Le rêve des chevaux brisés de William Bayer, dites moi tout

Voilà un polar comme on aimerait en lire plus souvent. Un récit dense qui met à l’honneur des personnages fouillés, une intrigue solide qui emprunte à la tragédie antique et à Shakespeare.

William Bayer est considéré, à raison, comme un maître du roman noir. Sa narration introspective est la meilleure manière de découvrir les mystères de la ville de Callista et les méandres du double meurtre non résolu du Flamingo hotel. Il tisse lentement, mais avec brio, une intrigue dense où chaque personnage verra son portrait être ciselé par une plume aguerrie.

À commencer par son personnage principal, David Weiss, en quête de réponse avant tout pour lui-même et dans l’espoir de trouver une forme de rédemption. Hanté par une culpabilité enfouie et miné par l’idée que son père a pu être impliqué dans cette sanglante affaire. C’est un plaisir que de le suivre durant sa plongée dans les plus noirs secrets de Callista.

On a également droit à un portrait saisissant de l’une des victimes. Rarement un personnage défunt aura eu droit à une psychologie aussi travaillée, aussi détaillée. Un régal de lecture qui passe par des passages un peu plus sec en matière de narration.

Car l’auteur a fait le choix de l’exhaustivité pour donner corps à son récit. Certains chapitres, en plus d’être long, peuvent paraître arrides à la lecture. David lit tout simplement des rapports d’enquête dans l’un et un troublant dossier de thérapie dans l’autre. Mais cela sert le récit, il faut donc se montrer patient  et consciencieux dans la lecture.

l’air de rien le récit soulève de nombreux thèmes fort intéressants, tel que la quête d’une image paternelle, la culpabilité  imprescriptible, la sexualité débridée, le traitement médiatique des affaires criminelles et tant d’autres encore.

Bien plus qu’un énième polar, le rêve des chevaux brisés est un formidable récit d’un fils en quête de réponse, d’un homme en quête de rédemption enrichi par un traitement psychologique fascinant des personnages.

Résumé : Dans une ville du Midwest, par un après-midi torride, un homme et une femme sont en train de faire l’amour dans une chambre de motel quand, soudain, la porte s’ouvre. Une silhouette se profile. Suit une double détonation… Les deux victimes sont Barbara Fulraine, égérie de la haute société, et son amant Tom Jessup, modeste professeur. Comment cette grande bourgeoise a-t-elle pu finir d’une façon aussi sordide ? Qui a tué les deux amants ? Vingt-six ans après les faits, le dessinateur judiciaire David Weiss revient dans cette ville où il a grandi, à l’occasion d’un procès. Il va tenter de trouver une réponse à ces questions qui n’ont cessé de le hanter. Une quête dont il ne sortira pas indemne.

Éditeur ‎EDITIONS PAYOT & RIVAGES (8 février 2017)
Langue ‎Français
Poche ‎496 pages
ISBN-10 ‎2743638737
ISBN-13 ‎978-2743638733

L’épouse et la veuve de Christian White, quand l’auteur se joue de nous

Loin de la course au récit sensationnel, criblé de twist au point d’en perdre toute crédibilité, dont la production de polar actuelle semble  s’être fait le digne représentant Christian White tisse son récit à la narration minutieuse et propose un divertissement sans prétention.

Pour l’auteur il s’agit d’happer son lecteur dans une intrigue dont il tire les ficelles avec une habilité remarquable. Sans même pas que l’on s’en rende compte on est captivé par cette histoire de disparition.

L’auteur prend bien soin de ne pas trop en faire, son récit est la limite du polar domestique, il y a un nombre réduit de personnages, chaque chapitre délivre son lot de révélations et d’indices. Le travail sur l’ambiance et l’atmosphère est réduit au minimum et la plume est terriblement scolaire. L’auteur se concentre sur l’essentiel afin de laisser le champ libre à son jeu narratif.

Et bien malin qui celui qui ne se laissera pas prendre au piège de cette narration ciselé. L’auteur réussi son coup, le tout sans s’embarrasser de superflu. Pas de surenchère gore, pas de serial killer croque-mitaine qui serait partout à la fois, pas de portrait psychologique forcé et maladroit. On pourra reprocher à l’auteur de tout miser sur sa narration au détriment de la profondeur psychologique mais il se contente de faire ce qu’il sait faire et c’est très bien ainsi.

White offre donc au lecteur un récit rondement mené qui offre un divertissement honnête à la manière d’une Agatha Christie moderne.

Résumé : L’île de Belport, au large de l’Australie, est un lieu dont on ne revient pas indemne. Abby y vit depuis longtemps. Passionnée de taxidermie, elle est mariée à Ray, avec qui elle a un fils et une fille. Kate, mère d’une petite fille, est venue de Melbourne pour élucider la mystérieuse disparition de son mari. Sans imaginer que sa famille est liée à Abby par un terrible secret enfoui au coeur de ce décor ensorcelant, et qui menace d’anéantir tout ce que l’épouse et la veuve croyaient savoir sur les hommes de leur vie.

Éditeur ‎Albin Michel (1 septembre 2021)
Langue ‎Français
Broché ‎336 pages
ISBN-10 ‎2226452079
ISBN-13 ‎978-2226452078

Green Man de David Klass, Emergency on planet earth

Cela doit nous arriver à tous d’apprécier une lecture sans pour autant adhérer au propos développé par l’auteur. C’est en tout cas ce qui m’est arrivé avec la lecture de cet éco-thriller.

Le récit est construit comme un véritable thriller. La plume est tournée de manière à ce que l’on dévore les chapitres s’en rendre compte. Le principe même du page-turner. La caractérisation des personnages est tout aussi simple et efficace. L’auteur prend un trait de caractère et l’applique sur le personnage sans aucune nuance, constituant ainsi une galerie de personnages assez terne et sans relief, jusqu’ici la recette du thriller grand public est appliquée avec assiduité mais sans enthousiasme ni malice.

La pointe d’originalité de l’ouvrage vient de la volonté de l’auteur à humaniser son antagoniste principal. Véritable double littéraire de l’auteur, la volonté terroriste en moins, Green Man est le personnage principal de l’intrigue. L’auteur expose, de manière très scolaire, ses motivations, son engagement écologique et ses liens familiaux. À côté la traque pour faire cesser ses agissements paraît moins palpitante, trop aisée.

Car c’est là que se situe l’essence de l’ouvrage. Il ne s’agit pas tant d’un thriller addictif que d’un manisfeste alarmiste sur l’état de notre planète. Entendons-nous bien, l’écologie est un sujet qui me touche énormément mais je doute que les prédications apocalyptiques soient le meilleur moyen de faire évoluer les consciences. En cela la fin m’a paru naïve, comme si le terrorisme pouvait entraîner un réveil des masses populaires.

En bon américain, l’auteur globalise l’action écologique, omettant que la préservation des écosystèmes est complexe et mérite une nuance dans le discours afin de dégager des solutions viables pour tous. Ce n’était pas le propos de l’auteur mais en 2021 je ne supporte plus d’entendre ce genre de discours anxiogène et contre-productif.

Green Man est un thriller correct mais j’aurais voulu entendre un discours plus constructif plutôt qu’une ode à la destruction. Ce n’est pas réduisant des sites pollueurs en cendres que l’on s’en sortira.

Résumé :

Un génie du crime orchestre des attentats spectaculaires et le nombre de ses victimes est affolant. Son nom ? Green Man. Son projet dément est de sauver la vie sur la planète en éradiquant les humains qui la martyrisent. Le compte à rebours est lancé et l’horloge de l’Apocalypse sonnera bientôt le dernier minuit sur Terre.
Tic-tac. Tic-tac. Tic-tac. Tom, jeune recrue du FBI, partage les convictions écologiques de Green Man. Lui seul peut comprendre les méandres de son esprit retors et empêcher l’embrasement final.
Tic-tac. Tic-tac. Tic-tac.

ASIN ‎B092P6WVLH
Éditeur ‎Les Arènes (23 septembre 2021)
Langue ‎Français
Broché ‎436 pages
ISBN-13 ‎979-1037502988

Les ombres du désert de Parker Bilal, perdus dans les dunes…

La dernière page de Meurtres rituels à Imbaba s’achevait sur les images du World trade center en train de s’effondrer. Ce qui promettait une ambiance paranoïaque et explosive pour ce troisième volume des enquêtes de Makana. Las l’auteur a refroidi les attentes avec une intrigue qui s’éparpille beaucoup trop.

Les problématiques qui secouent l’Égypte et qui pourraient donner un bon polar ce n’est pas sa qui manque. Entre le sexisme d’état et religieux, la corruption rampante et la lutte contre le terrorisme, le Moyen-Orient est une mine d’or pour les conteurs d’histoires sombres. Le problème c’est que l’auteur a jugé bon de tous les incorporer à son récit. Créant ainsi un enchevêtrement d’intrigues qui se rejettent entre elles, rendant le récit inutilement complexe.

De plus l’auteur ne parvient pas à instaurer une véritable atmosphère dans ce village perdu de Siwa où l’on suit Makana qui pose des questions auxquelles les habitants répondent de manière évasive. On s’ennuie le temps que l’enquêteur rassemble les pièces du puzzle, le tout pour une intrigue qui se révèle prévisible sur bien des aspects.

Enfin c’est la première fois depuis que j’ai commencé à lire ses enquêtes que le caractère placide de Makana m’a paru incompréhensible, il est bien trop souvent spectateur de drames qu’il aurait pu éviter. Signalons aussi qu’il a tendance à se sortir indemne de situation épineuse de manière un peu trop aisée.

Une saga qui vaut toujours le détour de par le dépaysement qu’elle offre mais ce troisième opus se perd dans les dunes sableuses et fait miroiter une intrigue palpitante qui ne s’amorce que bien trop tard.

Résumé : Début 2002, peu après le 11-Septembre. Alors que les Israéliens assiègent Ramallah, une forte tension agite les rues du Caire, où Makana file tant bien que mal la Bentley de Me Ragab, que sa femme pressent d’adultère. En réalité, l’avocat va voir sa protégée, Karima, une jeune fille gravement brûlée dans l’incendie de son domicile. La police croit à un accident, il soupçonne un crime d’honneur commis par le père de la victime, un djihadiste en cavale. Makana se rend à Siwa, oasis à la lisière du désert libyen, pour se renseigner sur la famille de Karima, mais il s’y heurte à l’hostilité des autorités, qui appliquent la loi à leur manière et se méfient des étrangers. Pire, il est accusé de deux meurtres barbares qui l’éclairent sur une donnée majeure de l’équilibre local : la présence de gisements de gaz…

Éditeur ‎Le Seuil (2 février 2017)
Langue ‎Français
Broché ‎432 pages
ISBN-10 ‎2021238083
ISBN-13 ‎978-2021238082

Noir d’Espagne de Philippe Huet, Enserrés dans les griffes de l’histoire

Enserrés dans les griffes de l’histoire

Doté d’un style vif et délicieusement rétro, et d’une retranscription convaincante d’une époque trouble cet ouvrage est une fort bonne lecture mais pas pour les raisons auxquelles je m’attendais.

L’auteur dynamite son récit à l’aide d’une plume canaille, parsemé de termes argotiques désuet mais extrêmement revigorant, dotée de fulgurances humoristique bienvenue. Ce style est une vitrine idéale pour partir à la découverte d’une époque complexe que l’auteur fait apparaître ici dans toute sa fougue hargneuse et sa passion sanguinaire.

Dommage que cela ne soit pas au service d’une intrigue plus ambitieuse. Peut-être est-ce le fait que l’ouvrage s’inscrit dans une saga qui prouvera toute sa dimension une fois achevée mais en l’état j’ai trouvé le récit un peu plat, l’intrigue met du temps à démarrer et ne décolle jamais vraiment. J’ai cru assister à une chronique de la guerre civile espagnole alors qu’il ne s’agit en réalité que de l’une de ses pages sanglantes et misérables.

Là où je m’attendais à vibrer pour deux personnages ballotter dans les affres de la guerre civile espagnole je me suis retrouvé à prendre plus de plaisir à suivre les chapitres consacrés à Hortense, la fiancée de l’un des personnages principaux, plutôt que le personnage en question, qui m’a paru fade, atrabilaire et dépourvu de l’énergie galvanisatrice qui parcourt le récit. Espérons que l’on retrouvera Hortense et sa famille dans la suite de la saga et dans un rôle plus conséquent.

Un récit qui ravira par sa gouaille réjouissante, ses dialogues truculents et sa peinture d’une époque impitoyable plus que pour ces deux personnages principaux un peu en décalage avec le reste du récit.

Résumé :

Le Havre constitue la principale escale des navires qui ravitaillent en armes la République espagnole. Parmi les dockers locaux, Marcel Bailleul, qui ne dort plus depuis l’assassinat de son père Victor. Après avoir finalement découvert que le meurtrier a passé la frontière et rejoint les rangs de l’armée franquiste, Marcel cherche à s’enrôler dans les brigades internationales. Pour retrouver cet homme et venger son père. Par ailleurs, le journaliste Louis-Albert Fournier, envoyé spécial du Populaire en Espagne, se voit le destin d’un Hemingway. Mais pour l’un comme pour l’autre, quand les bombes pleuvent et que le sang coule, assouvir une vengeance ou des rêves de gloire semble bien dérisoire…

Éditeur ‎EDITIONS PAYOT & RIVAGES (2 juin 2021)
Langue ‎Français
Broché ‎352 pages
ISBN-10 ‎2743653043
ISBN-13 ‎978-2743653040

L’homme aux murmures d’Alex North, qui a peur du grand méchant loup ?

Je trouve de moins en moins satisfaction dans la lecture de ces thrillers grand public formatés pour plaire aux plus grands nombres, qui jouent sur les codes du fantastique et du polar sans rien proposer de nouveau. La lecture de l’homme aux murmures me conforte dans cet avis.

Le style déjà, j’en n’en attendais rien de particulier mais là j’ai eu l’impression que la plume sortait tout juste d’un atelier d’écriture. C’est propre, c’est net mais c’est aussi lisse et impersonnel qu’une chanson de Calogero. C’est très efficace par contre, l’immersion est aisée mais on m’aurait dit que c’était un robot qui l’aurait écrit je n’en aurais pas été surpris.

L’histoire est sympathique sans plus. Pendant ma lecture, je n’arrêtais pas de me dire que j’étais devant un téléfilm policier formaté. Ce n’est pas mauvais mais c’est complètement oubliable. La partie enquête semble prometteuse mais retombe comme un soufflé passé le milieu du récit. Quant à la partie suspens mâtinée de fantastique qui met en scène Tom et son fils, elle est dispensable et joue sur le thème soft-fantastic qui devient un effet de mode assez horripilant, sans que cela amène quoi que ce soit à l’intrigue.

Quant à la fin, elle est ratée. Autant je veux bien reconnaître une certaine efficacité au reste du récit autant la fin est brouillonne, expédiée et inutilement nébuleuse.

Pour mon bien-être, et celui des gens qui me suivent et aiment peut-être ce genre de récit, je pense qu’il va vraiment falloir que je cesse ce genre de lecture mais pour ma défense ce n’est pas toujours facile de repéré quel thriller ont été doté d’une âme par leur auteur et quels autres sortent d’une chaîne de fabrication uniforme.

Résumé : Un écrivain veuf, Tom, et son fils de 8 ans, Jake, emménagent dans une nouvelle ville. Featherbank. Si charmante et calme en apparence. Où vingt ans plus tôt, un serial killer a été arrêté après avoir tué plusieurs enfants. On l’appelait l’Homme aux murmures. Des murmures que Jake a entendus. A la porte de sa maison. Et si tout recommençait ?

Éditeur ‎Le Seuil (5 mars 2020)
Langue ‎Français
Broché ‎400 pages
ISBN-10 ‎2021417077
ISBN-13 ‎978-2021417074

L’enfant du silence d’Abigail Padgett, la fureur d’une guerrière

C’est parfois dans les vieux récits que l’on fait les meilleures histoires. Les @editionsrivages ont eu l’excellente idée de rééditer ce polar sorti en 1993. Ne prenez pas ombrage de son âge ce polar est, par certains aspects plus modernes que d’autres productions plus récentes et qui se veulent tendance.

Un personnage décalé et légèrement bordeline est tout ce qu’il fallait à ce récit pour être une bonne lecture. Le personnage de Bo est un régal pour tous les passionnés de lecture, une âme altruiste qui traîne derrière elle le fantôme de sa sœur, son lourd traitement contre ses troubles mentaux et sa tendance à ne pas savoir quand fermer sa bouche. Une battante qui gère ses démons comme elle peut. Le genre de petit bout de femme que l’on préfère avoir avec soit que contre soit.

La plume de l’auteure, qui, de par son expérience personnelle, sait de quoi elle parle, est le second atout du récit. Lorsque l’esprit de Bo commence à dérailler la plume se fait frénétique, les mots pulsent comme une veine qui bat. Au contraire lorsque le brouillard de sa maladie l’embrume la plume ralentie et se fait vaporeuse sans que jamais le rythme du récit n’en pâtisse.

Ajoutons à cela une évocation de la culture amérindienne et une plongée dans la réalité quotidienne des travailleurs sociaux et vous obtiendrez une excellente lecture qui souffre juste d’une intrigue prévisible. Espérons que les prochaines aventures de Bo proposeront plus de surprises à ce niveau-là.

Une excellente lecture, portée par un personnage originale et un traitement tout en finesse d’un trouble mental encore assez méconnue à l’époque.

Résumé : Un enfant de quatre ans, de race blanche, a été retrouvé sur la réserve indienne des Barona, dans une bâtisse inhabitée, à cinq heures trente du matin. Il était attaché à un matelas par une corde à linge. Bo Bradley, du service de protection de l’enfant, a été chargée de son dossier.

Éditeur ‎EDITIONS PAYOT & RIVAGES (20 octobre 2021)
Langue ‎Français
Poche ‎272 pages
ISBN-10 ‎274365466X
ISBN-13 ‎978-2743654665

Le jour où Kennedy n’est pas mort de R.J. Ellory, God blesse america

Ellory fait partie de mes auteurs favoris. Sa plume dense et mélancolique donne corps à des personnages profonds, abîmés par la vie et des récits noirs où l’âme humaine se confronte à ses propres ténèbres.

La perspective de le voir se tourner vers la dystopie avec ce thriller journalistique qui imagine que l’attentat de 1963 à Dallas n’a pas coûté sa vie à JFK avait de quoi me réjouir. Finalement l’aspect dystopique reste très secondaire dans le récit et permet surtout à l’auteur de teinter son récit d’un cynisme mordant sur les coulisses de la politique américaine.

L’intrigue connaît des débuts laborieux. En effet, en une soixantaine de pages et une dizaine de chapitres, l’auteur introduit un nombre conséquent de personnages, dont certains que nous ne reverrons pas par la suite. Puis l’enquête de Mitch commence enfin et le récit trouve son rythme de croisière.

Le personnage de Mitch Newman est, encore une fois, une grande réussite. Un homme torturé par ses actions, hanté par l’image d’un amour maudit, pétri de regrets et de remords. Le suivre tout au long de son enquête est un réel plaisir et offre les meilleurs chapitres du livre. Une enquête qui se passe d’action mais reste palpitante si l’on aime lever, petit à petit, le voile de mystère qui entoure la mort de son ex-fiancée.

À côté les passages qui s’immiscent dans les rouages pervers de la politique américaine apportent un éclairage intéressant sur le personnage de JFK pour peu que l’on ne se soit jamais penché sur l’histoire de ce monument de l’histoire américaine.

La conclusion du récit s’est révélée trop classique aux vues des promesses initiales. Une déception qui ne doit pas entacher le fait que l’auteur a, encore une fois, livré un thriller de bonne facture mais à qui il manque peut-être un soupçon d’originalité pour un faire une référence dans le domaine du thriller politique.

Résumé : C’est l’une des histoires les plus connues au monde – et l’une des plus obscures. Le 22 novembre 1963, le cortège présidentiel de John F. Kennedy traverse Dealey Plaza. Lui et son épouse Jackie saluent la foule, quand soudain…
Quand soudain, rien : le président ne mourra pas ce jour-là. En revanche, peu après, le photojournaliste Mitch Newman apprend le suicide de son ex-fiancée, Jean Boyd, dans des circonstances inexpliquées. Le souvenir de cet amour chevillé au corps, Mitch tente de comprendre ce qui s’est passé. Découvrant que Jean enquêtait sur la famille Kennedy, il s’aventure peu à peu dans un monde aussi dangereux que complexe : le cœur sombre de la politique américaine.

Éditeur ‎Sonatine (4 juin 2020)
Langue ‎Français
Broché ‎432 pages
ISBN-10 ‎2355847959
ISBN-13 ‎978-2355847950

Inestimable – 14 octobre 2021 de Zygmunt MILOSZEWSKI

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À Varsovie, le couple Zofia et Karol doit faire face à un quotidien compliqué. Zofia a été licenciée du musée national pour raisons politiques et Karol est atteint d’une maladie neurodégénérative qui efface ses souvenirs rattachés aux émotions fortes.

Chronique : Oh, comme j’aime de telles aventures. Et même si j’ai commencé par le deuxième tome de la série, cela ne m’a pas empêché d’apprécier la lecture du tout.
Et je vais certainement rattraper le premier tome prochainement.

Tout commence au début du XXe siècle avec Benedykt Czerski, un scientifique et ethnographe, qui revient après des années d’exil en emportant avec lui un artefact inestimable qui cache le secret de la longévité. Malheureusement, l’artefact disparaît avec le suicide de Czerski.
Après de nombreuses années, Bogdan Smuga, un scientifique déterminé qui a sa propre vision du sauvetage du monde, tente de retrouver l’artefact et l’héritage de Czerski.
Il implique le professeur Zofia Lorentz, une historienne de l’art qui vient d’être renvoyée de son poste de conservatrice du Musée national, tandis que son mari se bat contre une mystérieuse maladie qui lui vole ses souvenirs.
Dans son désespoir, Zofia se lie avec Smuga, bien qu’il lui cache certainement quelque chose.
Mais dans la lutte pour le sort de la Terre et la survie de l’humanité, il est parfois possible de se perdre.

Il y a de l’aventure, des sensations, de l’action rapide et quelque chose qui vous fait réfléchir sur l’ordre du monde moderne. Ça arrive, ça arrive.

Il est intéressant de noter que le personnage de Benedykt Czerski a été inspiré par Bronisław Piłsudski, un exilé et ethnographe polonais qui a étudié les peuples et les cultures d’Extrême-Orient, principalement les Aynesians vivant à Sakhaline. Bronisław était également le frère de Józef Piłsudski.

Une excellente lecture pour ceux qui aiment l’aventure, les voyages, l’action constante et les théories du complot. Un roman parfait pour l’époque dans laquelle nous vivons actuellement.

Note : 9,5/10

Éditeur ‏ : ‎ Fleuve éditions (14 octobre 2021) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 496 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2265155209 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2265155206

Mirrorland – 26 août 2021 – de Carole JOHNSTONE

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Cat est partie s’installer à Los Angeles, loin de sa ville natale d’Edimbourg, et de sa sœur jumelle, El, dont elle est sans nouvelles depuis de longues années. La première partie de sa vie semble effacée de sa mémoire. Mais le jour où elle apprend la disparition inquiétante de sa sœur, elle décide de rentrer en Ecosse.

Chronique : Mon cerveau est en feu ! Mes chères cellules grises trop cuites réduites en cendres ! Un autre thriller stimulant et stimulant est prêt à vous surprendre avec des rebondissements compliqués !

Nous avons un narrateur peu fiable pour nous raconter une histoire complexe, effrayante, délirante, qui glace le sang, avec un thème de maison gothique, sombre, claustrophobe, qui danse avec un mélange de réalisme magique, de thriller psychologique et de mystère !

Les jumelles El et Cat ont créé un monde appelé Mirrorland jusqu’à ce que ce monde commence à les menacer et à les engloutir entièrement. Il était une fois, elles marchaient main dans la main, effrayées, transies de froid et pleurant dans un port écossais d’Édimbourg pour attraper le dernier bateau pirate. Au cours de la même nuit, leurs vies ont complètement changé.

Nous avançons dans le temps : 12 ans plus tard, Cat, qui a déjà refait sa vie en Californie, est obligée de retourner dans la maison de son enfance. La maison a été achetée par El et son mari Ross car El obtient toujours ce qu’elle veut, y compris enlever Ross à Cat avec ses actes théâtraux comme des menaces de suicide.

Les sœurs ont cessé de se parler pendant 10 ans et maintenant El a disparu, présumée morte, ce que Cat ne croit pas depuis le début. Elle connaît sa sœur plus que quiconque et doit découvrir où elle se cache et ce qu’elle essaie de faire en la ramenant dans la maison des horreurs.

Dès que Cat retourne dans la maison de son enfance, ses souvenirs torturés commencent à réapparaître dans son esprit. Mais les choses qu’elle raconte semblent déformées, délirantes. Elle reçoit des messages de menace de la part de quelqu’un et, au fur et à mesure qu’elle creuse, elle croit que sa sœur est peut-être vivante !
Nous ne pouvons pas décider si ses paroles sont exactes ou si elle ment car son esprit flou a du mal à faire la différence entre la réalité et le rêve. Elle réalise finalement que revenir à l’endroit où tous les cauchemars de sa vie ont commencé est le choix le plus dangereux qu’elle ait fait et qu’elle risque maintenant de le payer de sa vie.

Une histoire définitivement complexe, qui fait griller les neurones, qui engourdit l’esprit, qui se superpose, qui est sombre, intelligente et épuisante, qui vous donne l’impression de vous perdre dans les labyrinthes de vos peurs les plus sombres sans pouvoir en sortir !

Ce n’était pas une lecture facile : des nuages de fumée s’élèvent encore au-dessus de ma tête ! Il faut faire attention aux détails et aux significations profondes derrière les histoires magiques des jumeaux. J’ai coupé certains points car certaines parties et représentations du livre m’ont fatigué. Mon esprit a fait des heures supplémentaires pour mettre les pièces du puzzle aux bons endroits.

Wow ! Mes cellules grises me font encore mal mais je suis sûr qu’après avoir lu ce livre, elles ne seront pas rouillées comme l’a conseillé M. Poirot.

Note : 9/10

Éditeur ‏ : ‎ Fleuve éditions (26 août 2021) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 448 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 226515475X ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2265154759