Interview Avec Christian Jolibois et Marianne Barcilon, auteurs de Ourson le terrible.

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Interview à deux voix pour album à quatre mains

 « Trop de gens manquent d’amour. »

Avec Christian Jolibois et Marianne Barcilon, auteurs de Ourson le Terrible.

Ourson le Terrible est le premier album que vous signez ensemble et le premier album de Christian Jolibois aux éditions Kaléidoscope. Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Christian Jolibois : Depuis longtemps, Marianne me demandait de lui proposer un texte. Lorsque je la croisais dans des salons, elle renouvelait sa proposition. Un jour, en rentrant chez moi, je me suis dit que je ne pouvais pas la laisser comme ça et j’ai écrit ce texte.

Marianne Barcilon : Autant être honnête, cela fait des années que je harcèle Christian ! J’adore son univers, son humour. Il me répondait qu’il n’avait pas le temps, qu’il avait de quoi s’occuper jusqu’en 2017 ! Alors je lui ai envoyé le mail de la dernière chance, un mail humoristique, lui vantant ce qu’il perdait à ne pas travailler avec moi. Ça a marché. Il m’a enfin répondu et m’a promis de m’envoyer un texte. Ce qu’il a fait.

Comment est venue l’idée de mettre en scène cet ourson « haut comme trois pommes », qui « sème la panique parmi les habitants de la forêt » ?

C.J. : Je suis parti d’un constat simple et universel : l’amour aide à mieux vivre. Trop de gens manquent d’amour. Il y aurait sans doute moins de violence si certains avaient reçu plus de câlins et de bisous dans leur enfance. C’est peut-être un peu naïf, mais j’en suis convaincu. Cet ourson est une sorte de bad boy qui terrorise tout le monde, mais que la découverte de l’amour va bouleverser. Je me souviens d’une interview de Françoise Dolto il y a une trentaine d’années. En voyant un petit garçon qui cassait tout, elle lui a dit : « Comme tu dois être malheureux ! »

Marianne, ce texte a-t-il été à la hauteur de vos attentes ?

M.B. : Oui, j’ai trouvé qu’il s’inscrivait dans l’univers de Kaléidoscope et que cet Ourson plairait à Isabel. Et puis, il faut imaginer Christian, qui a été comédien, lisant son texte au téléphone en mettant l’intonation pour chaque personnage. C’était avoir de nouveau 6 ans et demi… J’aurais pu l’écouter pendant des heures !

Comment avez-vous travaillé ?

C.J. : J’ai envoyé le texte à Marianne avec quelques suggestions. J’avais des images fortes en tête à propos de certains passages. Notamment quand Ourson tombe littéralement cul par-dessus tête sous l’effet du bisou de Dame Ourse. Je lui ai soumis mes idées. J’ai l’habitude de beaucoup dialoguer avec Christian Heinrich sur notre collection « Les P’tites Poules ». Je trouve que l’échange aide à alléger le texte. On évite les pléonasmes. Inutile par exemple d’écrire « Il fait beau » si le dessin montre un soleil radieux.

M.B. : Tout s’est passé avec beaucoup de simplicité. Je n’avais pas envie de décevoir Christian. D’habitude, je travaille de mon côté. Là, je lui ai envoyé régulièrement des dessins pour qu’il me donne son avis. Ses remarques étaient toujours pertinentes et ont tiré l’album vers le haut. Globalement nous sommes tombés d’accord sur beaucoup de choses. J’ai soigné le moindre détail. Quand Christian écrit des morilles ou des girolles, je n’envisageais pas de dessiner d’autres champignons !

Vous êtes rapidement tombés d’accord sur la couverture…

M.B. : J’ai fait une maquette de couverture avec la bouille de Ourson en gros plan. J’aimais bien le contraste entre son air volontaire et ses petites canines de bébé qui dépassent de sa bouche. Christian a beaucoup aimé. Au point de dire : « Si tu changes cette couverture, je me fâcherai ! »

C.J. : Je suis très content de la couverture, de ce rouge éclatant avec le titre Ourson le Terrible, qui claque comme Ivan le Terrible !

Avez-vous envie de collaborer de nouveau ?

M.B. : Vraiment !

C.J : J’aime beaucoup le travail de Marianne, ce qu’elle arrive à rendre avec l’aquarelle, une tendresse teintée d’humour qui collait bien au texte.

 

Propos recueillis par Claudine Colozzi

Avril 2016

Quand la neige danse de Delzongle,Sonja

2014. L’hiver est le plus froid que Crystal Lake ait jamais connu. Cette petite ville paisible proche de Chicago semble pétrifiée, mais la neige et le blizzard ne sont pas les seuls coupables. Depuis un mois, quatre fillettes se sont volatilisées. Les habitants sont sous le choc. Ce matin-là, Joe Lasko s’équipe pour une énième battue dans les bois gelés lorsqu’on lui dépose un paquet. Dedans repose une poupée, une magnifique poupée aux cheveux longs et roux, comme sa fille Lieserl disparue. Comble de l’horreur : la poupée est vêtue exactement comme Lieserl le jour où elle s’est volatilisée. Ce matin de février 2014, toutes les familles des fillettes vont recevoir une poupée… C’en est trop pour Joe. Ce jeune divorcé n’a plus que Lieserl dans sa vie. Il décide de mener sa propre enquête, aidé par Eva Sportis, une détective privée dont il était secrètement amoureux des années plus tôt. Eva comprend très vite que l’affaire la dépasse et appelle à l’aide Hanah Baxter, son ancienne prof de fac, la célèbre et charismatique profileuse et son inséparable pendule. Hanah réalise au fil de l’enquête que quelque part, dans Crystal Lake, quelqu’un s’en prend aux enfants depuis très longtemps. Les détient-il prisonniers ? Sont-ils encore en vie ? Un criminel maintes fois condamné semble être le coupable tout indiqué, pourtant Hanah, Eva et Joe sont persuadés que la police se trompe de coupable. Dans un décor impressionnant de froid et de glace, Sonja Delzongle mène de main de maître une histoire trépidante dont les rebondissements et les fausses pistes trouvent leur sens dans le passé et nous mènent inexorablement vers un final terrifiant.

Critique : Un autre magnifique roman policier sorti de chez les Éditions Denoël avec un livre au mystère complet ou l’auteur va nous faire entrer dès le début face à une histoire complexe autour de laquelle s’articulent des personnages énigmatiques et un drame des pires avec l’enlèvement de fillettes, le roman ne donne pas l’impression de déjà-vu. Les éléments qui viennent s’y greffer rendent inquiétante la lecture. Par l’écriture à la troisième personne l’auteur nous change le point de vue des personnages et nous fait entrer dans plusieurs flashbacks, on y découvre beaucoup de choses sans vraiment y comprendre. Sonja Delzongle nous met des fragments de réponses au fur et à mesure du récit pour être de plus en plus dérangeant, tout en gardant le suspens intact. Les thèmes abordés comme choisit comme la maltraitance des enfants, les pathologies psychologiques mettent mal à l’aise. L’auteur prend plaisir à brouiller les pistes et le choix des lieux, et la saison donnent à cette histoire un côté surréaliste. Arrivé à la fin on se prend à reprendre souffle tellement l’histoire est prenante. Un superbe livre à lire dans s’ennuyer.

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 432 pages
  • Editeur : Denoël (1 avril 2016)
  • Collection : Sueurs froides

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La Loi du silence de Anita Terpstra

Alma Meester, son mari Linc et leurs enfants Iris et Sander semblent être une famille heureuse. Tout bascule lorsque Sander, âgé de onze ans, disparaît avec un petit camarade lors d’une colonie de vacances. Le corps de ce dernier est retrouvé, mais Sander, lui, semble s’être évaporé dans la nature. Cinq ans plus tard, un jeune homme se signale à un poste de police en Allemagne. Fous de joie, Alma et Linc peuvent à nouveau serrer leur fils dans leurs bras. Il affirme être Sander, le garçon disparu des années plus tôt. Pourtant les retrouvailles sont loin d’être parfaites, et la famille commence à douter. Sander est-il vraiment celui qu’il prétend être ? Il a toujours été un garçon étrange, insaisissable, au comportement parfois malsain… Pour le savoir, ils devront se replonger dans un passé qu’ils préféreraient oublier afin de découvrir ce qui est réellement arrivé pendant la colonie de vacances. Dans ce récit brillamment construit, Terpstra dépeint avec empathie l’amour que porte une mère à son enfant, amour absolu et parfois aveugle.

Critique : L’histoire débute par un élèvement et le lecteur assiste à son retour avec sa familleSa mère n’a jamais cessé de chercher son enfant est folle de joie. Pour elle, le retour de son fils est synonyme de bonheur. En tant que lecteur on cherche à comprendre le pourquoi et le comment de la disparition du petit Sandler. Mais le père et la sœur aînée, ne sont pas d’accord et ont une réaction plus modérée. On est proche de la série américaine : The Family. et l’auteur construit son roman comme un film auquel on ne s’ennuie jamaisChaque chapitre donne envie de lire le suivant, il n’y a aucun moment de repos comme une chasse à la vérité nous allons de révélation en révélation et chaque personnage, chaque élément a son importance. C’est un livre fort et on est avec les personnages de bout en bout, l’écrivain nous présente une histoire écrite à la troisième personne ce qui vous met sur de fausses pistes, et qui arrivent à nous faire croire des choses sans rien dire et avec subtilité l’auteur nous donne au fur et à mesure des indices disséminés et des révélations tout au long du livre pour que l’a cette forge un fin idéal mais la vérité que l’ont pensé et la force de ce roman est cette fin insoutenable à laquelle le lecteur va vouloir reprendre le livre et se demander ce qu’il a raté. Un super roman qui ce lit d’une traite et que l’on vit comme un film.

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 368 pages
  • Editeur : Denoël (22 avril 2016)
  • Collection : POLICIER – SUSP

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Speak Easy puzzles

3ème volume d’une collection de jeux sur les expressions idiomatiques. Un outil pour devenir bilingue. On découvre que l’ours en français se transforme en poule en anglais dans l’expression « il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué ». En anglais « don’t count your chickens before they are hatched« . Chaque casse-tête a un thème qui regroupe les expressions et les rendent plus facile à retenir.

Critique : Ce Livre n’a rien à voir avec un livret de compétences. Le mot « compétence » renvoie bien sûr à une activité langagière (expression écrite, expression orale en continu, etc.). Mais une compétence, c’est aussi un ensemble cohérent et indissociable de connaissances (lexicales, grammaticales), de capacités (à mettre en œuvre ces connaissances) et de savoir faire appropriés à une situation donnée. Ce qui caractérise ce livre, c’est de proposer des séquences dans lesquelles on apprend justement à mettre en œuvre des connaissances et des savoir faire au service de tâches de la vie quotidienne en activant les compétences langagières adéquates. Il peut aider à construire des séquences avec une unité pédagogique entièrement centrée sur la tâche à accomplir, à trouver des idées de contextes et de stratégies. Ce livre remplit totalement sa mission.

Note : 9/10

Disponible sur http://store.fusac.fr.

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90+ Ways You Know You’re Becoming by Shari Leslie Segall, Lisa Vanden Bos et Judit Halász

Tout petit et plein de pépites, illustrations aquarelles, plein d’humour, de perspicacité, de belles illustrations et de clins d’œil, il ouvre un nouveau regard sur les expatriés anglo-saxons en France et sur leurs amis, collègues, commerçants, voisins et autres Français qui les accueillent.

Critique : Avec ce livre les auteurs nous offre un brin de fraîcheur et une vue extérieure de la France.
Tracé avec de belle illustrations, ce portrait de Paris accentue les spécialités du quotidien dans la capitale: Entre cafés ( and tea of course), bières, sortes, boulot, anglais, drague … ce livre est un concentré d’humour & on ne se lasse pas des préjugés.                                    
Bravo pour cette plume légère et chatouilleuse.

Note : 8/10

 

  • Paperback: 100 pages
  • Publisher: FUSAC Editions

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Mon plus proche cousin de Marguerite Tiberti

Baleines, crocodiles, humains, renards, tortues, crabes et autres colibris, pâquerettes, champignons ou vers de terre sont si différents ! Et pourtant…tous parents ! N’importe quel savant te le dira : nous avons tous un ancêtre commun. Dans la grande smala des êtres vivants, saurais-tu deviner qui est le plus proche parent de qui ? Qui est le plus proche cousin de qui ?
Un livre drôle et instructif, à mettre entre toutes les mains.

Critique :Cette collection est vraiment excellente pour initier les enfants au monde qui les entoure. Dans cet album, ils découvrent l’évolution de l’humain. On ne les prend pas pour des imbéciles, c’est très clair et très bien illustré et le plus c’est qu’il  s’agit d’un livre à flap, il faut ouvrir le livre pour découvrir la réponse.Bravo aux auteurs et aux éditions du Ricochet !

Note : 9/10

 

  • Album: 40 pages
  • Editeur : Editions du Ricochet (7 octobre 2010)
  • Collection : OHE LA SCIENCE

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Graine de pastèque par Greg Pizzoli

Ce drôle de crocodile adore les pastèques. Il les aime au petitdéjeuner. Il les aime au déjeuner… Il les aime en dessert ! Mais un jour : GLOUPS !! il avale tout rond un pépin de pastèque. Cest la panique ! La graine va-t-elle germer dans son ventre ? Sa peau va-telle virer au rose ? La plante ressortira-t-elle par ses oreilles ? Ouf ! Le pépin est expulsé. Mais faudra-t-il se priver de pastèque pour éviter le risque ?

Critique : Un superbe livre pour enfants avec un crocodile qui adore les pastèques ! Le livre reprend le mythe du pépin de pomme qu’on avale du pommier et qui risque de pousser dans notre estomac. Ici l’auteur l’a détourné de façon enfantine avec un personnage touchant et des illustrations simples en deux couleurs : vertes et roses . Le décor est quasiment absent, laissant la place à un fond le plus souvent uni, qui met bien en avant notre mignon crocodile. Tout est simple dans ce livre mais fait avec tant de finesse que l’on est conquis et qu’on souhaite y replonger de suite.

Note : 10/10

 

  • Album: 32 pages
  • Editeur : Ricochet (19 mars 2015)
  • Collection : ALBUMS

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