Il est rare que je réagisse de manière audible à des événements qui se produisent dans un livre. J’ai beaucoup apprécié ce roman. Je ne me souviens pas avoir terminé un livre en ayant des frissons et la mâchoire tombante de surprise.

Note : 9,5/10

Éditeur ‏ : ‎ Pocket (12 août 2021) Langue ‏ : ‎ Français Poche ‏ : ‎ 576 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2266316052 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2266316057

L’île interdite de James Rollins, Gare aux piqûres

On ne va pas y aller par quatre chemins pour parler de cette lecture, c’était fun, c’était divertissant, c’était tout à fait le genre de lecture de  décompression dont on a besoin lorsque l’on s’apprête à partir en vacances.

N’attendez rien du style ni de la psychologie des personnages. On lit un James Rollins avant tout pour l’action et ses intrigues pseudo scientifiques improbables mais captivantes. On en profite au passage pour glaner quelques éléments de culture générale. Dans ce volume des aventures de la force Sigma l’auteur évoque la route de l’ambre, les mines de sel de Wieliczka, un endroit qu’il m’a donné envie de visiter mais aussi les mystères entourant James Smithson et le Smithsonian.

La formule Rollins consiste à appliquer à la lettre la formule du Blockbuster hollywoodien. L’action frénétique y est juste entrecoupée de passages explicatifs, les méchants sont très méchants, voire même stupide par moments, comme le vénérable Takashi qui fait preuve de beaucoup de légèreté dans la communication de son plan diabolique, comme quoi la sagesse ne vient pas forcément avec l’âge. Les gentils sont altruistes, volontaire mais il ne faut pas trop les chercher non plus et l’intrigue est une profusion d’incohérences qui finissent par être gênantes, surtout vers le dénouement mais encore une fois la vraisemblance n’est pas ce que l’on recherche avec ce genre de lecture.

Si l’on est capable d’accepter ces défauts inhérents à ce genre de roman d’aventures on passe plutôt un bon moment. Il manque peut-être juste une pointe d’humour qui permettrait à l’intrigue de prendre un peu de recul sur cette crise mais le comic relief c’est tout un art que ne maîtrisent pas forcément les blockbuster.

Résumé: Au large des côtes du Brésil, une équipe de scientifiques découvre une île où toute vie a été éradiquée par une espèce inconnue et extrêmement dangereuse. Avant d’avoir pu rapporter leur découverte, ils sont tous éliminés par une force mystérieuse. Seul un expert des créatures venimeuses en réchappe. Mais face à une espèce qui s’adapte à son environnement au risque de devenir de plus en plus incontrôlable, le commandant Gray Pierce et son équipe vont devoir affronter leurs plus grandes peurs pour éviter que le monde que nous connaissons soit entièrement détruit.

  • Éditeur ‏ : ‎ Fleuve éditions (8 avril 2021)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 480 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2265143952
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2265143951
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 560 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 15.6 x 3.1 x 22.6 cm

Gnomon tome 1 de Nick Harkaway, La brasse coulée…

Certaines lectures sont des balades en forêt, l’auteur vous prend par la main et vous montre du doigt tout ce qu’il y à voir d’autres sont telles des montagnes à gravir où vous vous sentirez bien seul durant l’ascension. Gnomon n’est rien de tout ça, la lecture de cet ouvrage de science-fiction s’apparente plutôt à la traversée de l’Atlantique en solitaire, avec l’océan qui se déchaîne autour de vous.

La narration est dense, l’auteur se plaît à détailler son monde futuriste ultra-connecté où un logiciel nommé le témoin surveille la population en permanence. Il expose longuement toutes les conséquences qui découlent de l’instauration d’un tel système. Ce n’est pas inintéressant en soie mais le problème c’est qu’encore une fois, comme dans Terminus paru chez le même éditeur, le ton est impersonnel et distant. À aucun moment le personnage principal, une enquêtrice inféodée au système au nom imprononçable, ne va se frotter au reste du monde. On reste à distance, en vase clos.

Rapidement toutefois une cassure s’opère dans la narration et un nouveau narrateur, beaucoup plus incarné et volubile, fait son apparition. Son récit,  aussi étrange et sans rapport aucun avec la trace générale,  souffle une bouffée revigorante à l’ouvrage, à tel point que j’ai cru qu’on allait pouvoir s’entendre lui et moi.

Las un deuxième récit obscur et un troisième plus introspectif se succèdent sans le voile de mystère ne se lève. Je dois reconnaître à l’auteur une réelle capacité à incarné chacun de ses narrateurs fantômes mais cela n’a pas suffit à maintenir mon intérêt.

La dernière partie de ce premier volume fût particulièrement ardue. C’est là que mon voilier s’est retourné et que j’ai bu la tasse. L’auteur aborde des concepts philosophiques, qui en plus d’être pointu, ne m’intéressent pas particulièrement. C’est sans doute à ce moment que je choisis de renoncer à la lecture du tome 2. C’est dommage car l’univers dévoilé m’intéressé mais l’auteur a fait le choix de soutenir un propos pointu dans lequel tout le monde ne peut pas le suivre et j’en suis le premier désolé.

Résumé: Grande-Bretagne. Futur proche.
La monarchie constitutionnelle parlementaire qu’on croyait éternelle a laissé place au Système, un mode de démocratie directe où le citoyen est fortement incité à participer et voter. La population est surveillée en permanence par le Témoin : la somme de toutes les caméras de surveillance et de tout le suivi numérique que permettent les objets connectés.
Au cours d’un interrogatoire par lecture mentale, la dissidente Diana Hunter décède. Mielikki Neith, une inspectrice du Témoin, fidèle au Système, est chargée de l’enquête. Alors qu’elle devrait être en mesure d’explorer la psyché de Hunter, Mielikki se retrouve confrontée à trois mémoires différentes : celle d’un financier grec attaqué par un requin, celle d’une alchimiste et celle d’un vieux peintre éthiopien.
Pour Neith, dont les certitudes commencent à s’effriter, un incroyable voyage au coeur de la pensée humaine commence. Aussi déroutant que dangereux.

  • Éditeur ‏ : ‎ Albin Michel (3 février 2021)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 496 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2226443657
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2226443656
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 531 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 14.2 x 3.5 x 20.5 cm

Dark sky – 20 mai 2021 de Mike BROOKS

Alors que la révolution explose, tout ce qu’il reste à faire est de choisir un camp – et d’espérer en sortir vivant.

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Chronique : Dark Run est le deuxième livre de la série de livres de science-fiction Keiko. Dans cet épisode, l’équipage du Keiko profite d’un repos bien mérité après les événements du livre précédent. Ichabod Drift a amené son équipage sur la planète New Samara dans l’un des casinos les plus prestigieux de la galaxie, dirigé par le mafieux russe Orlov. Après qu’Orlov ait engagé Ichabod pour effectuer un simple travail sur la planète minière d’Uragan (qui fait partie de la Confédération de l’étoile rouge), l’équipage se retrouve dans une situation encore plus délicate : celle d’une ville en pleine révolution.

J’ai vraiment apprécié ce livre, encore plus que le premier. C’est une aventure vraiment amusante et pleine d’action, et les problèmes de la seconde moitié du premier livre et du rythme sont grandement améliorés ici. C’est un livre solide d’un bout à l’autre ; il n’y a pas de moments où j’ai eu l’impression que l’intrigue s’échappait de Brooks comme elle l’a fait dans le premier livre, et il n’y a pas de véritables détours inutiles. Les personnages présentés sont pour la plupart sympathiques et bien développés, et je dois admettre que je ne pensais pas que l’intrigue prendrait la direction qu’elle a prise après les premiers chapitres. De légers spoilers pour le développement de certains personnages à partir de ce point.

Dark Run a commencé comme une petite histoire centrée sur les personnages qui s’est transformée en une superproduction d’action à la fin, sans transition appropriée entre les deux. Dans cette histoire, Brooks fait un excellent travail pour créer une tension et établir les personnages qui sont importants pour les développements ultérieurs de l’histoire. Dès que l’équipage pose le pied sur Uragan, il y a une atmosphère oppressante et lourde, et les choses ne font qu’empirer et se tendre au fur et à mesure que l’histoire progresse jusqu’à ce qu’elle explose en une émeute ouverte. Nous sommes présentés à la fois à Murat et à Ricardo Moutinho très tôt dans l’histoire, et cela les rend tous deux plus fascinants. De même, l’équipe est divisée plus tôt, ce qui augmente les enjeux et la tension, car ils sont séparés à différents niveaux, sans aucun moyen de communiquer et en sachant qu’ils sont pris dans une situation très grave qu’ils n’ont pas vraiment le pouvoir d’influencer.

Uragan est une planète minière contrôlée par l’Étoile Rouge, qui semble être une fédération perdue de contrôle russe et chinois. En tant que telle, c’est une planète régie par la bureaucratie, les règles et l’ordre. D’après la description de la ville, elle est conçue et construite de manière strictement utilitaire, les gens sont tous fatigués et effrayés, et le gouvernement contrôle pratiquement toute leur vie. J’ai trouvé certaines des choses sur l’oppression de la planète russe un peu archaïque, mais compte tenu de ce qui se passe actuellement en Russie, cela n’a pas semblé trop tiré par les cheveux. Il était intéressant de lire sur une planète qui ne parle que le russe et utilise le cyrillien, et comment cela a affecté l’équipage, en particulier Ichabod qui ne le connaissait pas.

Une autre chose que j’ai vraiment appréciée en termes d’intrigue, c’est que la situation n’était pas noire et blanche et peinte en tant que révolution bonne, gouvernement mauvais. Il y avait beaucoup d’avantages et d’inconvénients des deux côtés, présentés par les personnages et le cadre lui-même. Même le point de départ de l’intrigue, à savoir l’insistance des Shirkov à être expulsés de la planète, dépeint une ville où, bien que les gens soient désespérés de partir, l’anéantissement complet de la structure sociale et gouvernementale aurait des conséquences désastreuses qui rendraient la vie des habitants encore pire. Ayant grandi dans un pays où les vestiges de cette peur sont encore bien réels et ressentis au quotidien, j’ai trouvé cet aspect très vrai. J’ai apprécié que Brooks ne dépeigne pas non plus les autres fédérations comme étant meilleures ; Ichabod était un pirate pour les Européens après tout, et le travail de Rooke pour les Nord-Américains consistait à fomenter des rébellions et des insurrections en territoire étranger, puis à les laisser être écrasées par les gouvernements pour marquer des points politiques.

Cela m’amène à parler des personnages. Comme je l’ai dit dans ma précédente critique, ce que je préfère dans cette série, ce sont les personnages. Je ne pense pas avoir déjà lu un livre où le personnage principal est de loin mon préféré, mais on peut dire qu’Ichabod est ce qui fait l’équipe Keiko pour moi. Il est jeté hors de son élément dans ce livre, car non seulement il est incapable de parler russe, mais il se retrouve également du côté de la loi pour une fois. J’ai aimé sa relation avec Murat, la façon dont il reconnaît que l’homme est capable et se soucie de son peuple, tout en cherchant constamment une issue pour lui-même et son équipe. J’ai également apprécié que Micah soit souvent mentionné, et que son absence affecte Ichabod à la fois sur le plan du caractère et de l’intrigue. De même, son secret a été évoqué, influençant certaines de ses décisions ainsi que la façon dont les autres personnages (notamment Aparna et Jenna) le perçoivent.

Ichabod est associé à Jia et Kuei dans ce livre, et Jia n’a pas beaucoup de moments pour briller. Elle a droit à une scène plutôt sympa avec son frère où ils se disputent sur le fait de négliger leurs parents, mais l’accent est surtout mis sur Kuei. Je ne me suis pas particulièrement attaché à lui. Je ne sais pas si c’est sa personnalité, car il est censé être un homme un peu lâche et passif agressif, mais Micah était passif agressif aussi, et je l’aimais. Je pense que Brooks ne sait pas vraiment quoi faire de lui, donc Kuei finit par avoir très peu de personnalité. Il est sous-entendu qu’il pourrait être gay, mais c’est une phrase tellement banale que je ne suis même pas sûre que ce soit intentionnel ou que je l’ai mal interprété.

Le personnage que j’ai beaucoup aimé dans ce groupe est Murat. Pour poursuivre sur le thème de la diversité des personnages, Murat est musulman, sur une planète de mineurs majoritairement russes orthodoxes. C’est un très bon personnage ; il est bon de bout en bout et j’ai beaucoup aimé son badinage avec Ichabod qui est la définition du chaotique neutre. C’est un homme qui se soucie de ses devoirs et de sa ville, il est intelligent mais aussi trop attaché à suivre les règles pour être réellement efficace dans son travail. Son changement de caractère à la fin était authentique et construit, et je suis heureux qu’il fasse partie du prochain livre.

Dans l’autre équipe, nous avons Rooke, Jenna et Aparna. J’adore Aparna, et dans ce livre, il est encore plus attachant. C’est un personnage si doux, malgré son tempérament, et j’ai adoré sa relation avec Jenna. Au début, je n’étais pas sûre d’aimer la direction que prenait leur relation, mais honnêtement, elle est si douce et semble très naturelle. Ce sont deux personnes qui ont passé toute leur vie à construire des murs et des attentes, alors se trouver l’un l’autre comme un réconfort et un soutien était très naturel. Il y a quelque chose de remarquable dans le fait que l’homme maori, grand et intimidant, soit autorisé à ne pas être seulement un bon personnage qui n’est pas seulement là pour la violence ou le soulagement comique, mais qu’il soit également autorisé à avoir une relation authentique, douce et romantique avec un autre personnage.
Jenna était le personnage que je préférais le moins dans le premier livre, et dans celui-ci, je n’arrive toujours pas à me défaire du sentiment qu’elle est un peu trop parfaite. Brooks essaie d’équilibrer cela en la rendant maladroite et plus qu’un peu snob et pleine de préjugés, ce qui est bien, même si j’aurais pu me passer de ses crises de colère. J’aime le fait qu’il soit très clair que son personnage prend de l’assurance, et je suis curieuse de découvrir ce qui s’est passé avec le Circuit pour qu’elle leur soit si hostile.
Rooke est le dernier membre de la distribution principale, et j’ai vraiment apprécié que nous puissions la voir davantage dans ce livre. Elle était bien dans le premier tome, mais elle semblait toujours un peu trop parfaite et impénétrable en tant que personnage. Ici, nous la voyons fatiguée, faire des erreurs et s’investir dans la rébellion, malgré ses intentions et son meilleur jugement. Le fait qu’elle s’introduise dans le bâtiment de diffusion par le tuyau m’a rappelé la scène où Inej escalade l’échappement dans Six of Crows, ce qui est approprié puisque les deux personnages sont similaires. J’ai apprécié que le livre reconnaisse l’âge du personnage, surtout pour elle, mais les meilleurs moments ont été ses plaisanteries avec Moutinho.

Il est logique que le faire-valoir d’Ichabod soit un contrebandier brésilien qui parle portugais et russe et qui a couché avec Rooke. Moutinho était une explosion, un personnage complètement fourbe et égoïste que j’ai néanmoins beaucoup apprécié. Il n’a pas l’occasion de se confronter à Ichabod et passe une grande partie du livre à contrarier Rooke et à essayer de convaincre Jenna de changer d’équipe, mais j’attends avec impatience l’inévitable confrontation dans un prochain livre.

Note : 9,5/10

Éditeur ‏ : ‎ Fleuve éditions (20 mai 2021) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 368 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2265118400 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2265118409

Dark run – 20 mai 2021 de Mike BROOKS

Ichabod Drift est le capitaine beau-parleur et charmeur de la Keiko et de son équipage de mercenaires. Tous sont les meilleurs dans leur domaine : Jia la pilote et son frère Kuai, mécanicien, la jeune hackeuse Jenna, l’ancien chef de gang maori Apirana ou encore la redoutable et énigmatique tueuse Rourke.

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Chronique : Dark Run de Mike Brooks est un roman d’aventure de science-fiction qui a d’abord fait ses débuts au Royaume-Uni à l’été 2015 avec des critiques plutôt bonnes, et j’ai été agréablement surpris lorsque j’ai remarqué que le livre et sa suite Dark Sky étaient tous deux disponibles aux États-Unis en format audio.

Après avoir terminé le livre moi-même, je dois dire que ces comparaisons sont assez justes. Dark Run suit les exploits de l’équipage du Keiko, mené par son audacieux capitaine Ichabod Drift. Un jour, un vieil ami vient frapper à la porte et Drift se voit confier une mission qu’il ne peut refuser, littéralement. Sous peine de mort, il est contraint de récupérer une mystérieuse cargaison et de la livrer à un endroit de la vieille Terre à une date et une heure bien précises. Toute cette histoire de contrebande est louche, mais Drift n’a pas le choix. Afin de protéger ses amis de son passé, il devra également garder secrète l’identité de son employeur. Bien sûr, cela ne convient pas du tout à l’équipage du Keiko, bien qu’avec la somme d’argent qu’ils reçoivent, Drift sait qu’ils seront heureux de laisser tomber… pour le moment.

Le calme ne dure pas. Alors que le Keiko s’approche de son point de chute sur Terre, les plans soigneusement élaborés tombent à l’eau et l’équipage se retrouve face à un sérieux dilemme. Non seulement Drift doit faire la lumière sur leur mission, mais il vient peut-être de les mettre tous en grand danger. Des tensions apparaissent alors que de vieilles histoires remontent à la surface, mais l’équipage du Keiko pourra-t-il les surmonter afin de se venger d’un nouvel ennemi impitoyable ?

Il est vrai que l’intrigue et les personnages de Dark Run sont assez stéréotypés, mais ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose. Après tout, ce n’est pas pour rien que certaines formules ont du succès, et ce livre s’inscrit parfaitement dans la sous-catégorie des  » westerns spatiaux  » de la science-fiction, dont il emprunte largement les thèmes et les tropes. Il y a les pirates, les contrebandiers et les découpeurs, l’action à l’arme blanche et les manœuvres spatiales audacieuses. La majeure partie de l’histoire se déroule également dans des décors sordides et anarchiques, tels que des repaires de courtiers en informations, des bars miteux, des marchés de mercenaires et même des clubs de combat clandestins.

Cependant, les personnages sont le principal attrait du jeu. Bien qu’ils soient les archétypes typiques d’une équipe de braqueurs, ils sont intéressants et amusants. Ichabod Drift est le capitaine, un homme énigmatique à l’attitude désinvolte qui dirige néanmoins un navire étroit. Il essaie d’échapper à une sombre histoire personnelle, mais c’est aussi le cas de la plupart des membres de l’équipage du Keiko. Ils ont même une règle à bord : Ne pas parler de son passé.

Cela convient parfaitement à leur nouvelle trancheuse, une jeune femme nommée Jenna qui a été recrutée pour ses incroyables compétences techniques et son talent pour s’introduire dans n’importe quel système. Après Drift, elle a eu le plus de sections POV. Vient ensuite Tamara Rourke, une spationaute expérimentée qui protège son passé plus farouchement que quiconque à bord, y compris leur capitaine. L’origine de Rourke est un mystère, mais après avoir travaillé ensemble sur de nombreux projets au fil des ans, Drift lui fait implicitement confiance. Elle est également très intelligente et supervise souvent les détails de toutes leurs opérations. Si Rourke est le cerveau, Apirana est le muscle, un grand Maori au cœur tendre qui vit dans la crainte constante qu’un jour son tempérament intense et terrible ne prenne le dessus et ne lui fasse faire quelque chose qu’il regrettera. Viennent ensuite les frères et sœurs Jia et Kuai, l’un étant un as du pilotage et l’autre un maître mécanicien. Enfin, nous avons notre expert en armes, un mercenaire du nom de Micah qui aime tout ce qui explose.

C’est le genre d’ensemble de personnages que j’ai déjà vu à plusieurs reprises, mais heureusement, leurs particularités individuelles les rendent aussi très attachants. Chaque personne apporte quelque chose d’unique à l’histoire, qui est rythmée et pleine de rebondissements. Cependant, je pense que j’ai préféré la première moitié du livre à la seconde, car alors que le début contenait tout le mystère et la tension, les dernières parties étaient plus axées sur les discussions, la planification et la vengeance. L’ensemble de l’histoire est solide, mais personnellement, j’ai toujours eu tendance à préférer les parties où il y a plus d’anticipation plutôt que l’action proprement dite.

En parlant de cela, je suis très intéressé par les futures aventures de l’équipage du Keiko. J’adorerais revoir ces personnages une nouvelle fois, je suis très intéressé par les futures aventures de l’équipage du Keiko. J’adorerais revoir ces personnages et en apprendre davantage sur leur passé. Dans l’ensemble, Dark Run a été une lecture divertissante et rapide, remplie d’action de science-fiction amusante.

Note : 9/10

  • Éditeur ‏ : ‎ Pocket (20 mai 2021)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Poche ‏ : ‎ 448 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 226630707X
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2266307079

Les Bras de Morphée – 20 mai 2021 de Yann BECU

Voici un futur proche où l’on veille en moyenne quatre heures par jour à cause d’un étrange virus. En amour, à l’école, au travail, la routine a forcément l’allure d’un sprint : faire vite, faire court, ne pas trop ramener sa fraise…

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Chronique : On parle d’une pure pépite qui se permet toutes les impertinences. Calembours à tout va, 4e mur brisé à coups de burin, fourmillement d’idées avec l’originalité d’un gamin de 7 ans sous speed, course contre le montre sur toile de récit sf novateur et hybride rédigé avec la classe stylistique des plus grands auteurs classiques…
Une intrigue de base très intéressante, qui ne m’a pas parue exploitée jusqu’au bout. Tant pis, on se contentera de l’humour omniprésent, d’un personnage principal aussi détestable que loufoque et d’un scénario particulièrement original qui apporte beaucoup plus de questions que de réponses. Tout cela donne une lecture très agréable qui provoque le rire autant que la réflexion.

Note : 8/10

Éditeur : Pocket (20 mai 2021) Langue : Français Poche : 368 pages ISBN-10 : 2266314238 ISBN-13 : 978-2266314237