En chaussettes d’Hugo Cétive, vis ma vie de tox

Ce court roman auto-édité est une véritable plongé en enfer. En chaussettes d’Hugo Cétive ou comment les choix que l’on fait peuvent nous précipiter en enfer.

Introspectif d’une part et témoignage glaçant du quotidien d’une épave dont le seul objectif est de trouver un moyen de se procurer une nouvelle dose de crack. L’auteur ouvre une lucarne crédible et effrayante sur ce qui constitue la vie d’un homme à la dérive, entre les agressions, l’exclusion sociale et la perte d’humanité. De manière paradoxale, c’est durant cette partie que le narrateur est le plus touchant, en noyé qui s’enfonce dans les profondeurs de la dépendance.

L’autre partie du récit s’attarde sur les souvenirs d’Alex, le narrateur, sur cette vie consumée alors qu’elle avait à peine commencé. L’auteur parvient à faire de son personnage un Icare aux ailes brûlées convaincant. Un jeune homme victime de ses propres errances et de ses choix irréfléchis. Un être complexe, coincé entre haine de soi et fuite en avant.

Le récit en lui-même s’achève de manière abrupte sans que lui puisse assimiler de manière convaincante l’évolution psychologique du personnage principal. Une fin qui se veut comme une nouvelle aube après d’interminables ténèbres mais qui apparaît tel un flash éblouissant qui déconcerte plus qu’il ébahit.

Malgré cette fin précipitée et peu convaincante, le récit offre un parcours glauque et sidérant du quotidien d’un junkie.

Résumé : C’est l’histoire d’un fumeur de crack à Paris. Il ne dort pas. Il vit dans un hôtel « le petit Génie ».
Il a 25 ans. Il était chauffeur VTC. Il avait une femme et une fille.
Un jour, on lui pique ses chaussures.

ASIN ‎B09CRNPWRB
Éditeur ‎Independently published (19 août 2021)
Langue ‎Français
Broché ‎157 pages
ISBN-13 ‎979-8459929812

Si ça saigne de Stephen King, si on s’ennuie…

Dispensable. Voilà le mot qui me reste après la lecture de ce recueil de nouvelles de Stephen King. Pas désagréable mais vraiment pas mémorable. Voyons ça dans le détail.

La première histoire, « le téléphone de M. Harrigan, est très classique dans son traitement. Quiconque connais l’auteur ne ressentira aucune surprise, et encore moins d’effroi, face à cette histoire d’un personnage équilibré et bienveillant et de téléphone hanté. Rien de désagréable mais c’est du vu et revu.

Je suis resté complètement hermétique à la seconde histoire, qui a le mérite d’être originale et loufoque mais cela n’a pas suffi à capter mon attention.

Quant à la troisième nouvelle, qui a sans doute constituée l’attrait principal du recueil pour nombre de lecteurs, elle remet en scène le personnage passionnant d’Holly Gibney dans une intrigue qui n’est qu’une pâle resucée de l’ouvrage précédent de l’auteur, l’outsider, mais sans rien apporter de neuf à la mythologie de cet univers. Retrouver Holly est toujours un plaisir mais cela ne suffit pas à faire de Si ça saigne un récit inoubliable.

Seul la dernière nouvelle, un huis clos sur fond de pacte faustien, déploie une véritable atmosphère. L’auteur renoue avec l’un de ses sujets favoris, la création littéraire et les affres délétères qu’elle peut entraîner. L’auteur a eu la bonne idée d’aller à l’essentiel pour ce dernier récit.

Ces quatre nouvelles sans aucune thématique commune entre elles forment un recueil bancal, pas inintéressant dans l’absolu, à condition d’être fan inconditionnel du King

Résumé : Les journalistes le savent : si ça saigne, l’info se vend. Et l’explosion d’une bombe au collège Albert Macready est du pain béni dans le monde des news en continu. Holly Gibney de l’agence de détectives Finders Keepers, travaille sur sa dernière enquête lorsqu’elle apprend l’effroyable nouvelle en allumant la télévision. Elle ne sait pas pourquoi, le journaliste qui couvre les événements attire son attention…
Quatre nouvelles magistrales, dont cette suite inédite au thriller L’Outsider, qui illustrent, une fois de plus, l’étendue du talent de Stephen King.

Éditeur ‎Albin Michel (10 février 2021)
Langue ‎Français
Broché ‎464 pages
ISBN-10 ‎2226451056
ISBN-13 ‎978-2226451057

Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre, les enfants meurtris de la patrie

Il était plus que temps que je parte à la découverte de Pierre Lemaitre, auteur reconnu et maintes fois primé mais que je n’avais encore jamais lu.

L’auteur adopte un ton ironique pour narrer son histoire. Ce qui constituera sa plus grande force mais aussi sa plus grande faiblesse. Le début du récit nous montre l’enfer des tranchées par le regard naïf du soldat Maillard tout en brisant le quatrième mur. Une technique qui permet d’instaurer une certaine distance ironique avec la situation vécue par les personnages. Une distance qui se rompt brutalement lorsque la réalité de la guerre se rappelle aux yeux du lecteur.

Cette plume empreinte d’humour et de légèreté va progressivement se laisser envahir par un ton désabusé à mesure que le récit dévoile toute l’ampleur de la médiocrité française, sans jamais toutefois se départir de son ton naïf, notamment grâce au personnage d’Albert, éternel grand enfant perdu dans un monde d’adultes cyniques.

Pourtant cette plume, si elle permet au récit d’être porté par une cadence plaisante qui fait que le récit se dévore tout seul, limite aussi l’ouvrage dans sa portée dramatique. Jamais je n’ai tremblé pour les personnages tant la narration semblait prévisible. De plus la caractérisation des personnages se contente d’image d’Épinal pour construire ses personnages ce qui est dommage.

Ainsi les personnages ne s’extraient jamais du carcan dans lequel l’auteur les a enfermés. Il en résulte un manque de nuances et de profondeur qui devient lassant.

Cela n’empêche pas l’ouvrage d’être un récit extrêmement agréable à lire. Pour ma prochaine lecture de cet auteur je vais peut-être être me diriger vers l’un de ses romans policiers pour saisir toute l’ampleur de sa plume.

Résumé : Ils ont miraculeusement survécu au carnage de la Grande Guerre, aux horreurs des tranchées. Albert, un employé modeste qui a tout perdu, et Edouard, un artiste flamboyant devenu une « gueule cassée », comprennent vite pourtant que leur pays ne veut plus d’eux. Désarmés, condamnés à l’exclusion, mais refusant de céder au découragement et à l’amertume, les deux hommes que le destin a réunis imaginent alors une escroquerie d’une audace inouïe…

Éditeur ‎Le Livre de Poche (22 avril 2015)
Langue ‎Français
Poche ‎624 pages
ISBN-10 ‎2253194611
ISBN-13 ‎978-2253194613

Le rêve des chevaux brisés de William Bayer, dites moi tout

Voilà un polar comme on aimerait en lire plus souvent. Un récit dense qui met à l’honneur des personnages fouillés, une intrigue solide qui emprunte à la tragédie antique et à Shakespeare.

William Bayer est considéré, à raison, comme un maître du roman noir. Sa narration introspective est la meilleure manière de découvrir les mystères de la ville de Callista et les méandres du double meurtre non résolu du Flamingo hotel. Il tisse lentement, mais avec brio, une intrigue dense où chaque personnage verra son portrait être ciselé par une plume aguerrie.

À commencer par son personnage principal, David Weiss, en quête de réponse avant tout pour lui-même et dans l’espoir de trouver une forme de rédemption. Hanté par une culpabilité enfouie et miné par l’idée que son père a pu être impliqué dans cette sanglante affaire. C’est un plaisir que de le suivre durant sa plongée dans les plus noirs secrets de Callista.

On a également droit à un portrait saisissant de l’une des victimes. Rarement un personnage défunt aura eu droit à une psychologie aussi travaillée, aussi détaillée. Un régal de lecture qui passe par des passages un peu plus sec en matière de narration.

Car l’auteur a fait le choix de l’exhaustivité pour donner corps à son récit. Certains chapitres, en plus d’être long, peuvent paraître arrides à la lecture. David lit tout simplement des rapports d’enquête dans l’un et un troublant dossier de thérapie dans l’autre. Mais cela sert le récit, il faut donc se montrer patient  et consciencieux dans la lecture.

l’air de rien le récit soulève de nombreux thèmes fort intéressants, tel que la quête d’une image paternelle, la culpabilité  imprescriptible, la sexualité débridée, le traitement médiatique des affaires criminelles et tant d’autres encore.

Bien plus qu’un énième polar, le rêve des chevaux brisés est un formidable récit d’un fils en quête de réponse, d’un homme en quête de rédemption enrichi par un traitement psychologique fascinant des personnages.

Résumé : Dans une ville du Midwest, par un après-midi torride, un homme et une femme sont en train de faire l’amour dans une chambre de motel quand, soudain, la porte s’ouvre. Une silhouette se profile. Suit une double détonation… Les deux victimes sont Barbara Fulraine, égérie de la haute société, et son amant Tom Jessup, modeste professeur. Comment cette grande bourgeoise a-t-elle pu finir d’une façon aussi sordide ? Qui a tué les deux amants ? Vingt-six ans après les faits, le dessinateur judiciaire David Weiss revient dans cette ville où il a grandi, à l’occasion d’un procès. Il va tenter de trouver une réponse à ces questions qui n’ont cessé de le hanter. Une quête dont il ne sortira pas indemne.

Éditeur ‎EDITIONS PAYOT & RIVAGES (8 février 2017)
Langue ‎Français
Poche ‎496 pages
ISBN-10 ‎2743638737
ISBN-13 ‎978-2743638733

Titane avec Vincent Lindon (Acteur), Agathe Rousselle (Acteur), Julia Ducournau (Réalisateur)

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Après une série de crimes inexpliqués, un père retrouve son fils disparu depuis 10 ans. Titane : Métal hautement résistant à la chaleur et à la corrosion, donnant des alliages très durs.

Chronique : Comme pour le premier long métrage de Ducournau  » Grave « ,  » Titane  » est fasciné par les vulnérabilités et les pulsions du corps, ses processus voraces, et comment le  » nous  » collectif tente de faire face à tout cela, soit en se gorgeant, soit, au contraire, en sublimant le besoin dans d’autres choses. Aucun des deux processus n’est agréable et/ou socialement acceptable. Vous ne pouvez pas contrôler ce qui est intrinsèquement incontrôlable. « Titane », lauréat de la Palme d’Or cette année au Festival de Cannes, est un film extrême, violent, impitoyable et drôle, mais l’espace qu’il offre non seulement à la tendresse mais à la contemplation en fait un film « extrêmement » stimulant car bien.

Tout ce qui ne va pas avec Alexia, et il y en a beaucoup qui ne vont pas, est antérieur à l’accident qui lui a cassé le crâne. On la voit pour la première fois, une enfant de type « mauvaise graine » aux yeux morts (jouée par Adèle Guigue ), jetant un regard noir à son père alors qu’elle fait des bruits de régime moteur de concert avec le véhicule en mouvement. Il est difficile d’éviter l’idée qu’elle veut que la voiture s’écrase, ou du moins qu’elle veuille que l’accident se produise. Sortant de l’hôpital, cicatrice agrafée tourbillonnant autour de son crâne à moitié rasé, elle jette ses bras autour de la voiture, embrassant la vitre. Des retrouvailles ravies. Des années plus tard : Alexia (maintenant jouée par Agathe Rousselle), le crâne encore à moitié rasé, gagne sa vie en se déshabillant dans les salons automobiles. C’est une figure solitaire et menaçante, d’autant plus lorsqu’elle assassine soudainement un fanboy agressif qui la suit jusqu’à sa voiture. Plus tard dans la nuit, elle rampe dans une Cadillac énergivore peinte à la flamme pour une autre réunion ravissante, mais cette fois, c’est sexuel. Le sexe en voiture entraîne une grossesse et Alexia, plaquée de titane, regarde avec terreur alors que son ventre se gonfle, ses seins fuient de l’huile à moteur et de l’huile noire s’écoule de son vagin sous la douche. Son corps est maintenant dans un voyage qui ne l’inclut pas.

Pendant ce temps, cependant, les corps s’entassent. Alexia est une meurtrière implacable. Ces meurtres sont horribles à l’extrême. Après avoir laissé un témoin lors d’une vague de meurtres, elle est forcée de s’enfuir. Lorsqu’elle voit une image générée par ordinateur de ce à quoi ressemblerait aujourd’hui un célèbre enfant disparu nommé Adrien, Alexia a une idée brillante. Sans hésiter, elle se casse le nez, bande ses seins et son ventre de femme enceinte, et se rend dans un commissariat, se présentant comme Adrien perdu depuis longtemps. C’est un rebondissement si pervers et drôle, et cela signale la seconde moitié du film, très différente de la première. Le père d’Adrien Vincent (un excellent Vincent Lindon) est un chef des pompiers musclé qui fond en larmes en voyant son fils. Seul la nuit, il se tire avec des stéroïdes, enfonçant l’aiguille dans son cul meurtri, son corps une façade veinée et torturée d’une impénétrabilité désormais défaillante.

Mais les apparences ne sont pas ce qu’elles semblent être. Vincent n’est pas sa surface, tout comme Alexia n’est pas la sienne (ou Adrien n’est pas la sienne). La caserne de pompiers est un monde sans femme d’hommes machos à moitié vêtus, et pourtant le décor est codé selon le genre, l’éclairage intérieur d’un rose fluo doux, le carrelage de la salle de bain rose vif. Aussi à plein régime que soit la première moitié de « Titane », c’est la seconde moitié où les choses décollent vraiment, où Ducournau creuse profondément son sujet, se déplaçant dans des eaux très étranges et complexes. Alexia n’est pas tant un personnage qu’elle est la personnification aux yeux sauvages et déchiquetés de Fight-or-Flight (bien qu’enceinte d’un bébé engendré par une Cadillac). Mais Vincent… Vincent est un vrai personnage, et Lindon apporte une profonde perspicacité à la table, révélant la confusion et la peur du petit garçon qui surgissent sous ces muscles.Les métaphores sont multiples et Ducournau garde intelligemment les choses fluides, permettant aux choses de fonctionner de manière subliminale et/ou visuelle par opposition à explicitement dans la langue. Il y a une scène où Vincent, les yeux muets par la misère, enfonce sa tête sur les genoux d’Alexia. Les deux personnages sont baignés de lumière rose. Cette image de Pietà fait beaucoup de travail, métaphoriquement.

Le langage du « prendre soin » les uns des autres revient à plusieurs reprises. Que signifie « prendre soin de soi » dans le monde de « Titane » ? Tout semble si périlleux et éphémère ! L’importance de la tendresse – et la douleur que la tendresse cause à ceux qui n’y sont pas habitués – contraste fortement avec les processus inexorables du corps humain, la pénétrabilité et la fragilité irritantes du corps, plaque de titane magique ou non. Ces différentes idées contradictoires ne s’articulent pas exactement tout le temps, et « Titane » oscille entre sa première moitié macabre et sa seconde moitié de mélodrame familial (ce qui la rend lourde en haut ou en bas, selon la façon dont vous le regardez) . Les révélations thématiques plus profondes peuvent arriver trop tard dans le jeu pour ceux qui sont soit désactivés, soit activés par l’impitoyable frénésie de la première mi-temps,mais Ducournau, inventive, hardie, intrépide dans son approche et sa sensibilité, ne perd pas son sang-froid.  » Titane  » non plus.

Video :. Toutes les pièces sont en ordre, y compris des couleurs vives et une clarté texturale à haut rendement, prise après coup. Le contraste a été légèrement augmenté, donnant à presque toutes les nuances une augmentation évidente du zeste qui confère au film une apparence légèrement hyperréaliste. Les lèvres et les yeux sont vraiment éclatants et les éléments de l’environnement – naturels et synthétiques – à l’intérieur et à l’extérieur – sont également présents avec une saturation intense. Les textures sont solides. La monture est parfaitement nette. Les traits du visage sont un délice, les vêtements sont définis avec précision. Un peu de bruit apparaît dans diverses situations de faible luminosité, ce qui est tout à fait normal pour une production numérique . Pourtant, l’image ne souffre d’aucune autre source et ne code pas pour le moins possible.

Titane: Garance Marillier

Audio : La bande son sans perte DTS-HD Master Audio 5.1 offre une expérience d’écoute complète et très complémentaire. Les auditeurs apprécieront les éléments sonores environnementaux de qualité, La définition musicale est forte, large et présente un complément positif à l’arrière. Le dialogue est fidèle au positionnement naturel, à la clarté et à la hiérarchisation.

Titane

Réalisateur ‏ : ‎ Julia Ducournau Format ‏ : ‎ Couleur, Cinémascope, PAL Durée ‏ : ‎ 1 heure et 44 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 16 novembre 2021 Acteurs ‏ : ‎ Vincent Lindon, Agathe Rousselle, Garance Marillier, Laïs Salameh, Mara Cisse Sous-titres : ‏ : ‎ Français, Français Langue ‏ : ‎ Français (Dolby Digital 5.1), Français (Dolby Digital 2.0) Studio  ‏ : ‎ Diaphana

Titane

Un espion ordinaire avec Benedict Cumberbatch

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1960. Modeste représentant de commerce anglais, Greville Wynne se retrouve plongé au cœur de la guerre froide.

Chronique : Pourriez-vous tout risquer ? Pourriez-vous cacher à votre famille des informations qui lui permettraient de s’assurer que vous ne l’abandonnez pas ? Pourriez-vous risquer votre vie pour quelque chose pour lequel vous ne vous êtes pas inscrit, sachant que personne ne saura jamais ce que vous avez dû sacrifier ? Les histoires héroïques sont incroyables parce que la plupart d’entre nous ne courraient pas vers le danger. Nous avons tous une envie innée de survivre et de nous préserver, mais il y a ceux qui choisissent de lutter contre cette envie. Ces personnes ont souvent aussi peur, mais elles choisissent de mettre les autres et le bien commun au-dessus d’elles-mêmes. C’est vraiment terrible que ces situations existent. Mais tant que nous avons des individus héroïques pour les contrecarrer, ces personnes doivent être connues et célébrées.

Un espion ordinaire est un thriller d’espionnage vraiment exaltant et à enjeux élevés, basé sur la vraie vie. Non seulement cela s’est réellement produit, mais cela semble être une histoire moins connue qui est en fait d’une grande importance. Ce n’est pas souvent que nous recevons nos fleurs pendant que nous y sommes, mais avec la nature de la mission, je comprends parfaitement pourquoi elle a été gardée secrète. Ce film au rythme relativement rapide est ancré dans une narration captivante mais soutenu par des performances fantastiques. Le film se sépare des autres récits axés sur l’histoire. En ne nous donnant que les faits importants qui se rapportent au scénario au lieu d’une plongée profonde dans l’intégralité de l’époque, nous pouvons être pleinement ancrés dans ce qui se passe. Le monde est au bord d’une catastrophe nucléaire,et la seule façon d’obtenir des informations est d’avoir un vendeur médiocre avec un cadeau de partenaire avec un officier soviétique qui trahit courageusement son pays, c’est un must. Il y a suffisamment d’histoire pour satisfaire les amateurs et beaucoup de sensations fortes pour exciter tout le monde. Il s’agit d’une histoire de héros avec des liens indestructibles, des personnages néfastes et une confiance qui doit tout endurer. La partition symphonique associée au ton discret et à l’esthétique froide aident à transformer ce moment historique en un film inoubliable.

Lorsque l’officier soviétique Oleg Penkovsky est témoin de discours et de documents sur la guerre nucléaire qui l’inquiètent et pourraient mettre le monde en danger, il décide qu’il doit prendre un risque énorme. Il trouve un moyen de transmettre secrètement un message au gouvernement américain, qui le tuerait s’il était pris. Après avoir reçu la note, Emily Donovan, un agent de la CIA, se rend au Royaume-Uni pour demander l’aide du MI-6 afin de valider et d’arrêter la menace. Considérant la difficulté d’entrer en Union soviétique, le MI-6 décide qu’il serait peut-être préférable d’utiliser un civil. En contactant le vendeur Greville Wynne, Dickie Franks du MI-6 et Donovan le convainquent d’être l’intermédiaire pour eux, un coursier. Tout ce qu’il a à faire est de transporter des informations de l’Union soviétique vers le Royaume-Uni, cependant, ce n’est pas aussi facile qu’il y paraît. S’il devait être attrapé, cela pourrait entraîner la torture et la mort.C’est à Oleg et Greville de se déplacer secrètement et d’aider à prévenir la guerre nucléaire.

Le film se déroule à un rythme soutenu, vous gardant sur le bord de votre siège.

Benedict Cumberbatch livre une performance formidable en tant que Greville Wynne. Du vendeur décent au coursier confiant, puis plus tard à l’esprit incassable. Son portrait et l’histoire vraie elle-même nous montrent que nous sommes tous capables de grandes choses. Ses scènes du troisième acte qui nécessitaient une perte de poids présentent certains des meilleurs acteurs du film. Sa chimie et l’amitié qu’il développe avec Oleg (Merab Ninidze) en font un moment exaltant. Rachel Brosnahan continue également à faire un travail formidable dans tout ce dont elle fait partie. En tant qu’Emily Donovan, elle ajoute du cœur à un gouvernement autrement sans cœur.

Qualité vidéo

Un espion ordinaire à un magnifique transfert 1080p encodé AVC. Ce film a de belles touches de couleur dans les éléments environnementaux, mais la conception de la production est par ailleurs assez sobre. La palette de couleurs reste principalement naturelle avec diverses techniques de classement utilisées pour s’adapter au matériau. Là où le transfert brille vraiment, c’est le niveau de détail impressionnant, même dans les aspects les plus subtils. Tout, des plus petits détails du visage à la texture des intérieurs des différents décors, est assez impressionnant. L’image est généralement claire avec seulement de brefs cas d’obscurité au cours de quelques scènes plus sombres. Les niveaux de noir sont admirables sans aucun écrasement significatif détecté. Les tons chair sont naturels d’un bout à l’autre avec des détails impeccables présents dans certaines prises de vue. Le film arbore une cinématographie succulente, et cela est assez bien présenté ici. Globalement,c’est un transfert assez puissant. 

Qualité audio

Le film est accompagné d’une piste DTS-HD Master Audio 5.1 assez puissante et bien équilibrée. Les effets environnementaux jouent un rôle important dans le film, et cette piste donne vie à ces éléments assez efficacement. L’utilisation des canaux arrière pour créer un monde entièrement enveloppant fonctionne assez bien. La directivité est assez précise, donc les sons sont toujours présents comme naturels lorsqu’ils proviennent de leurs points respectifs. Le dialogue est clair et net sans être submergé par aucun des autres sons. Ce film n’est pas une centrale d’action, mais l’activité dans le bas de gamme provoque une secousse pendant plusieurs points de la présentation.

Bonus

  • Making The Courier : Une featurette de 29 minutes dans laquelle les acteurs et l’équipe explorent le développement et la production du film avec des détails assez décents. Cela semble plus substantiel que l’EPK typique, ce qui en fait un ajout très utile à votre expérience de visionnage. 

Classé ‏ : ‎ Tous publics Dimensions du colis ‏ : ‎ 17 x 13.6 x 1.2 cm; 80 grammes Réalisateur ‏ : ‎ Dominic Cooke Format ‏ : ‎ Couleur, Cinémascope Durée ‏ : ‎ 1 heure et 52 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 27 octobre 2021 Acteurs ‏ : ‎ Benedict Cumberbatch, Merab Ninidze, Rachel Brosnahan, Jessie Buckley, Angus Wright Doublé : ‏ : ‎ Anglais, Français Sous-titres : ‏ : ‎ Français Langue ‏ : ‎ Anglais (DTS-HD 2.0), Anglais (DTS-HD 5.1), Français (DTS-HD 2.0), Français (DTS-HD 5.1) Studio  ‏ : ‎ M6 Vidéo

Un Espion Ordinaire

Voro : Cycle 3 TOME 9 – 17 novembre 2021

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Revenue d’entre les morts pour stopper le dieu maléfique Ithiel, Lilya a bien du mal à convaincre les hommes de l’aider dans sa mission. Les vieilles rancoeurs ont la vie dure, même devant la menace d’une destruction totale de l’humanité. Mais bien décidée à réparer ses torts, la petite vaurienne a obtenu l’aide inattendue de la déesse de la nuit, au prix de terribles révélations sur l’identité de son vieux mentor Seamus. Entre déception et trahison, amitié et confiance, Lilya est le seul espoir des vivants et devra porter sa croix jusqu’au bout.

Chronique : L’épopée de Voro a obtenu sa décision. Dans la bataille de l’ombre et de la lumière, des tas de carcasses naissent, des esprits à envoyer sur les terres de Kalma. Lily est ballottée et apprend une grande trahison qui pourrait tout changer.

Le dessin animé de Kukkonen est magnifique à voir. En particulier, sa capacité à créer des environnements naturels et bâtis avec des « angles de caméra » intéressants est étonnante. Malheureusement, dans l’édition que j’ai lue, une page sur quatre était striée en raison d’une impression de mauvaise qualité.

L’épaisseur de l’ouvrage a été une véritable surprise lorsque le livre est arrivé sur le rayon des réserves de la bibliothèque. La conclusion de l’histoire de Voro est une épopée massive, tant par sa taille que par ses événements. Lily est confrontée aux dieux et vient décider du sort du monde. Je continue à être très impressionné par les dessins de Voro. L’histoire est pleine de rebondissements, si bien que la série entière nécessitera bientôt une deuxième lecture et un temps bien mérité pour me plonger dans l’intrigue.

Note : 10/10

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN (17 novembre 2021) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 152 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203210338 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203210332

Berezina – 17 novembre 2021 de Virgile Dureuil / Sylvain Tesson (Auteur), Virgile Dureuil (Dessins, Writer), Sylvain Tesson (Writer)

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Deux siècles après la retraite de Russie, Sylvain Tesson refait la route de l’armée napoléonienne déchue… en side-car et en plein hiver. Ils sont cinq : trois Français et deux Russes. Unis par l’amitié et par un grand défi, ils décident de commémorer à leur façon le bicentenaire de la retraite de Russie : en suivant le chemin emprunté par les troupes françaises en pleine débâcle.

Chronique : Récit de voyage en side-car Oural, hommage au sacrifice des Grognards de la Grande Armée, ode à la Russie, « Berezina » est tout cela et plus encore. Sylvain Tesson a réussi un livre inspiré, engagé qui pose in fine une seule question : quel peut-être aujourd’hui le terrain d’expression de l’héroïsme ?

C’est de Moscou que Tesson avec ses deux compères français Gras et Goisque et ses deux amis russes Vitaly et Vassili s’élance sur la parcours de la Retraite de Russie, Borodino, la Berezina, Smolensk, Vilnius pour suivre ensuite les traces du voyages retour de Napoléon jusqu’à Paris : « Pourquoi ne pas faire offrande de ces quatre mille kilomètres aux soldats de Napoléon ? A leurs fantômes. A leur sacrifice. En France, tout le monde se fout des Grognards. Ils sont tous occupés avec leur calendrier maya. Ils parlent de la « fin du monde » sans savoir que leur monde est déjà mort ».

L’auteur fait état de la théorie de son ami Gras sur les « hauts lieux » (hauts lieux de la tragédie, hauts lieux spirituels, hauts lieux géographiques, hauts lieux du souvenir, hauts lieux de la création, hauts lieux héraclitéens), mais c’est de son côté obsédé par les souffrances endurées par près d’un million d’hommes que Tesson se lance dans cette folle aventure et de toutes ces horreurs qu’il sait qu’il aura du mal à oublier, à force de les toucher à chaque étape de plus près. Il ne s’en rend compte qu’une fois parvenu en Lituanie : « Les soldats oubliés du charnier de Siaures miestelis avaient été inhumés dans le cimetière en 2003. Pour la première fois, nous abordions un lieu tangible de la Retraite, un espace qui n’était point seulement un décor du souvenir ou un théâtre historique. Il y avait sous cette neige les ossements des hommes dont nous suivions les traces depuis Moscou. Nous cessions de courir après les spectres. Nous nous tenions devant leurs restes ».

Faire la route dans le froid et dans la boue est également l’occasion de plaisirs plus légers : « Ce voyage était certes une façon de rendre les honneurs aux mânes du sergent Bourgogne et du prince Eugène, mais aussi une occasion de se jeter de nids-de-poule en bistrots avec deux de nos frères de l’Est pour sceller l’amour de la Russie, des routes défoncées et des matins glacés lavant les nuits d’ivresse ». Il donne aussi l’occasion à l’auteur d’exprimer son admiration pour le peuple russe : « Ô nous aimons ces Russes. Chez nous, l’opinion commune les méprisait. La presse les tenait, au mieux, pour des brutes à cheveux plats, incapables d’apprécier les mœurs aimables des peuplades du Caucase ou les subtilités de la social-démocratie et, au pire, pour un ramassis de Semi-Asiates aux yeux bleus méritant amplement la brutalité des strates sous le joug desquels ils s’alcoolisaient au cognac arménien pendant que leur femmes rêvaient de tapiner à Nice. Ils sortaient de soixante-dix ans de joug soviétique. Ils avaient subi dix années d’anarchie eltsinienne. Aujourd’hui, ils se revanchaient du siècle rouge, revenant à grands pas sur l’échiquier mondial. Ils disaient que des choses que nous jugions affreuses : ils étaient fiers de leur histoire, ils se sentaient pousser des idées patriotiques, ils plébiscitaient leur président, souhaitaient résister à l’hégémonie de l’OTAN et opposaient l’idée de l’Eurasie aux effets très sensibles de l’euro-atlantisme. En outre, ils ne pensaient pas que les Etats-Unis avaient vocation à s’impatroniser dans les marches de l’ex-URSS. Pouah! Ils étaient devenus infréquentables ».

En filigrane et au travers des siècles, la présence de Napoléon qui ne manque pas de fasciner Tesson : « Le spectacle était étrange de ces énarques du XXIe siècle, clapotant dans l’entre-soi et la cooptation et dégoisant sur « Le Mal napoléonien » sans reconnaître que l’Empereur avait su donner une forme civile et administrative aux élans abstraits des Lumières ».

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN; Illustrated édition (17 novembre 2021) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 136 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203223529 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203223523

Les élus T1 – 14 octobre 2021 de Veronica Roth (Auteur)

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5 adolescents ont consacré leur jeunesse à l’entraînement et à la lutte contre l’Obscur. Mais que se passe-t-il après ?l y a dix ans, les Élus ont sacrifié leur jeunesse pour sauver le monde et vaincre l’Obscur.

Chronique : Les élus est le premier livre de fantasy pour adultes de l’un des maîtres du genre, bien qu’il s’agisse de la version pour jeunes adultes, et bien que ce livre ait été attendu depuis longtemps, j’avais plus qu’une petite appréhension quant à savoir s’il serait à la hauteur des attentes, mais je n’avais pas à m’inquiéter du tout ; il s’agit d’un roman richement imaginé et fascinant qui rejoindra sans aucun doute rapidement ses autres livres sur la liste des best-sellers. Il joue avec le trope classique de « l’élu » et comble parfaitement le fossé entre les genres de fiction YA et Adultes en racontant l’histoire de cinq amis qui, en tant qu’adolescents, ont sauvé le monde d’un personnage destructeur connu sous le nom de Dark One, et doivent maintenant naviguer dans la vie adulte en tant que célébrités. L’intrigue du livre démarre le jour du dixième anniversaire de la défaite du Ténébreux, lorsque l’impensable se produit : l’un des Élus disparaît. Ceux qui restent doivent reconsidérer ce que signifie être des héros – par destin ou par choix. Il explore la question suivante : que se passe-t-il lorsque les héros qui portent notre fardeau essaient d’aller de l’avant ?

Il s’agit d’un roman sombre, original et absolument captivant. C’est le roman fantastique le plus captivant que je me souvienne avoir lu depuis au moins deux ans. La construction du monde est pleine d’imagination et de détails complexes et, bien qu’il s’agisse davantage d’une histoire axée sur les personnages, l’intrigue n’est en aucun cas négligée car elle est bien menée, pleine d’action et tendue du début à la fin. Il s’agit d’une histoire intense et pleine d’enjeux, et lorsqu’elle commence à se dénouer, il est difficile de résister à la tentation d’accélérer et de tourner fébrilement les pages. J’ai également été agréablement surprise par la quantité d’émotions insufflées dans le récit. Un aspect qui, sans surprise, diffère sensiblement de ses romans pour jeunes est la volonté d’explorer des questions importantes et courantes du monde réel, ce qui, à mon avis, a été superbement bien fait. Il s’agit certainement d’un moment décisif pour Roth, et je pense qu’il plaira à la fois à ses fans de longue date et à de nombreux nouveaux lecteurs.

Note : 9;5/10

Éditeur ‏ : ‎ Pocket (14 octobre 2021) Langue ‏ : ‎ Français Poche ‏ : ‎ 576 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2266299913 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2266299916

Les Fables de La Fontaine – Recueil de Fables illustrées – 18 novembre 2021 de Jean de La Fontaine  (Auteur), Marc Boutavant (Illustrations)

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‘est avec humour et impertinence que Marc Boutavant illustre à son tour les Fables de La Fontaine. Ces textes qui se transmettent de génération en génération, occupent dans notre mémoire un souvenir tout particulier, celui de poèmes que nous récitions enfant sans parfois les comprendre mais qui sont toujours dans un coin de notre tête. Marc Boutavant nous en propose sa vision et met à leur service son regard malicieux qui, indéniablement, fera de ce livre un classique pour une nouvelle génération !

Chronique : Jean de Lafontaine est un de nos plus grands auteurs classiques. Dans ce magnifique français du 17e siècle, il écrit de petites saynètes où des animaux, qui parlent comme des hommes, sont mis en scène dans des situations burlesques ou tragiques, qui permettent à l’auteur de finir ses poèmes par une morale qui n’a rien perdu de son actualité, on pourrait citer: « Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute ». L’auteur révèle sa profonde connaissance de l’âme humaine, c’est pourquoi même s’il destinait ses fables à un enfant, Monseigneur le Dauphin tout de même, elles feront la joie et l’instruction des petits et des grands. Les dessins sont sobres mais beaux bravo à Marc Boutavant pour ce pinceau.

Éditeur ‏ : ‎ Grund; Illustrated édition (18 novembre 2021) Langue ‏ : ‎ Français Couverture à spirales ‏ : ‎ 72 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2324027208 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2324027208