Tant que dure ta colère (1 septembre 2016) de Asa Larsson

Une nouvelle enquête de Rebecka Martinsson
Au nord de la Suède, à la fonte des glaces, le cadavre d une jeune fille remonte à la surface du lac de Vittangijärvi. Est-ce son fantôme qui trouble les nuits de la procureure Rebecka Martinsson ? Alors que l enquête réveille d anciennes rumeurs sur la mystérieuse disparition en 1943 d un avion allemand dans la région de Kiruna, un tueur rôde, prêt à tout pour que la vérité reste enterrée sous un demi-siècle de neige…
Après Le sang versé et La piste noire, Asa Larsson, nous entraine une fois encore dans une intrigue aussi complexe qu envoûtante, où elle dissèque les recoins les plus obscurs de l âme humaine.

Critique : Ce roman suit l’enquête de la procureure Rebecka Martinsson dans la région de Kiruna que connaît parfaitement l’auteur puisqu’elle a grandi dans cette région située au-delà du cercle polaire arctique, à l’extrême nord de la Suède. Ce livre fait partie d’une série de cinq ouvrages (le sang versé et la piste noire sont déjà parus)
L’enquête est bien menée, il y a un vrai jeu entre les personnages, les policiers qui ont des ressentiments à la suite d’événements passés…
Ce livre est écrit à deux voix, à la troisième personne habituelle en alternance avec ce que ressent Wilma qui meurt au début de l’histoire, une façon de faire parler les morts, mais sans y glisser d’invraisemblances . Nous sommes dans un village du nord de la Suède, le printemps n’en finit pas d’arriver lorsque le corps de la jeune fille est découvert et que commence alors l’enquête. C’est la vie d’une petite ville, ce que certains aimeraient cacher de leurs actions durant la Seconde Guerre mondiale, ces démons que l’on voudrait rester enfouis, le pouvoir de protagonistes qui ont leurs propres lois et savent ne jamais se faire prendre, les doutes de Rebecka sur sa relation avec Mans et la volonté de rester vivre ici, loin de la ville. Les personnages du substitut et de la « flic », sont bien détaillés et une fois cette histoire commencée on a hâte de comprendre la motivation des assassins.
Un bon polar qui ce lit très rapidement pour le plus grand bonheur de ses lecteurs.

Note : 9/10

 

  • Broché: 336 pages
  • Editeur : ALBIN MICHEL (1 septembre 2016)
  • Collection : LITT.GENERALE517Y2oM-J5L._SX341_BO1,204,203,200_.jpg

 

La conjuration de Göttingen (1 septembre 2016) de Jérôme Legras

Juin 1954. On retrouve le corps sans vie du bibliothécaire adjoint de l’université Princeton, William Wein. Avant de mourir, avec son sang, il parvient à tracer sur une stèle la lettre epsilon.
Le chef adjoint de la police locale, Michael Rumford, est chargé de l’enquête. Mais celui-ci, épaulé par l’inspecteur Bill Barlowe, va découvrir peu à peu que ce meurtre n’a rien d’un crime de routine…
En se rapprochant de physiciens allemands ayant fui le nazisme, les deux enquêteurs se trouvent mêlés à d’anciens complices de la Wehrmacht comme à de fervents tenants du maccarthysme.
Albert Einstein a-t-il plagié un article d’Henri Poincaré sur la découverte de la relativité ? Edgar Hoover, le patron du FBI, cherche à faire chanter le physicien pour s’assurer qu’il cessera de s’opposer publiquement à la bombe H.
Espionnage industriel, soupçons d’amitiés communistes, guerres entre scientifiques sur fond de rideau de fer, Michael Rumford n’est pas au bout de ses peines…

Critique : L’auteur va nous offrir une intrigue haletante, qui met face à face les grands hommes tourmentés et des justiciers ordinaires. L’envers du décor que découvre Michael Rumford permet de voir sous un jour nouveau l’histoire de l’arme atomique. Armé d’une très grande imagination, Jérôme Legras retrace l’évolution fascinante d’une science dont les bases sont révolutionnées tout au long du XXe siècle. Le style de l’auteur impressionne. Il reste pourtant simple mais ce style et le propos touchent directement à l’âme. Le propos est mélancolique voire dépressif. Toute victoire contient une défaite. Seule la défaite est réelle, la victoire est illusion.
Pourtant en filigrane on comprend que si la cause est juste et surtout sincère, la guerre peut-elle être justifiée. D’où nous vient cette volonté forte d’auto-destruction? Pourquoi l’humanité passe-t-elle plus de temps à s entre-tuer qu’à jouir pacifiquement? Écoutez nos défaites, écoutez le silence de plomb qui suit la bataille, regardez les morts qui gisent à nos pieds, regardez les larmes qui coulent sur les visages des mères endeuillées.
À travers les époques, les continents, Jérôme Legras traque les mystères de l’epsilon sanglant avec une grande habileté. La structure travaillée du livre permet d’avancer dans l’assemblage les pièces de ce puzzle aux formes saugrenues. Car derrière chaque triste victoire, se cache une défaite, celle de l’opposant vaincu mais surtout celle du vainqueur. Un lien est patiemment construit entre les remords de Max Planck vieillissant, l’assassinat d’un bibliothécaire de province et les efforts d’Edgar Hoover, le chef du FBI, pour épingler Robert Oppenheimer, présumé communiste. La trame narrative joue sur un temps habilement éclaté qui permet au lecteur de reconstruire progressivement le récit à plusieurs niveaux. Un très bon livre à découvrir.

Note : 9/10

 

  • Broché: 450 pages
  • Editeur : Archipel (1 septembre 2016)
  • Collection : Suspense

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Là où elle repose (18 août 2016 ) de Kimberly MC CREIGHT

À Ridgedale, petite ville aisée du New Jersey, le corps d’un bébé est retrouvé dans les bois voisins de l’université. Malgré toutes les rumeurs et les hypothèses que ne manque pas de susciter le drame, personne ne connaît l’identité de la fillette et encore moins les raisons de sa mort. Molly Anderson, journaliste indépendante récemment arrivée avec son mari et sa fille, est recrutée par le journal local pour couvrir le fait divers. Une affaire, pour la jeune femme, qui réveille un tourment douloureux. En effet, elle a perdu un bébé et ne s’est jamais vraiment remise de cette épreuve… Or, ses investigations vont mettre à jour certains secrets bien enfouis de cette petite communauté aux apparences si convenables.
Kimberly McCreight assemble minutieusement les pièces d’un puzzle obscur pour construire un thriller aussi captivant qu’émouvant. Après Amelia, elle confirme ici sa place parmi les meilleurs auteurs du genre.

Critique:  Après Amelia voici le nouveau Kimberly McCreigh qui va nous offre une énigme dont on ne devine pas forcément la solution. L’auteur va s’attacher à dépeindre les situations de chacune de la manière la plus détaillée possible. Louvoyant entre passé et présent, on nous expose la psychologie de femmes qui ont souffert, et en sont restées marquées. On comprend assez vite que la détresse de Jenna vient de son adolescence: entre ce que disent Sandy et les dates inscrites dans le journal intime que découvre le lecteur. Jenna éveillera forcément la compassion et l’admiration du lecteur, surtout lorsqu’elle trouvera la force d’accomplir un geste d’abnégation dont elle sait qu’il est nécessaire. On sait rapidement qu’il y a un problème avec Barbara. Fermée, engluée dans ses certitudes, incapable d’admettre qu’elle est un fléau pour ses proches, à mesure du Roman, on se rend compte que Barbara est peut-être plus atteinte que cela. Kimberly McCreight démontre encore une fois qu’il ne faut pas se fier aux apparences. En effet, Jenna apparaît comme la droguée qui se donne à tous les hommes, alors que Barbara semble être la parfaite mère de famille.
À travers la lecture on tente de donner de faux indices afin que le lecteur soupçonne plutôt tel personnage de ceci ou cela. Cependant, ce n’est pas mal fait, et ce n’est pas insistant. En outre, il est également possible de soupçonner la bonne personne, c’est le but recherché, mais comme il n’y a pas de grosses ficelles, ni d’outrances, on n’accepte volontiers de se laisser emmener jusqu’à cette fin.

Note : 9/10

  • Broché: 560 pages
  • Editeur : Le Cherche Midi (18 août 2016)
  • Collection : Thrillers
  • Prix : 19,95 euros

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48 HEURES POUR MOURIR (17 août 2016) de Andreas Gruber

Le corps d’une femme est retrouvé près du grand orgue de la cathédrale de Munich. Un crime pour le moins singulier : on lui a fait ingurgiter deux litres d’encre noire…
Sabine Nemez, jeune commissaire de police, est bien malgré elle mêlée à l’affaire : la victime n’est autre que sa mère, énième victime d’un inconnu qui enlève des femmes, les torture et les achève au bout de 48 heures si l’énigme qu’il a soumise à un proche n’a pas été résolue.
L’enquête est confiée à Maarten S. Sneijder, un expert du BKA, l’Office fédéral de police criminelle. Sabine parviendra-t-elle à convaincre cet homme aussi talentueux qu’irascible qu’un recueil de contes pour enfants sert de modèle au criminel ?
Au même moment, une psychologue viennoise ayant reçu un macabre colis suivi d’un coup de téléphone comprend qu’elle dispose de deux jours pour sauver une vie…

Critique: Voici un polar qui nous viens Allemagne; on le ressent surtout dans la façon dont s’organisent le système policier et judiciaire, bien différent de ce dont on a l’habitude. En effet, il y a la notion de land que l’on n’a pas en France. Mais cela ne fait qu’ajouter une touche d’exotisme sans gêner la lecture.
Le principe est simple : une personne est enlevée et un proche à 48h pour découvrir pourquoi…sinon c’est la mort. Lorsque la mère d’une jeune inspectrice est visée, elle se lance à corps perdu dans l’enquête. Elle réclame vengeance, tout en voulant sauver son père. Mais ses supérieurs ne sont pas d’accord. Sa seule chance est d’impressionner Sneijder. Un flic que personne n’aime – et qui ne cherche pas à se faire apprécier.
En parallèle on suit des séances de thérapie – dont on devine aisément qu’elles joueront un rôle crucial ou pour déterminer le coupable ou pour le comprendre, et une victime. Une patiente est enlevée et c’est à sa thérapeute de déterminer pourquoi. Elle devra alors tout abandonner pour sauver une femme qui cache bien des secrets. Cette thérapeute qui ne s’attendait pas à découvrir autant de secret en ouvrant sa boîte aux lettres…
Toutes ces histoires se croiseront à la fin et permettent au lecteur de bien appréhender tout ce qui se passe. À la fois la traque par la police, par une victime, et ce qui pousse le tueur à faire ça, à cette mise en scène si particulière.
Dans un terrible thriller, Andreas Gruber frôle les limites de la noirceur pour livrer un ouvrage angoissant, dur et armé d’une histoire parfaitement maitrisée.

Note : 9/10

  • Poche: 500 pages
  • Editeur : Archipoche (17 août 2016)
  • Collection : Suspense
  • Prix : 8,80 euros

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Une nuit, Markovitch (25 août 2016) de Ayelet Gundar-Goshen

1939. Zeev Feinberg et Yaacov Markovitch quittent leur petit village de Palestine, direction l’Allemagne, où ils ont pour mission d’épouser de jeunes Juives afin de les sauver des griffes des nazis. De retour chez eux, ils leur redonneront leur liberté en divorçant. Mais si Zeev a bien l’intention de retrouver la femme qu’il aime et son enivrant parfum d’orange, Yaacov, lui, ne tient pas à laisser partir Bella,  » la plus belle femme qu’il ait vue de sa vie « . Cette dernière est pourtant déterminée à se séparer de lui…

Critique : C’est d’ailleurs à la suite, de l’une d’elles, que les deux hommes se font embarquer pour l’Allemagne avec comme dessin d’épouser une jeune femme juive, non pas part amour, mais afin de les sauver. Alors que ce roman pourrait n’être qu’une simple chronique de village, par forcément très intéressante, elle est prenante. Les personnages sont forts et entiers, au point qu’ils prennent une dimension presque mythologique, comme doivent sans doute l’être des premiers colons. Ils grandissent, évoluent, changent sur une trame de départ assez simple : l’amour, le désir, le rejet, le refus. le récit est truffé de petits détails qui font penser au réalisme poétique, la poésie ayant une place importante dans la vie de certains personnages : femme exhalant une odeur d’orange, dont le fils sent la pêche, connexion par-delà les mers et les continents. Pour autant, tout n’est pas rose et tout ne se résout pas dans la joie : les immigrants ont apporté avec eux les souvenirs parfois insurmontables de la vieille Europe. Un roman gourmand, poétique, drôle, entre ombre et lumière que j’ai pu découvrir. Cette fable historique et amoureuse est à savourer doucement sous les feuillages des fruitiers de l’été indien qui approche.

Note : 8,5/10

 

  • Broché: 480 pages
  • Editeur : Presses de la Cité (25 août 2016)
  • Prix : 23 euros

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Le Pacte du silence (24 août 2016) de Martine Delomme

Un secret du passé rattrape Élisabeth, la brillante héritière et directrice des porcelaines Astier, à l’occasion d’un cocktail donné en l’honneur de son aïeule. Sa vie s’apprête à voler en éclat. Mensonges, jalousies, chantages, drames familiaux, un souffle romanesque ébouriffant dans le sérail des grands porcelainiers français.

Critique : Dès les premières pages nous rentrons dans l’histoire. Comment Élisabeth, chef d’entreprise assez hautaine pour qui l’usine de porcelaine est toute sa vie, va pouvoir de nouveau faire resurgir ce passé qu’elle avait laissé de coté? Le personnage principal est bien décrit et on s’y attache pleinement, on comprend sa retenue et ses chagrins, ses difficultés comme ses réussites. On s’y identifierait presque car on brûle avec Élisabeth de savoir ce qui se cache derrière les sourires et les amitiés de façade, et on a de temps à autre envie de remettre à sa place cette femme arrogante et sûre d’elle, incapable de laisser la place à d’autres mêmes quand cela s’avère nécessaire.                                                                                                                                                           Note : 8,5/10

 

  • Broché: 360 pages
  • Editeur : Calmann-Lévy (24 août 2016)
  • Collection : Littérature Française
  • Prix : 19,90 euros

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Le cri (8 septembre 2016) de Nicolas Beuglet

Hôpital psychiatrique de Gaustad, Oslo. À l’aube d’une nuit glaciale, le corps d’un patient est retrouvé étranglé dans sa cellule, la bouche ouverte dans un hurlement muet. Dépêchée sur place, la troublante inspectrice Sarah Geringën le sent aussitôt : cette affaire ne ressemble à aucune autre.

Critique : Nicolas Beuglet emmène le lecteur dans les méandres de cette vaste enquête, chaque page du livre apporte intrigues… indices … Les chapitres courts dans un style efficace poussent le lecteur toujours plus loin et le tiennent en haleine jusqu’aux dernières lignes du livre. Il n’y a aucun temps mort, et les rebondissements successifs entraînent une addiction, tout s’enchaîne parfaitement, rien ne vient briser le flot de l’histoire, pas même la fin, qui semble tout à fait naturelle et en adéquation avec le reste de l’ouvrage. Les personnages sont bien détaillés et s’intègrent parfaitement à la fiction, et on souffle de temps à autre grâce aux quelques touches d’humour distillées par l’auteur. Enfin, la violence physique décrit reste supportable ; la torture mentale imaginée est plus dure. Un bon moment de lecture avec cette pincée de stress indispensable, ce livre est bel et bien une superbe découverte qui laissent le lecteur totalement en haleine et paniqué face à cette intrigue totalement folle, et pourtant… »Le cri » est un petit bijou !
Note : 9/10

 

  • Editeur : XO (8 septembre 2016)
  • Prix : 19,90 euros

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