Chroniques de Bob Dylan

Bob Dylan replonge avec délices dans le Village de 1961, quand, jeune homme introverti, il découvrait Manhattan. Pour le chanteur folk débutant né dans le Midwest, New York est la ville de tous les possibles, de toutes les passions : nuits blanches enfumées, découvertes littéraires, amours fugaces, amitiés indestructibles. Les souvenirs de l’enfance reviennent ici comme autant d’illuminations, composant l’histoire d’un musicien de génie qui aspirait à la gloire mais ne la supportait pas. Le premier volume d’une autobiographie en roue libre qui devrait comporter trois volets.

Critique :Avec Tarentula, son roman douloureusement accouché au début des années 70, la critique n’avait pu que constater que le plus grand parolier du rock n’était pas vraiment un écrivain.
Oui, mais voilà, Dylan est un homme bourré de contradictions qui défie absolument toutes les analyses. Quand vous croyez l’avoir compris, il change de visage et devient un autre.
Ce « Chroniques, volume 1 » démontre ainsi qu’il est capable de tenir un lecteur en haleine sur plus de 300 pages en racontant sa vie, ou plutôt, de toutes petites parcelles de sa vie.
Si l’essentiel de ce livre parle de la période newyorkaise du début des sixties, les chapitres sautent du coq-à-l’âne avec une grande désinvolture… et une réelle élégance, car on accepte très vite de passer d’une époque à l’autre en compagnie d’un tel guide.
Personnellement, le passage que j’ai préféré – et que je trouve le plus révélateur – est celui consacré à l’enregistrement de l’album « Oh mercy » avec le producteur canadien Daniel Lanois. Dylan explique alors ses interrogations, ses motivations, ses sources d’inspiration et ses techniques de composition. On a parfois vraiment l’impression de regarder par-dessus son épaule tandis qu’il crée l’un de ses meilleurs albums de « maturité ».
Mais, le paradoxe des paradoxes, c’est que Dylan se révèle exactement comme on pouvait l’imaginer: un menteur génial, manipulateur né, qui nous donne brièvement l’impression d’être notre meilleur ami, avant de nous laisser à la porte des lieux où tout se fait réellement.
Car si l’auteur nous dit beaucoup de choses, il ne révèle finalement rien – ou presque – sur sa vie privée, ses amours, ses emmerdes.
Que voulez-vous, Dylan restera toujours Dylan.

Note : 10/10

 

  • Broché: 400 pages
  • Editeur : Folio
  • Collection : Folio

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