Le problème avec la paix l’âge de la folie de Joe Abercrombie,

Il n’est pas toujours facile, pour les auteurs, de trouver le ton adéquat pour narrer les histoires qui leur trottent dans la tête. Tant a déjà été fait, qu’il peut paraître ardu de proposer quelque chose de neuf.

Joe Abercrombie a choisi lui. Ses saga déploient un ton caustique, acide et sarcastique qui dépoussière le genre. On pourrait lui reprocher d’avoir trouvé une formule qu’il réitère depuis sa première trilogie, La première loi. Mais lorsqu’on aime on est rarement rassasié.

Toute la force des récits d’Abercrombie repose sur le dynamisme des dialogues, à coups de sous-entendus grinçants, de menaces voilées, de répliques lapidaires. Pour qui aiment les échanges construits sous forme de ping pong narratif, les dialogues sont comme une boîte de bonbons acides, ça pique la langue mais on en redemande.

Des dialogues qui sont servis par des personnages à la psychologie travaillée. L’auteur met en scène une galerie de personnages névrosés, à la morale ambivalente, aux actions contradictoires. Le récit ne comporte pas vraiment de héros ni d’antagoniste clair, du moins pour les personnages principaux. De véritables paradoxes ambulants emportés par le fleuve de l’Histoire.

Là où d’autres auteurs vont déplacer leurs pions lentement sur leur échiquier, dévoiler progressivement les desseins des protagonistes, Abercrombie lui place le lecteur au coeur de l’échiquier. On assiste en direct aux trahisons, aux réunions secrètes des comploteurs, aux décisions unilatérales qui entraînent la mort de milliers d’innocents. L’impression d’être au cœur d’une trame tentaculaire où chaque pion dissimule une paire de poignards n’a jamais été aussi forte.

Puis, alors que chaque pièce est à sa place, voilà que l’auteur sonne l’alalie. Les armées s’entrechoquent et le sang commence à couler dans une sarabande mortelle où l’auteur convient le lecteur à assister à un massacre impitoyable à hauteur d’homme. Un passage obligé dans les récits d’Abercrombie et qui est toujours aussi jouissif.

Le verbe acide et la profondeur des personnages font de cette saga un incontournable de la fantasy. Des atouts qui font oublier la pauvreté des descriptions et l’absence de carte.

Résumé : Ancienne reine des affaires à Adua, Savine dan Glokta a tout perdu lors des émeutes de Valbeck. Sa fortune, son flair et sa réputation… Il ne lui reste plus que son ambition et une solide absence de scrupules.

Pour un héros de guerre comme Leo dan Brock, la paix est une source d’ennui et de frustration. Mais avant de repartir au combat, il lui faut forger des alliances… et la diplomatie n’est pas son fort. Pendant ce temps, son amie Rikke lutte pour maîtriser son don maudit – avant qu’il finisse par avoir sa peau.

Fraîchement couronné, Orso doit avant tout se garder des coups de poignard que lui réservent ses « partisans ». Sans pour autant négliger ses ennemis désireux de libérer le peuple de ses chaînes, les nobles, concentrés sur leurs intérêts privés, ou encore les créanciers qui l’attendent au tournant de la dette.

L’ancien temps est mort et ses monarques avec. Les nouveaux découvriront vite que rien n’est éternel. Ni les pactes, ni les allégeances… ni la paix.

ASIN ‎B09HJX6ZQ8
Éditeur ‎Bragelonne (5 janvier 2022)
Langue ‎Français
Broché ‎624 pages
ISBN-13 ‎979-1028112202

Test Blu ray: Dune Timothée Chalamet (Acteur), Rebecca Ferguson (Acteur), Denis Villeneuve (Réalisateur)

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L’histoire de Paul Atreides, jeune homme aussi doué que brillant, voué à connaître un destin hors du commun qui le dépasse totalement. Car s’il veut préserver l’avenir de sa famille et de son peuple, il devra se rendre sur la planète la plus dangereuse de l’univers – la seule à même de fournir la ressource la plus précieuse au monde, capable de décupler la puissance de l’humanité. Tandis que des forces maléfiques se disputent le contrôle de cette planète, seuls ceux qui parviennent à dominer leur peur pourront survivre…

Chronique : DUNE (2021): Dès l’ouverture, nombreux personnages, plusieurs peuples, donneront cette impression de se trouver face à un scénario complexe. Une sensation qui se dissipera rapidement au fur et à mesure que l’histoire évoluera. Des situations qui s’enchaineront dans un univers parfois ensoleillé, mais souvent sombre, étrange, qui n’en finira pas de nous étonner. Le spectacle sera permanent, surprenant par des effets visuels hyperréalistes, des environnements très crédibles (on voyagera dans un autre monde). Ce premier chapitre « Dune » prendra le temps de développer ses personnages (surtout la relation entre Paul et sa mère Jessica, les piliers de l’histoire), entreprendra de positionner les enjeux d’une intrigue mystérieuse (une planète convoitée, une résistance, un élu qui se cherche, les craintes d’un empereur…). Un film de science fiction mature, aux aspects guerriers, une orchestration de Hans Zimmer toujours aussi énergique, bien adaptée. Réalisé par le canadien Denis Villeneuve qui aura pris soin de s’entourer d’acteurs charismatiques (que des têtes d’affiche): Timothée Chalamet (le jeune Tom dans interstellar), Oscar Isaac (Po, la dernière trilogie de Star Wars), Rebecca Ferguson (Mission Impossible 5 et 6), Javier Bardem (le vilain de Skyfall), Jason Momoa (Aquaman), Josh Brolin (agent FBI de Sicario), Dave Bautista (Drax, Les Gardiens de la Galaxie) et bien d’autres. Voici donc le commencement d’une fuite en avant au cœur de la planète Arrakis, qui elle aussi aura surement des secrets à nous révéler dans les prochains épisodes. Vivement la suite. J’ai vraiment adoré. Fantastique.

Vidéo:

Le film Dune de Denis Villeneuve est presque similaire à celle de Mad Max : Fury Road dans la mesure où le contraste entre un ciel bleu et du sable orange est omniprésent. Dune va plus loin en proposant des tonnes de couleurs nuancées et plus sombres. Les structures en pierre sont parfaitement grises, argentées avec des éléments noirs qui ont presque l’air sinistres. Mais une fois sur la dangereuse planète de sable, les tons plus terreux dominent. Le Dolby Vision améliore les dunes de sable doré et fait ressortir la richesse des boucliers énergétiques rouges et bleus. Les yeux bleus des autochtones sont également étonnants, tout comme certains éclairages utilisés dans les limites du complexe du château de sable.

Une grande partie du film se déroule dans des couloirs sombres et sombres, mais ce Dolby Vision accentue vraiment les pièces froides et froides en faisant ressortir chaque once de détail et de couleur dans son propre monde. C’est vraiment une image fantastique. Les niveaux de noir de cette version 4K sont excellents. Il y a une tonne de séquences dans l’obscurité ou en basse lumière, et chaque morceau de couleur noire est profond, encré et riche. Il n’y a pas d’ombres sombres ou de saignement à trouver. Les tons de la peau sont également naturels. Les détails ne sont jamais gênés par les scènes plus sombres. Au contraire, le Dolby Vision permet à toutes les textures de s’exprimer facilement et joliment. Les coutures et les textures des costumes sont étonnantes et reflètent leur savoir-faire unique, qu’il s’agisse de fourrure, de tissu ou de quelque chose qui ressemble à du cuir.

Les gros plans révèlent les cheveux individuels, les boutons, les taches de rousseur, les blessures, les perles de sueur et les effets de maquillage pratiques. Les plans plus larges sont également excellents et ne sont jamais mous. Les grandes séquences CGI sont également incroyables, avec une richesse de détails dans chaque plan, notamment lors de la grande attaque au milieu du film. Il n’y a pratiquement aucun problème vidéo avec cette version.

Audio

Cette version est accompagnée d’un mixage Dolby Atmos et il s’agit probablement de la meilleure piste Dolby Atmos à ce jour, toutes versions confondues. Il s’agit d’un film à la sonorité immersive parfaite et tous ses éléments théâtraux ont été transférés sur ce disque 4K.

Les effets sonores sont à la fois puissants et nuancés. Les chorégraphies de combat ont du punch et ont des impacts sonores différents à chaque fois qui sonnent vrai et laissent un effet durable. Les basses sont également étonnantes. Lorsque les hélicoptères s’envolent des vers de sable, ils émettent une fréquence basse intense qui fera gronder les os de chacun. Le même niveau de basse nuancé est évident lorsque la voix est utilisée dans le dialogue magique de la sorcière. Cet élément vocal explore d’énormes basses fréquences qui utilisent des voix d’un autre monde pour créer ce son étonnamment obsédant. Les lasers des vaisseaux spatiaux, l’impact des boucliers d’énergie sont battus, tous ces sons sont merveilleux et complets. Les séquences de rêve explorent également différents thèmes audio. Les haut-parleurs en hauteur sont constamment utilisés, qu’il s’agisse du souffle du sable, du bourdonnement des basses ou d’autres éléments obsédants provenant des murs de sable.

Les séquences d’action plus importantes, comme l’attaque ou la scène du ver de sable, utilisent tous les sons sous tous les angles, y compris les voix humaines, les bruits de pas, les éléments naturels et même le ver géant ressemblant à un alien. La partition, tout aussi impressionnante, utilise un mélange de voix chorales et d’instruments qui imprègnent la peur et l’action de ce qui va se passer. L’ensemble du mixage Dolby Atmos est organique, plein, riche, et vise l’excellence, ce qu’il réussit à faire. Ce composant audio est presque un personnage en soi. Les dialogues sont propres, clairs et faciles à suivre, sans aucun problème. Il s’agit de la meilleure piste Dolby Atmos du marché.

Bonus

Il y a 73 minutes de bonus, qui valent tous la peine d’être regardés. Cependant, la plupart de ce contenu est fait pour les nouveaux venus dans la franchise et l’histoire comme un cours d’introduction dans ce monde, plutôt que de véritables grandes informations. Ceci étant dit, il est fort probable que les prochaines versions contiendront des tonnes de commentaires, de scènes supprimées et d’importants reportages sur les coulisses du tournage. Néanmoins, ces films valent tous la peine d’être regardés.


Rapport de forme ‏ : ‎ 2.40:1 Classé ‏ : ‎ Tous publics Dimensions du produit (L x l x h) ‏ : ‎ 13.7 x 1.4 x 17.4 cm; 60 grammes Réalisateur ‏ : ‎ Denis Villeneuve Format ‏ : ‎ Couleur, Cinémascope Durée ‏ : ‎ 2 heures et 35 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 26 janvier 2022 Acteurs ‏ : ‎ Timothée Chalamet, Rebecca Ferguson, Charlotte Rampling, Jason Momoa, Javier Bardem Doublé : ‏ : ‎ Anglais, Français Sous-titres : ‏ : ‎ Français, Néerlandais Langue ‏ : ‎ Anglais (Dolby Digital 5.1), Français (Dolby Digital 5.1) Studio  ‏ : ‎ Warner Bros. Entertainment France ASIN ‏ : ‎ B09G3G97NQ

Dune

Film : Tout s’est Bien passé Sophie Marceau (Acteur), André Dussollier (Acteur), François Ozon (Réalisateur)

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Emmanuèle, romancière épanouie dans sa vie privée et professionnelle, se précipite à l’hôpital, son père André vient de faire un AVC. Fantasque, aimant passionnément la vie mais diminué, il demande à sa fille de l’aider à en finir. Avec l’aide de sa sœur Pascale, elle va devoir choisir : accepter la volonté de son père ou le convaincre de changer d’avis.

Chronique : Magnifique et grand film, alors que pourtant si simple et sobre dans sa réalisation. Un grand Ozon, qui revient en grande forme après son juste passable et vite oubliable « Été 85 » de l’année dernière.

Le sujet n’a rien d’emballant aux premiers abords mais le réalisateur a su prendre le recul nécessaire pour le traiter avec justesse de par le regard d’une famille, d’un père antipathique et égoïste et ses feux filles. On est pris dans cette histoire et ému aux larmes alors que le film aurait pu jouer sur cette corde sensible et en abuser, et qu’il a l’intelligence de ne pas l’avoir fait. On peut pleurer mais aussi rire, grâce à André Dussolier dont le personnage est aussi drôle autant qu’il est infect.

Sophie Marceau est confondante de naturel, très grâcieuse, et montre que c’est une grande actrice qui n’a pas eu les meilleurs rôles alors qu’il lui faut des réalisateurs comme François Ozon pour lui permettre d’autant démontrer son talent.

N’ayez pas peur d’aller voir ce film qui aborde un sujet délicat mais avec une telle intelligence et finesse. magnifique adaptation du roman du même nom et pour ceux qui l’ont lu, n’hésitez pas non plus, le ffilm apporte certains éclairages notamment sur les mécanismes familiaux qui se mettent en place ou se révèlent lors de situations difficiles

Rapport de forme ‏ : ‎ 1.85:1 Classé ‏ : ‎ Tous publics Dimensions du produit (L x l x h) ‏ : ‎ 13.5 x 1.3 x 19 cm; 80 grammes Audio description : ‏ : ‎ Français Réalisateur ‏ : ‎ François Ozon Format ‏ : ‎ Couleur, PAL, Cinémascope Durée ‏ : ‎ 1 heure et 47 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 1 février 2022 Acteurs ‏ : ‎ Sophie Marceau, André Dussollier, Nathalie Richard, Géraldine Pailhas, Charlotte Rampling Sous-titres : ‏ : ‎ Français Langue ‏ : ‎ Français (Dolby Digital 5.1), Français (Dolby Digital 2.0) Studio  ‏ : ‎ Diaphana ASIN ‏ : ‎ B09KN2N2L9

Tout s'est Bien passé

Film : Les méchants De Mouloud Achour, Dominique Baumard

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Patrick et Sébastien passent la pire journée de leur vie. En quelques heures, ils deviennent les méchants les plus recherchés de France. La raison ? Une fake news montée de toutes pièces par Virginie Arioule, présentatrice d’une chaine de débat prête à tout pour faire de l’audience, quitte à pactiser avec des trafiquants de clics.

Chronique : On rigole bien si on est familier de l’univers de Mouloud achour (culture hip-hop, geek, revendications politiques gauchos des années 90, etc.), ce qui est mon cas. J’ai donc beaucoup ri à certaines scènes, d’autant que le jeu de Roman Frayssinet est comme toujours excellent (quoiqu’un peu sous exploité). La parabole du film critiquant la course au buzz des médias et leur incapacité à traiter les sujets en profondeur et avec sérieux est bien trouvée MAIS malheureusement, le film n’est pas très bien écrit, décousu, parfois niais, voire débile…

C’est drôle, et pas « méchant » justement. Les acteurs sont tous bons, bien que ce ne soit pas tous des professionnels du cinéma (c’est d’ailleurs peut-être ce qui fait c’est sympa à suivre) Le scénario est invraisemblable mais ça tient debout et je dirais même que ça fait avancer. J’ai lu des gens recommandé de plutôt aller voir « France » de Bruno Dumont, qui sur le fond traite le même sujet (les excès des chaînes infos, réseaux sociaux etc.) Sauf que ces deux films sont incomparables. Les deux sont bons dans leur genre respectif. En résumé, si vous aimez le cinéma intello avec un des grands acteurs mais un peu chiant, allez voir France. Si vous aimez les films sans prétention mais ficelé sympathiquement avec un jeu frais, allez voir « Les méchants ».

apport de forme ‏ : ‎ 1.85:1 Classé ‏ : ‎ Tous publics Dimensions du colis ‏ : ‎ 19.2 x 13.9 x 1.7 cm; 90 grammes Audio description : ‏ : ‎ Français Réalisateur ‏ : ‎ Mouloud Achour, Dominique Baumard Format ‏ : ‎ Couleur, Cinémascope, PAL Durée ‏ : ‎ 1 heure et 18 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 26 janvier 2022 Acteurs ‏ : ‎ Roman Frayssinet, Djimo, Ludivine Sagnier, Anthony Bajon, Kyan Khojandi Doublé : ‏ : ‎ Français Langue ‏ : ‎ Français (Dolby Digital 2.0), Français (Dolby Digital 5.1) Studio  ‏ : ‎ Le Pacte ASIN ‏ : ‎ B09KN65XTC Pays d’origine ‏ : ‎ France

Les Méchants
Les Méchants

Comme hier – 20 janvier 2022 de Cal Jun

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Trois drames qui ont tous eu lieu dans la rue Nanming. seraient-ils liés les uns aux autres ? L’inspecteur Ye Xiao, chargé de l’enquête sur la dernière affaire, doit répondre à tout prix à cette question.

Chronique : Le livre est un thriller tendu dans la lignée de Harlen Coben ou Keigo Higashino. Si vous vous lassez des thrillers typiques se déroulant dans un lieu américain ou britannique, essayez celui-ci. Située à Shanghai, une grande ville chinoise avec autant de secrets que de merveilles, l’histoire vous saisit dès le début. Un professeur de lycée, beau et populaire, est retrouvé assassiné. Lorsque la police tente de résoudre le crime, elle trouve plus de questions que de réponses en fouillant dans le passé de l’homme. Pendant ce temps, un jeune garçon précoce est adopté par une famille riche, et il semble en savoir beaucoup trop sur tout le monde. Le lien entre les deux pourrait être la clé de toute l’affaire, ou bien l’est-il ?

Cette histoire est un bon aperçu de la société chinoise contemporaine, où la réussite financière est apparemment valorisée par-dessus tout, et où les relations sont mises à rude épreuve par les attentes, les egos et les vendettas personnelles.

Le protagoniste, Shen Min, fidèle au Parti communiste chinois et enseignant dans un pensionnat de niveau secondaire (lycée), est un homme sournois qui cache ses secrets même à lui-même. En peu de temps, en juin 1995, il est accusé du meurtre par empoisonnement d’un élève ; il est arrêté ; libéré ; il tue, puis est tué – et finalement, même s’il n’y croit pas, il se réincarne – déterminé à identifier son assassin.

Éditeur ‏ : ‎ XO (20 janvier 2022) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 398 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2374481824 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2374481821

Le Grand Monde – 25 janvier 2022 de Pierre Lemaitre

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Trois histoires d’amour, un lanceur d’alerte, une adolescente égarée, deux processions, Bouddha et Confucius, un journaliste ambitieux, une mort tragique, le chat Joseph, une épouse impossible, un sale trafic, une actrice incognito, une descente aux enfers, cet imbécile de Doueiri, un accent mystérieux, la postière de Lamberghem, grosse promotion sur le linge de maison, le retour du passé, un parfum d’exotisme, une passion soudaine et irrésistible.

Chronique : Abondamment nourri aux romans du XIXe siècle, Pierre Lemaitre prend un plaisir gourmand à imaginer une nouvelle saga, solidement ancrée dans la tradition du feuilleton. Après la trilogie des Enfants du désastre (Au revoir là-haut, prix Goncourt en 2013, Couleurs de l’incendie, Miroir de nos peines), qui s’achevait en 1940, l’auteur accompagne une autre famille, les Pelletier, à partir de 1948, entre Beyrouth, Paris et Saigon. Au Liban, Louis et Angèle, les parents, tiennent avec calme et dextérité la fabrique des Savons du Levant. Derrière eux se tiennent comme ils peuvent leurs quatre enfants, trois fils et une fille, qui n’ont pas forcément l’ambition de reprendre l’affaire paternelle.

Difficile de résumer ce morceau romanesque plein de rebondissements, usiné comme au bon vieux temps. Pierre Lemaitre poursuit son projet historico-littéraire entamé avec sa première trilogie, en s’attaquant cette fois à la période des Trente Glorieuse. On en est ici aux prémisses, et donc loin encore de l’image de confort et de prospérité qui colle habituellement à cette période. La guerre est finie depuis trois ans, mais la France n’a pas encore achevé sa reconstruction, les pénuries de denrées, de logement, et le rationnement ont toujours cours dans une France qui commence à s’enliser dans des conflits coloniaux, notamment en Indochine.

Pierre Lemaitre saisit toute cette réalité d’après-guerre à travers le destin de ses personnages fictifs, mis en scène, eux, dans des évènements bien réels. Le romancier peaufine son mode opératoire en forme de feuilleton, chaque chapitre annoncé par une locution annonçant la couleur. Une méthode qui tient une nouvelle fois son lecteur en haleine de bout en bout.  

D’une écriture vive et efficace, il déploie cette fresque à grands traits, et aussi par petites touches, nous restituant avec des descriptions bien mijotées l’atmosphère humide et l’ambiance poisseuse de Saigon, l’effervescence parisienne de la presse de l’après-guerre, ou encore la douceur de Beyrouth, qui semble à des années lumières de la violence qui fait rage dans les combats qui opposent soldats français et combattants Vietminh dans le bourbier de la guerre d’Indochine. Les lâchetés politiques, les appétits du grand capital, les violences policières…

On retrouve aussi la veine sociale et politique chère à Pierre Lemaitre, sous une plume que l’on sent toujours animée par une révolte qui s’applique à traquer les vilénies de l’âme humaine, mais aussi ses beautés.

Le romancier ménage ses surprises. Il fait par exemple attendre son lecteur jusqu’à la page 475 pour lui en offrir une de taille, qui jette un pont avec la première trilogie.

Fresque familiale, historique, récit tissé de suspense, de psychologie, de politique et d’ironie… on sort de cette lecture repu, avec l’impression d’avoir traversé le « Grand Monde » autant que les destins individuels de personnages auxquels on s’est attachés, et que l’on a hâte de retrouver.

Éditeur ‏ : ‎ Calmann-Lévy (25 janvier 2022) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 592 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2702180817 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2702180815

Le Goût du temps dans la bouche – 6 janvier 2022 de Séverine Vidal (Auteur)

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Un roman choral vibrant sur les liens du sang et leurs secrets, sur ces attaches que l’on porte dans notre chair, sur ces morceaux épars de tendresse, de peine et de drôlerie qui nous rendent vivants.

Chronique : L’autrice girondine Séverine Vidal, bien connue de l’édition jeunesse, explore les non-dits familiaux pour son premier roman de littérature générale

« C’est simple, tu fais comme d’habitude… » Si Séverine Vidal avait des doutes, son éditeur les a dissipés, permettant à l’autrice girondine, bien connue du monde de l’édition jeunesse, de signer son premier roman de littérature générale. C’est donc cette même écriture, vive et fluide, qui porte « Le Goût du temps dans la bouche », récit choral qui explore non-dits, rancœurs et secrets d’une famille autrefois unie. Le livre met en scène Nicolas, musicien exilé en Suède, après un drame qui l’a profondément affecté. Il y a Suzanne, sa grand-tante chérie, qui souffle ses 100 bougies en 2021. Il y a André, son grand-père, qui cherche des réponses, au mitan des années 1950, dans la maison familiale de Saint-Palais-sur-Mer, près de Royan. Il y a enfin cette voix, au plus profond d’une grotte, qui fait écho aux blessures enfouies.

Éditeur ‏ : ‎ Robert Laffont (6 janvier 2022) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 336 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2221254732 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2221254738

Le Sanctuaire d’Emona – 20 janvier 2022 de Alexandra Koszelyk

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Le premier tome d’une saga fantastique à la beauté envoûtante, une ode à la Nature et à la puissance de la douceur contre la barbarie.

Chronique : Séléné n’est pas la première héroïne à faire des cauchemars très réalistes ou à dessiner d’étranges créatures (elle m’a immédiatement rappelé Clary de The mortal instruments en cela), mais pendant la majeure parte du roman le paranormal n’apparaît que par petite touches discrètes.

J’ai adoré la façon dont Alexandra Koszelyk fait monter le suspense et la tension tout du long du récit, pour ne nous révéler la vérité qu’à la toute fin. Les indices sont font de plus en plus nombreux, surtout qu’il y a un grand nombre d’incohérences et de petits détails qui nous mettent la puce à l’oreille mais on ne parvient pas pour autant à distinguer le tableau d’ensemble. Tous les ingrédients sont réunis pour faite de Le sanctuaire d’Emona un véritable page turner qui nous intrigue et nous captive.

Malgré un décor plutôt sombre, le message du roman est, lui, doux et plein de bienveillance. Un astucieux contraste que l’on ne peut que saluer ! A travers de jolies métaphores, Le sanctuaire d’Emona parle de confiance, respect de la nature et d’harmonie. Vous ne pourrez qu’aimer le lien qui se crée peu à peu entre Séléné et Irina alors qu’elles vont de découverte en découverte, cette belle amitié qui est au centre de l’hitsoire.

Même si j’ai apprécié ma lecture, il y a un truc, un tout petit truc, qui m’a gênée avec cette histoire. C’est sûrement du détail mais je serai curieuse d’avoir d’autres avis sur le sujet donc si jamais vous avez aussi lu le roman, n’hésitez pas à me donner le vôtre en commentaire.

Au début de l’histoire, Séléné part en voyage avec son frère et deux autres personnes, dont Irina (j’essaie de rester vague pour ne pas spoiler ceux qui n’ont pas encore lu le roman). A un moment donné, le frère de Séléné et la quatrième personne disparaissent pour une raison qui est bien explicitée dans le roman. Seulement, Séléné et Irina n’ont plus de nouvelles des deux autres et tout cela semble être considéré comme normal. Pire : alors que l’excuse donnée à l’origine pour le départ des deux personnes ne semble plus plausible (le temps pris pour l’action en question est plus courte que le temps écoulé), personne ne s’inquiète. Tout le monde semble avoir oublié ces deux personnages, dont on ne se souvient qu’à la toute fin ! Donc pas vraiment problématique, mais un peu déstabilisant.

Chronique de Lisly : https://lislysworld.fr/

Éditeur ‏ : ‎ Robert Laffont (20 janvier 2022) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 400 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2221258568 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2221258569

Le Défi – 20 janvier 2022 de Lesley Kara

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Elle pensait qu’elle avait réussi à enfouir son douloureux passé. Mais même les secrets les mieux gardés refont surface…

Chronique : Lizzie et Alice étaient les meilleures amies du monde, et faisaient absolument tout ensemble – elles étaient inséparables. Lizzie était épileptique et n’avait pas vraiment d’autres amis qu’Alice, qui était sa protectrice. Lorsque Lizzie avait des crises, Alice était là pour empêcher les autres enfants de la brutaliser et de l’ostraciser.

Un jour, alors que les filles avaient environ 13 ans, elles ont décidé de faire l’une de leurs  » promenades  » qui passait près d’une voie ferrée. Ce jour-là, elles s’étaient disputées au sujet d’un garçon. Quelques heures plus tard, Lizzie s’est réveillée au bord de la voie ferrée, et Alice avait disparu. Elle était morte. Lizzie ne se souvient pas d’avoir eu une crise, ni comment (ou pourquoi) Alice a été tuée par un train qui arrivait. Après ce jour fatidique, Lizzie a toujours été tenue responsable de la mort de son amie – par les autres enfants de l’école, par les parents d’Alice et par Catherine, la grande sœur d’Alice. Finalement, la famille a déménagé.

Douze ans plus tard, Lizzie a 25 ans. Elle est toujours épileptique, mais elle la gère avec des médicaments. Elle n’a toujours pas vraiment d’amis, mais ce n’est pas grave car elle a Ross et ils sont fiancés et bientôt elle découvrira qu’elle est enceinte et aura enfin une famille à elle. Bien que cela fasse 12 ans, Lizzie n’a jamais oublié sa meilleure amie, et bien qu’elle ait passé des années à essayer de se souvenir, elle n’a toujours aucune idée de ce qui s’est passé le jour où Alice est morte.

Lizzie commence enfin à penser qu’elle peut avancer dans sa vie – jusqu’à ce que la nouvelle de la mort d’une fillette de 11 ans tuée par un train fasse resurgir toute l’angoisse du passé. Elle trouve alors un petit train miniature devant sa porte d’entrée. Quelqu’un l’a-t-il laissé là exprès ou Lizzie se sent-elle simplement coupable d’avoir peut-être causé la mort d’Alice il y a des années ?

Lorsque Catherine, la sœur d’Alice, réapparaît soudainement dans sa vie, Lizzie devient paranoïaque et en colère. En colère parce que, après la mort d’Alice, Catherine, croyant que Lizzie était responsable, a commencé à faire de sa vie une véritable misère. Elle a malmené et tourmenté Lizzie, et c’est alors que les cauchemars ont commencé, des cauchemars qui ont commencé à revenir. Dans ces cauchemars, Lizzie se voit se battre avec Alice, et peut-être même se voit-elle pousser son amie devant le train qui arrive.

Lizzie est convaincue que Catherine ne peut pas avoir changé et que sa présence n’est pas la coïncidence que tout le monde semble croire, y compris Ross et ses parents. Bien que ses parents semblent avoir leurs propres secrets de cette époque. Ils n’ont jamais voulu que Lizzie et Alice soient amies dès le début, et ont refusé de dire à leur fille pourquoi elle ne pouvait pas jouer avec la seule personne qui voulait être son amie.

The Dare est raconté de trois points de vue : Lizzie au présent – heureuse fiancée à un homme charmant et sur le point de devenir mère, malgré sa crainte que son épilepsie ne l’empêche d’être une bonne mère. Puis il y a la Lizzie du passé – la petite fille avec laquelle personne ne voulait jouer à cause de ses crises, et qui, avouons-le, était un peu bizarre de toute façon. La troisième perspective est une voix inconnue. La voix de quelqu’un qui n’est ni Lizzie ni Alice, et qui sait exactement ce qui s’est passé ce jour-là sur la voie ferrée.

Le roman de Lesley Kara est tellement addictif. Son écriture est d’une lecture compulsive, et plus on se plonge dans la vie de Lizzie, plus on remet en question sa position de narrateur fiable. Cela dit, il est difficile de ne pas éprouver de la sympathie pour sa situation précaire. D’une petite fille qui a subi un traumatisme incroyable, et une enfance passée à être ridiculisée pour son épilepsie, à une femme adulte trouvant enfin une forme de paix avec son passé et le voyant détruit de la manière la plus sinistre, les cauchemars de Lizzie deviennent les cauchemars du lecteur aussi.

Ce thriller à suspense à combustion lente est une expérience d’une intensité comparable à celle de l’attente dans une pièce sombre, d’entendre un bruit, et de n’avoir aucun moyen d’allumer une lumière, aucun moyen de savoir quand exactement le bruit dans l’obscurité va vous atteindre. Vous n’avez d’autre choix que d’attendre que des mains invisibles vous saisissent par les chevilles et vous entraînent vers l’inconnu ou vous ramassent pour vous ramener à la lumière du jour.

Éditeur ‏ : ‎ Les escales éditions (20 janvier 2022) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 372 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2365696716 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2365696715

L’Atlas Molière – 13 janvier 2022 de Clara Dealberto (Auteur), Jules Grandin (Auteur), Christophe Schuwey (Auteur)

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Une incroyable somme d’informations présentée de manière ludique et accessible à tous.
Avec 150 cartes et infographies, cet atlas est une encyclopédie visuelle sur la vie, l’oeuvre et l’époque de Molière. Les auteurs sont allés au-delà de la figure du saltimbanque mélancolique.

Chronique : Un ouvrage incroyable qui met à la portée de tous les dernières avancées universitaires sur ce grand homme de notre patrimoine littéraire : un bel hommage pour son 400e anniversaire ! Tout cela est précis et rondement mené avec une plume extrêmement agréable à lire et qui ne manque pas d’humour. L’infographie permet une visualisation (et une compréhension) rapide des différentes informations. Petit plus et non des moindres, ces graphiques représentent de beaux documents pédagogiques, à jour et loin d’être rébarbatifs ! A mettre entre toutes les mains afin de ne pas hésiter à remettre à jour nos connaissances (souvent en partie erronées) sur Molière !

ASIN ‏ : ‎ B09J1S8TBD Éditeur ‏ : ‎ Les Arènes (13 janvier 2022) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 268 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1037505910