(In)visible (11 mai 2017) de Sarai Walker

Prune Kettle fait de son mieux pour éviter les regards, parce que quand vous êtes grosse, se faire remarquer c’est se faire juger. En attendant l’heure de la chirurgie miracle, elle répond aux e-mails de fans d’un magazine pour ados. Mais lorsqu’une jeune femme mystérieuse, avec des collants colorés et des bottes de combat, se met à la suivre, Prune est projetée dans le monde de la Fondation Calliope – une communauté clandestine de femmes rejetant les diktats de la société – où elle va connaître le prix à payer pour devenir « belle ». Parallèlement, une guérilla terrorise ceux qui maltraitent les femmes, et Prune se retrouve mêlée à une intrigue sinistre, dont les conséquences seront explosives. Drôle, surréaliste et original, (In)visible est un livre subversif, à mi-chemin entre Fight Club et un manifeste féministe. A travers une héroïne attachante, l’auteure parvient à éviter le piège moraliste et porte un regard féroce sur la condition des femmes soumises aux critères de beauté occidentaux.

Chronique : C’est un livre compliqué qui est une interprétation brutale, souvent difficile à prendre, de la vie en tant que femme.
Dit principalement à travers la lentille de son personnage principal c’est un livre qui vous fait craindre la façon dont la société tend à traiter les personnes qui ne tombent pas dans un « acceptable ».
Cependant, le livre est plus que cela puisque le récit est encadré comme une profonde déconstruction de ce qui mène le genre de discrimination et de cruauté que Pune fait face. C’est une exploration de thèmes d’acceptabilité qui encouragent les femmes à submerger leurs sentiments et à se soumettre à des méthodes extrêmes de diététique et de beauté afin de s’insérer dans le rôle étroit (littéralement) que la société leur définit. Le livre est une méditation assez troublante sur les façons dont les femmes sont encouragées à s’efforcer d’avoir un «meilleur moi» qui a peu à voir avec le bonheur ou les intérêts de la femme dans la vie.
Cet aspect du livre en particulier nous laisse instable. C’est comme si Prune n’était pas une personne, mais un projet. Plutôt que de s’engager et de vivre sa vie, elle la met en attente jusqu’à ce qu’une future version d’elle-même puisse commencer à la vivre. Après avoir été bombardé de messages à la fois implicite et explicite, il est facile de voir pourquoi elle vit dans le genre de stase qu’elle fait, et c’est un état dont on pense que beaucoup de femmes peuvent probablement se rapporter. Ce livre aborde beaucoup: le poids, normes de beauté, pornographie, viol, précisément parce que les femmes sont bombardées de toutes ces choses, souvent sur une base quotidienne. Dans une scène étonnante, un personnage discute de cette question et demande si elle pourrait être considérée comme une forme de terrorisme.
Après tout, nous vivons dans un monde où la violence est fréquemment visitée chez les femmes, et nous faisons des progrès très lents pour changer ce triste fait et ce livre est choc par ses propos.

Note : 9 /10

 

  • Broché: 368 pages
  • Editeur : Gallimard (11 mai 2017)
  • Collection : Série noire

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