Bande-annonce de « Hédi, un vent de liberté » de Mohamed Ben Attia, sortie le 28 Décembre

Bande-annonce VOST:

Voici la bande-annonce de Hédi, un vent de liberté de Mohamed Ben Attia avec Majd Mastoura, Rym Ben Messaoud et Sabah Bouzouita.

Synopsis:

Kairouan en Tunisie, peu après le printemps arabe. Hedi est un jeune homme sage et réservé. Passionné de dessin, il travaille sans enthousiasme comme commercial. Bien que son pays soit en pleine mutation, il reste soumis aux conventions sociales et laisse sa famille prendre les décisions à sa place. Alors que sa mère prépare activement son mariage, son patron l’envoie à Mahdia à la recherche de nouveaux clients. Hedi y rencontre Rim, animatrice dans un hôtel local, femme indépendante dont la liberté le séduit. Pour la première fois, il est tenté de prendre sa vie en main.

Note: le film a été récompensé au festival de Berlin en tant que meilleur premier film.

Hédi, un vent de liberté sortira en salles le 28 Décembre

L’arbre et le fruit (17 mars 2016) de Jean-François Chabas

Jewel ne comprend pas. Où est passée Maman?
Devra-t-elle rester avec Papa, maintenant?
Cette perspective lui fait peur. Mais il ne faut pas qu’Esther le sente. C’est sa petite soeur, elle doit la protéger. En fait, Maman est à l’hôpital psychiatrique. Parce que Papa lui fait du mal. Parce que Papa les terrorise.
En grandissant, Jewel comprend peu à peu que si son père est malfaisant, d’autres personnes sur la terre méritent qu’on les aime et qu’on se batte.

Critique : Un roman sur la maltraitance et la violence faite aux femmes
qui raconte la vie perturbée de deux fillettes américaines dans les années 1980. le décalage dans le temps permet de prendre de la distance sans rien perdre de l’actualité de ces violences dont on sait qu’elles sont encore trop souvent tues et qu’elles s’affranchissent des classes sociales. le père de Jewel et d’Esther exerce justement une très honorable profession : il est notaire. Qui pourrait imaginer que cet homme affable, apprécié en société se transforme en monstre lorsqu’il passe la porte de son domicile . Dans un climat de violence quotidien, deux filles et leur mère subissent la tyrannie du père, figure autoritaire et brutale. Au regard de la société, cet homme est parfait, au regard de sa famille, il est un monstre. La mère se renferme, persuadée de ne pouvoir échapper à son sort et décide même de subir des enfermements volontaires en hôpital psychiatrique, où l’éloignement et les médicaments lui permettent d’oublier cet homme.
Ces filles elles, restent, et se construisent face à la peur que leur inspire ce père et l’absence réconfortante d’une mère. Choisiront-elles le même chemin que leur mère ? Céderont-elles face à la crainte, où choisiront-elles de s’émanciper pour se construire une autre vie ? Ce court roman est sans pitié dans ses propos, il est exactement le film des familles détruites par la violence gratuite.
Non ce n’est pas simple d’écrire une critique sur ce sujet, et pourtant ce sont des choses qui se passent au quotidien.Certaines femmes arrivent à se sauver, à sauver leurs enfants, mais pas toutes malheureusement. Ce livre offre la possibilité de délivrer une parole qui souvent reste enfermée et propose une solution finale à un public de jeunes adolescent qui pourrait être confronté à cette problématique. Sur le sujet difficile et ô combien casse-gueule des violences familiales, l’auteur livre un récit qui nous prend au coeur, au ventre et au cerveau. Un vrai moyen de faire comprendre la complexité de ces relations de domination aux lecteurs, jeunes ou moins jeunes, doublé d’un récit d’espoir, de bienveillance et de quête du bonheur.

Note : 10/10

 

  • Broché: 128 pages
  • Editeur : Gallimard Jeunesse (17 mars 2016)
  • Collection : Scripto
  • Langue : Français

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La maison de Winnie l’Ourson (27 octobre 2016) de Alan Alexander Milne et Ernest H. Shepard

– Toi, tu as une maison, Cochonnet, et moi, j’ai une maison, et Hibou et Kangou et Lapin ont chacun leur maison, mais le pauvre Hi-han n’a rien. Aussi, voici à quoi j’étais en train de penser : construisons-lui une maison.
– Ça, dit Cochonnet, c’est une idée magnifique.
La version originale, dans toute sa beauté, de la suite des aventures de Winnie l’Ourson et de ses amis.

Critique : Winnie et ses amis vivent des jours heureux dans leur jolie forêt. Jour après jour, il leur arrive de nouvelles aventures, et cela amuse beaucoup Christopher Robin.
C’est vraiment mignon tout plein. L’édition qui m’a été offerte comporte d’autant plus les illustrations originales de E. H. Shepard qui embellissent un récit destiné aux petits, mais toujours sympathique pour les plus grands. le genre oscille entre nouvelles et roman, puis qu’aucun chapitre ne se suit vraiment ou ne nécessite la lecture du précédent pour comprendre.
Toutes ces petites créatures vivent dans un monde merveilleux et insouciant qu’il est parfois triste de lire puisque tout leur semble facile. On aimerait vraiment être avec Tigrou, Porcinet et les autres, vivre leur quotidien pour oublier le nôtre, s’amuser de la gentille et bienveillante bêtise de Winnie. Car on a tendance à oublier le caractère profond de nos compagnons d’enfance. Si Winnie n’est pas très intelligent, il cherche toutefois, entre deux pots de miel, le bien de ses amis. Et le magnifique paradoxe vient du fait que c’est le moins intelligent qui compose de magnifiques poèmes et chansons. Comme quoi, le plus bête n’est pas toujours celui auquel on pense. Belle leçon d’humilité…
Derrière sa timidité, Porcinet est quant à lui fort attachant et montre qu’un handicap (ici le bégaiement) n’empêche en rien l’amitié d’autrui. Sa gentillesse montre d’ailleurs encore une fois qu’il faut aller au-delà des apparences.
Maître Hibou représente tout l’inverse de Winnie : il se dit intelligent mais ne sait même pas lire. Il fait lui-même une faute en écrivant son nom, alors qu’il se prétend érudit. Il est même la référence pour ses amis. Mais on s’aperçoit toujours très vite qu’ils se sortent tous des mauvaises situations sans son aide.
Le cynisme de Bourriquet n’est là que pour montrer à quel point la vie est plus belle avec des amis.
Ces personnages sont de très bon exemples pour éduquer les petits sur la tolérance et l’amitié, et pour rappeler aux grands que même si ces contes représentent un idéal, cet idéal peut se trouver. Et quitte à ne pas le trouver dans les autres, il faut essayer de le trouver en nous. C’est sans doute un message d’espoir, qui, pour aller plus loin, invite à s’aimer les uns les autres et à vivre en communauté. On sait aujourd’hui combien les habitants de cette planète ont des difficultés à aimer l’autre…

Note : 10/10

 

  • Album: 208 pages
  • Tranche d’âges: 8 – 10 années
  • Editeur : Gallimard Jeunesse (27 octobre 2016)
  • Collection : BIBLIOTHEQUE GA

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Brèves de politiques (6 octobre 2016) de Jean-luc Mano

Lapsus mémorables, formules assassines, dérapages verbaux incontrôlés, les politiques ne manient pas que la langue de bois : ils savent aussi nous faire rire – parfois même à leurs dépens.
Ces brèves de politiques rassemblent près de 300 répliques cinglantes ou insolites qui ont assaisonné l’actualité politique.

Critique : Ce n’est certes pas le livre du siècle mais en tout cas, il fait rire et ça fait du bien. Il fait admirablement remarquer à quel point l’élégance et la répartie des dits grands hommes est comme notre société : en plein déclin.La mise en page, texte aéré, polices de taille variable, m’a paru bien adaptée à ce genre de recueil.

Note : 8,5/10

 

  • Broché: 128 pages
  • Editeur : Chiflet (6 octobre 2016)
  • Langue : Français

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Les Verts – tome 2 Contre-attaque (20 octobre 2016) de Frederic Brremaud et Armentaro

Une équipe peut être composée des meilleurs joueurs de monde. S’ils ne sont pas soudés, ils perdront contre une équipe de centième division… C’est par un discours du coach sur la solidarité que ce nouvel épisode débute…

Critique : Indéniablement le genre de BD qui s’adresse aux fans de cette équipe de Football.
Les passionés de BDs ne s’attarderont certainement pas sur cet album, mais celà ne veut pas dire qu’il n’a aucun intérêt.
Vous êtes jeunes, vous aimez le footall, vous aimez l’AS Saint Etienne, alors jetez-vous sur cet album et vibrez au rythme des entrainements, des buts, des rebondissements, d’une histoire d’amitié et d’amour pour ce sport…
Graphiquement, nous sommes très proche du style manga avec quelques planches et cases qui m’ont fait penser à la série « Jeanne et Serge ».
Coté scénario, il s’adresse à un public de jeunes fans.
Alors, a lire si vraiment vous aimez le foot et Saint Etienne, mais à offrir à tous les fans !

Note : 8/10

 

  • Album: 48 pages
  • Editeur : Hugo BD (20 octobre 2016)
  • Langue : Français

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Petit Poussinou nous les brise (6 octobre 2016) de Capucine Lewalle et Benoit Drigny

Tous les parents lisent à leur enfant  » Petit Ours Brun  » ou  » Tchoupi « . Et pourtant, ces petits héros aux comportements exemplaires les agacent par leur niaiserie, leur ringardise et ne sont pas du tout représentatifs des enfants dans la vraie vie.

Critique : Irrévérencieux, drôle, ce livre n’est pas à mettre entre toutes les mains !
Il résume un peu tout ce que l’on peut penser parfois sur ces chères têtes blondes…
Un Poussinou absolument odieux qui noie son chat ou pousse à bout sa mamie, 6 petites histoires illustrées de façon aussi drôle que le texte, tout en petites rimes.
Le format parfait, vivement une suite.

Note : 9/10

 

  • Relié: 64 pages
  • Editeur : Chiflet (6 octobre 2016)
  • Langue : Français

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Paroles (4 novembre 2016) de Jacques Prévert

Critique : « Paroles » est un recueil qui rassemble des poèmes écrits entre 1930 et la fin de la deuxième guerre.
Le grand classique des écoles primaires reste bien sur « Le cancre » qui finit par dessiner le bonheur avec des craies de couleur : c’est une belle image qui symbolise la revanche de l’élève médiocre sur la vie.
Deux thèmes récurrents et parfois mêlés : l’amour et la guerre qui reviennent dans nombre de poèmes de cette série. Notamment dans « Barbara », hymne à l’amour, nostalgique à souhait, Prévert exprime sa colère contre la « betise » de guerre qui sépare ceux qui s’aiment.
Quant à cette citation extraite de « Evénements », elle résume assez bien la révolte de l’auteur contre la bêtise humaine.
« c’est fou ce que l’homme invente pour abîmer l’homme »
Prévert sait non seulement être acide, ironique, mélancolique mais aussi drôle. C’est dans cette catégorie que je classe « L’accent grave » qui est un dialogue entre un professeur et son élève rêveur – Hamlet ( ça ne s’invente pas) – qui finit par poser la seule véritable question « être où ne pas être » après une succession de jeux de mots subtiles.
Personnellement, c’est « Inventaire » que j’apprécie le plus. Sans doute parce que cette liste est un peu délirante, elle s’apparente pour moi aux promesses électorales qui ont plu en cette période de municipales…

Note : 10/10

 

  • Editeur : Editions Gallimard (4 novembre 2016)
  • Collection : Folio

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Charlotte (4 novembre 2016) de David Foenkinos et Charlotte Salomon

Avec des gouaches de Charlotte Salomon

Critique :  Superbe texte sur une artiste à part. Charlotte Salomon a laissé quelques centaines de gouaches dont elle disait : c’est toute ma vie. C’est plein de talent et de mélancolie, car Charlotte a dû porter un atavisme lourd (suicides en série dans sa famille, sur plusieurs générations). Mais c’est tout de même un hymne à la vie.
David Foenkinos a réussi a rendre cette vie criante de présence et de vérité, sous une forme aussi particulière que les gouaches; avec beaucoup de poésie, à force de phrases courtes et sobres, une par ligne comme un long poème en prose. Il a inséré quelques dizaines d’œuvres judicieusement choisies, en rapport avec les évènements qui ont jalonné la vie trop courte de Charlotte Salomon, au temps de l’Allemagne nazie. L’ouvrage est merveilleux, le texte qui accompagne les tableaux très enrichissant.

Note : 9,5/10

  • Broché: 256 pages
  • Editeur : Folio (4 novembre 2016)
  • Collection : Folio

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Suite française: Tempête en juin (4 novembre 2016) de Moynot,Emmanuel

D’après le roman d’Irène Némirovsky

Critique : Cette adaptation en BD de Tempête en Juin par Emmanuel Moynot est assez réussie. C’est graphiquement assez proche de Tardi, le trait est un peu plus nerveux et faussement hésitant. Les personnages sont bien typés, ce qui est utile vu leur nombre important. Le grisé « débordant » rajouté sur les croquis est très réussi et donne une note tragi-poétique à l’album.
Une galerie de portraits en début d’album présente les différentes « familles »: les Péricand, bourgeois des beaux quartiers parisiens, les Michaud, petits employés de banque, Le banquier Corbin et sa maîtresse, Corte l’écrivain et sa maîtresse, quelques domestiques et les petits repentis du XVIème
L’album respecte la chronologie du roman: fin de la Drôle de Guerre , débâcle, puis début de l’occupation. Les différents chapitres sont courts, souvent dédiés à une seule famille et apportent un peu de rythme (les stukas aussi) à ce voyage impromptu et imprévu de Paris vers le centre de la France.
Cette peinture de la France de 1940 est-elle réaliste, les français avaient-ils l’âme aussi noire à l’époque? Si Irène Némirovsky fait parfois preuve d’une misanthropie exagérée, son destin tragique plaide finallemand en sa faveur.

Note : 9/10

 

  • Album: 224 pages
  • Editeur : Folio (4 novembre 2016)
  • Collection : Folio

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Chroniques de Bob Dylan

Bob Dylan replonge avec délices dans le Village de 1961, quand, jeune homme introverti, il découvrait Manhattan. Pour le chanteur folk débutant né dans le Midwest, New York est la ville de tous les possibles, de toutes les passions : nuits blanches enfumées, découvertes littéraires, amours fugaces, amitiés indestructibles. Les souvenirs de l’enfance reviennent ici comme autant d’illuminations, composant l’histoire d’un musicien de génie qui aspirait à la gloire mais ne la supportait pas. Le premier volume d’une autobiographie en roue libre qui devrait comporter trois volets.

Critique :Avec Tarentula, son roman douloureusement accouché au début des années 70, la critique n’avait pu que constater que le plus grand parolier du rock n’était pas vraiment un écrivain.
Oui, mais voilà, Dylan est un homme bourré de contradictions qui défie absolument toutes les analyses. Quand vous croyez l’avoir compris, il change de visage et devient un autre.
Ce « Chroniques, volume 1 » démontre ainsi qu’il est capable de tenir un lecteur en haleine sur plus de 300 pages en racontant sa vie, ou plutôt, de toutes petites parcelles de sa vie.
Si l’essentiel de ce livre parle de la période newyorkaise du début des sixties, les chapitres sautent du coq-à-l’âne avec une grande désinvolture… et une réelle élégance, car on accepte très vite de passer d’une époque à l’autre en compagnie d’un tel guide.
Personnellement, le passage que j’ai préféré – et que je trouve le plus révélateur – est celui consacré à l’enregistrement de l’album « Oh mercy » avec le producteur canadien Daniel Lanois. Dylan explique alors ses interrogations, ses motivations, ses sources d’inspiration et ses techniques de composition. On a parfois vraiment l’impression de regarder par-dessus son épaule tandis qu’il crée l’un de ses meilleurs albums de « maturité ».
Mais, le paradoxe des paradoxes, c’est que Dylan se révèle exactement comme on pouvait l’imaginer: un menteur génial, manipulateur né, qui nous donne brièvement l’impression d’être notre meilleur ami, avant de nous laisser à la porte des lieux où tout se fait réellement.
Car si l’auteur nous dit beaucoup de choses, il ne révèle finalement rien – ou presque – sur sa vie privée, ses amours, ses emmerdes.
Que voulez-vous, Dylan restera toujours Dylan.

Note : 10/10

 

  • Broché: 400 pages
  • Editeur : Folio
  • Collection : Folio

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