As bestas avec Denis Ménochet (Acteur), Marina Foïs (Acteur), Rodrigo Sorogoyen (Réalisateur)

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Antoine et Olga, un couple de Français, sont installés depuis longtemps dans un petit village de Galice. Ils ont une ferme et restaurent des maisons abandonnées pour faciliter le repeuplement. Tout devrait être idyllique mais un grave conflit avec leurs voisins fait monter la tension jusqu’à l’irréparable

Chronique : Ce film me dit beaucoup de choses. Il se déroule entièrement dans la région espagnole verdoyante et montagneuse de la Galice, dans un minuscule hameau parsemé de maisons rurales du 19e siècle, pittoresques mais à l’aspect brut, faites de gros blocs de pierre irréguliers. Il ressemble au village d’où vient mon père et où j’ai passé de longues périodes de temps. Les Galiciens ruraux sont souvent associés à l’intériorité et à l’hostilité envers les étrangers. Ils vivent dans la région celtique depuis si longtemps et sont si profondément attachés à leur terre qu’ils perçoivent souvent les nouveaux arrivants comme une menace. Ils aiment se battre contre les moulins à vent. Les Bêtes portent cette animosité à un tout autre niveau.

Les menaçants frères Antas, Xan (Luis Zahera) et Lorenzo (Diego Anido), décident de prendre les choses en main lorsque Antoine (Denis Menochet) et Olga (Marina Fois) achètent une maison de campagne et un petit bout de terrain. Le couple français, gentil et bien élevé, a les meilleures intentions du monde : il souhaite vivre une vie paisible et autonome en cultivant ses propres légumes dans un environnement calme, loin de sa France natale et de sa propre fille adulte, Marie (Marie Colomb). Ils souhaitent s’intégrer à la population locale, ce qui les pousse à apprendre le galicien, la langue nationale de la région et la seule parlée par la majorité des paysans.

Leurs efforts ne sont pas récompensés. Les frères Antas font clairement comprendre que les étrangers ne sont pas les bienvenus. Leur technique d’intimidation s’intensifie progressivement : ils commencent par de subtiles menaces verbales, puis ils empoisonnent le puits d’eau du couple avec deux batteries de voiture (ruinant ainsi toute leur récolte), avant de passer à la violence physique (en frappant leur voiture, par exemple). Ils se promènent régulièrement avec des fusils. Les Galiciens doivent vraiment détester les étrangers !

Mis à part la langue et les anecdotes familiales, As bestas est un thriller rural captivant d’une durée de 130 minutes qui passe très vite. C’est grâce à un scénario efficace, à des dialogues puissants et à des performances remarquables. Menichet et Fois transmettent tous deux un incroyable sentiment de courage et de résilience face à l’adversité. Fois va même un peu plus loin. Sa détermination à immortaliser le lien qui l’unit à son mari est telle qu’elle soutient près d’un tiers du film à elle seule. Marie, leur fille en visite, confronte la mère à son attitude apparemment futile, pour apprendre que les gens sont parfois mus par des sentiments irrationnels et pourtant légitimes. Elle apprend finalement à respecter sa mère. Olga n’est pas idiote. Elle est simplement obstinée. Mais sa détermination peut-elle conduire sa vie et donc le film à une conclusion heureuse et satisfaisante ?

La vie d’Antonie et d’Olga est un cauchemar, et la sombre photographie d’Alex de Pablo aide le réalisateur Rodrigo Sorogoyen à illustrer leur situation difficile comme telle. Le résultat est un récit obsédant de haine et d’hostilité gratuites qui ne vous quittera pas de sitôt.

« As Bestas » nous plonge dans une marinade psychologique vibrante qui synthétise l’intégrité du cinéma de Sorogoyen. Le rejet et le harcèlement communiquent de manière précieuse et tacite. Ainsi, le mot est conservé dans les deux langues, et les points de suspension ne nous perdent jamais dans les conflits oppressants du voisinage. Le sentiment d’un grand amour contribue également au chagrin du couple, qui tombe et n’a aucun espoir de lutter avec le gigantesque moulin à vent de Don Quichotte. Alors ce western contemporain, avec tout l’ire de ses voisins, est destiné à s’enraciner dans des fantasmes éphémères.

Test DVD :

Video : La clarté du film  est juste magique et avec un contraste exceptionnels sur les extérieurs des paysages qui rehaussent la profondeur et mettent en valeur les intérieurs. Bien qu’il n’y ait pas de point de grain visible, l’image dégage une merveilleuse sensation de film qui rappelle les films de la période historique. Les couleurs sont un peu atténuées pour refléter la nature désastreuse de la situation, mais des éclaboussures de paysages sont luxueusement riches, les blancs sont brillants mais ne fleurissent jamais, et les tons de chair restent naturels et constants tout au long. Les détails sautent de l’écran, tandis que des gros plans pointus soulignent les lignes, les rides et les taches sur les visages des personnages de Denis Ménochet et Marina Foïs

Audio :  Bien que les accents surround soient faibles, la fidélité supérieure et la profondeur tonale permettent à l’audio d’obtenir une sensation d’enveloppement fluide. Une séparation stéréo plus distincte est visible à l’avant, car des transitions douces élargissent bien le paysage sonore. Le bruit d’un bouchon de champagne et le tic-tac d’une horloge sont merveilleusement croquants, tandis que des éléments plus explosifs comme le grondement des moteurs et des voitures excitent les sens sans les agresser. Les basses fréquences sont puissantes et une large gamme dynamique gère tous les hauts et les bas sans aucune distorsion. La musique jouit d’une belle présence et remplit  avec aisance. C’est une piste beaucoup plus intéressante que ce à quoi on pourrait s’attendre, et l’excellent rendu accentue son impact.

Rapport de forme ‏ : ‎ 2.35:1 Classé ‏ : ‎ Tous publics Réalisateur ‏ : ‎ Rodrigo Sorogoyen Format ‏ : ‎ Couleur, Cinémascope Durée ‏ : ‎ 2 heures et 17 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 23 novembre 2022 Acteurs ‏ : ‎ Denis Ménochet, Marina Foïs, Luis Zahera, Diego Anido, Marie Colomb Sous-titres : ‏ : ‎ Français Langue ‏ : ‎ Espagnol (DTS-HD 5.1) Studio  ‏ : ‎ Le Pacte

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