Toute la beauté du monde n’a pas disparu (20 avril 2017) de Danielle Younge-Ullman

Trois semaines de camp d’été dans la nature la plus sauvage, dans les conditions les plus rudes, avec pour compagnons un groupe d’adolescents borderline au passé traumatisant… Tel est le défi qu’Ingrid, dix-sept ans, est appelée à relever pour prouver à sa mère sa force de caractère et poursuivre son rêve : devenir, à son tour, une brillante chanteuse lyrique.
Pourtant, Ingrid n’a rien d’une fille de la nature.
Saura-t-elle faire face à la dureté de l’expérience, et à sa propre tragédie ?

Chronique : Un vrai coup de cœur en cette fin de moi d’avril Danielle Young-Ullman a créée dans ce livre une histoire forte dont on ne sort pas indemne . Ce récit est tout à fait aventureux, une confession, profondément complexe, déchirant, auto-déprimant et drôle. Pour les parents et les adolescents qui aiment lire des livres fort celui-ci vous donnera beaucoup à discuter (sans être trop choquant) Et vous laissez les deux vous sentir comme si vous avez besoin de prendre une grande respiration et vouloir faire un bon calin une fois que vous avez terminé. ce livre. L’auteur a trouvé un moyen d’expliquer et d’engager les enfants qui luttent pour comprendre l’amour, la perte et tout ce qui peut arriver entre les deux, ainsi que les parents essayant de faire de même. La fin est prudemment optimiste tout en évitant tout élément télécommandé comme prévisible et donnera aux lecteurs super sensibles (souvent jeunes adultes) une raison de se rassembler et d’aller de l’avant. On adore les différents personnages auxquels nous sommes présentés, même s’il est évident qu’Ingrid est le personnage principal. La description des autres personnages est donnée par Ingrid et comment cela a est très bien fait, car il montre Ingrid comme quelqu’un qui n’est pas absorbé et consommé par ses propres problèmes. Ingrid, tout en étant calme, est en fait un pétard qui sait se défendre. Elle a peut-être voulu reculer des défis auxquels elle a dû faire face, mais elle ne l’a pas fait, et cela nous fait aimer son personnage.
Les chapitres passent du passé au présent et il est vraiment intéressant de lire des deux points de vue et de voir comment ils sont tous adaptés. Les émotions qu’Ingrid ressentait dans le passé, et la douleur qu’elle porte avec elle dans le présentest puissamment écrites. Ce roman est incroyable en termes de style d’écriture, de stimulation, d’histoire et de développement de personnage. 

Note : 10/10

 

  • Broché: 384 pages
  • Editeur : Gallimard Jeunesse (20 avril 2017)
  • Collection : Scripto

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Les Puissants Tome 1 : Esclaves (4 mai 2017) de Vic James

Abi, 18 ans, et son frère Luke, 16 ans, voient leur destin bouleversé quand leurs parents décident de partir tous ensemble accomplir leurs jours d’esclavage. Abi devient domestique au service de la puissante famille Jardine. Le somptueux décor dans lequel elle évolue dissimule en réalité de terribles dangers, car chez les Égaux, les luttes de pouvoir sont sans pitié. Et lorsqu’elle tombe amoureuse d’un de ses maîtres, c’est sa vie même qui est en péril…Luke, quant à lui, a été exilé dans la ville industrielle de Millmoor. Dans un environnement brutal et pollué, il s’épuise à la tâche. Cependant, d’autres, comme lui, partagent ses idéaux de liberté. Il découvre alors qu’il existe un pouvoir bien plus grand que la magie : la rébellion.

Chronique : Ce livre place une histoire dans un monde alternatif. Nous voyageons  dans ce monde tout en suivant le point de vue des membres de deux familles sur les différents côtés de la fracture. Une famille moyenne contenant trois enfants et une famille égyptienne aristocratique, également avec trois enfants, qui sont tout sauf la moyenne.
L’action se déroule principalement en deux endroits. La maison de la famille Equal à Kyneston qui est entourée d’une porte / mur magique invisible qui englobe les terrains de la famille et la ville esclave appelée Millmoor où les gens travaillent six jours par semaine dans des conditions horribles sans argent. Les destinées des membres des deux familles s’entrelacent et l’histoire progresse.
Les personnages principaux sont très développés et intrigants.  Silyen semble être débordé de prouesses magiques et Luke découvre beaucoup sur lui-même pendant ces pages et le Dr Jackson à  bon cœur. La majorité des égaux semblent avoir des motifs particuliers et manipulables. Les gens sans le pouvoir de la compétence tentent simplement de vivre tranquillement et d’agir de façon discrète. Kyneston est un établissement et une propriété aussi élégants que vous pourrez lire dans la fiction alors que Millmoor est le contraire. Cela ne veut pas dire que ce qui se passe à Kyneston est tout rose. Millmoor est grotesque et horrible pour les individus qui passent leurs jours d’esclaves là-bas. Il y a une faction souterraine là-bas sous les yeux des autorités.
On ne peut pas trop parler de l’histoire et de la façon dont les personnages ressentent et interagissent avec les autres sinon le roman serait dévoiler  ou mais la magie et la force de ce livre qui  fait que c’est l’ aspect des plus fascinants. La fin est phénoménal et extrêmement dérangeante mais elle met en place le second tome promettant spécialement de mettre en évidence plus d’endroits dans cette alternative de la Grande-Bretagne. Un très bon roman young adulte dont l’attente sera dure jusqu’au second tome.

Note : 9/10

  • Broché: 440 pages
  • Editeur : Nathan (4 mai 2017)
  • Collection : GF LES PUISSANT

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La Guerre des mondes – Tome 02 (29 mars 2017) de Dobbs et Vicente Cifuentes

Voilà plusieurs jours que des projectiles précis et réguliers frappent la Terre depuis la Planète Rouge. Dans la petite bourgade d’Ottershaw en Angleterre, le Professeur Ogilvy a du mal à croire à la théorie d’une attaque extraterrestre émise par son jeune élève. Pourtant, lorsqu’un météore tombe non loin de chez lui, il découvre, niché en son cratère, un cylindre géant qui ne peut qu’être l’œuvre d’une civilisation supérieure. Et il apprend à ses dépens que cette dernière n’a pas véritablement d’intentions pacifiques… De la capsule extra-terrestre émerge un « tripode », une immense machine de mort qui sera rejointe par bien d’autres, semant le chaos et la destruction. L’extermination ne fait que commencer… Récit apocalyptique précurseur du genre au message antimilitariste, le roman La Guerre des mondes, plusieurs fois porté sur grand écran, trouve enfin en BD l’adaptation fidèle qu’il mérite.

Chronique : Excellent second tome de la guerre des mondes, qui vient clore le cycle consacré à cette oeuvre dans une collection dédiée à H G Wells qui mérite vraiment à être connue. Le dessin et la mise en couleur sont parfaits, très esthétiques. Le découpage est lui aussi d’une grande qualité et donne un rythme au récit qui n’est ni trop lent ni trop rapide.On ne retrouve pas dans ce second tome les petites incohérences du premier tome dans le dessin. Il faut dire que l’on a moins de scènes qui se déroulent dans le même endroit.
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Le plus difficile pour les adaptations des œuvres littéraires en BD est sans doute de rester fidèle à l’ambiance de l’oeuvre originale. De ce point de vue, le challenge est plus que réussi. Belle série qui retranscrit à merveille HG Wells

Note : 9,5/10

  • Album: 56 pages
  • Editeur : GLENAT (29 mars 2017)
  • Collection : BANDES DESSIN E

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L’Homme invisible – Tome 01 (29 mars 2017) de Dobbs et Christophe Regnault

Histoire courte mais intense, L’Homme invisible est une œuvre fondatrice à la fois cynique, drôle et inventive. Redécouvrez-la dans une adaptation en BD fidèle à l’ambiance glaciale du roman d’H. G. Wells

Chronique : Après « La guerre des mondes » et « La machine à explorer le temps », les éditions Glenat et le scénariste Dobbs continuent de s’attaquer à l’œuvre de H.G. Wells avec cette fois « l’homme invisible ». Cette bande dessinée comprendra deux tomes.
Ce premier opus qui est assez fidèle à l’œuvre de Wells, est magnifié par les très beaux dessins de Christophe Regnault qui rend bien l’ambiance du roman.
Avec ce premier tome qui se déroule dans un village bien tranquille, nous assistons à l’arrivée d’un homme qui s’installe dans un hôtel et qui très rapidement va inquiéter les villageois puis leur faire peur.

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On ne nous dit pratiquement rien concernant cet homme, son passé et ce qu’il l’a conduit à être ce qu’il est. Le scénario de Dobbs est précis, rythmé et nous décrit très bien la psychologie des différents personnages dont celle du principal protagoniste..
« L’homme invisible » plus de cent ans après sa parution produit toujours le même effet et ne vieillit pas d’un pouce et on a hâte de découvrir le second tome.

Note : 9/10

  • Album: 56 pages
  • Editeur : GLENAT (29 mars 2017)
  • Collection : BANDES DESSIN E

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Les aventures inter-sidérantes de l’ourson Biloute, épisode 2 : Les mutants de la Mine Noire (26 avril 2017) de Julien Delmaire et Reno Delmaire

C’est dimanche. Sans surprise dans le Nord de la France  : il pleut. L’Ourson Biloute et sa petite famille se rendent au musée de la mine pour visiter les anciennes galeries de charbon. Au fond de la fosse, l’ambiance tourne au cauchemar. Les extra-terrestres de la Galaxie Fantôme, ont installé un laboratoire secret où mijote l’infâme sauce Z  ! Biloute se retrouve pris au piège, face à des monstres plus terrifiants les uns que les autres. Notre héros en peluche semble perdu  ! À  moins qu’une aide aussi précieuse qu’inattendue ne le sauve de ce sombre traquenard…

Chronique : Episode 2 :  Les aventures inter-sidérantes de l’Ourson Biloute est un roman idéal pour les jeunes lecteurs. Le texte est bourré d’humour et les illustrations très colorées dégagent une énergie débordante. L’ensemble donne un roman décapant, loufoque et vraiment original.
L’humour est omniprésent, de la présentation des auteurs au glossaire, en passant par le texte qui, tout en restant abordable pour un enfant, est de qualité.
La richesse textuelle tient aussi dans l’ajout d’expressions tirées du patois du Nord de la France séduira sans doute d’avantage les ch’ti mais qui ne doit surtout pas rebuter les lecteurs de tout horizon qui passerait à côté d’un roman/album qui se veut unique en son genre.

Note : 9/10

  • Broché: 48 pages
  • Tranche d’âges: 6 – 9 années
  • Editeur : Grasset Jeunesse (26 avril 2017)
  • Collection : Lecteurs en herbe

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Le syndrome de Croyde, Tome : L’état sauvage (27 avril 2017) de Marc Welinski

Albane, une petite fille de 9 ans, est décédée à la suite d’une chute dans l’escalier de l’école de la petite bourgade de Chamonville. Tout le village est en émoi. Si pour la gendarmerie l’accident ne fait aucun doute, le directeur de l’école est persuadé que la petite a été poussée. Puis d’autres décès « accidentels » surviennent. Les soupçons de la population se portent alors vers le camp de migrants qui s’est installé dans la forêt voisine…

Chronique : L’auteur nous ballade à travers la psychologie des personnages comme une plume au vent. On est cueilli par ce  » mystère » du syndrome de Croyde jusqu’au dénouement et dans ce deuxième tome il revient dans la région parisienne.
La force de ce livre réside dans la description des personnages, de leur psychologie bien sûr, de leur confidence, de l’emprise de la situation sur leur vie, l’impact violent d’un crime dont ils sont témoins, victimes ou peut-être acteurs involontaires. Nous partageons avec eux leur doute, leur impuissance face à la situation, leurs interrogations sur la réalité ou la perception.
L’écriture est agréable à lire et fluide, un voyage entre réalité et folie :une trame bien ficelée , des personnages attachants :on a envie de savoir et de vite aller jusqu’au bout .

Note : 9/10

  • Editeur : Editions Daphnis et Chloé (27 avril 2017)
  • Langue : Français

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L’Affreuse (26 avril 2017) de Ariel Crozon

«Vous verrez, même absente, je serai en quelque sorte présente, petit personnage qui, en esprit, discutera avec vous, argumentera, et sans doute vous engueulera.»
À 49 ans, Ariel Crozon entame le journal de sa vie désormais «frêle et précaire» : elle est atteinte de la maladie de Charcot. Mais ici, pas d’apitoiement. Sous sa plume, sa maladie est surnommée L’Affreuse, l’hôpital s’appelle Sancœur et son médecin est une célèbre actrice anglaise… Car chez Ariel, le rire l’emportera toujours sur les larmes.
L’Affreuse n’est autre que le souffle de vie d’une femme, dont la force lumineuse nous touche en plein cœur.

Chronique : Comme « Oscar et la dame rose » de Eric-Emmanuel Schmitt l’affreuse de Ariel Crozon est dans la même veine, un livre dur mais beau et avec une honnêteté hors du commun et un humour à toute épreuve,ce livre nous touche en plein cœur . Le requit cerne l’essentiel, et à en vivre le meilleur. Avec sa sincérité Ariel et sa lucidité de condamné, nous délivre un beau message d’espoir : il convient d’apprendre, avant tout, à oser vivre sa vie, puis à accepter sa mort. Loin de sombrer dans le mélo, sans fioriture et tout en simplicité, elle nous délivre un récit d’une grande délicatesse, débordant de spontanéité et d’émotion, d’humanité et de bonheur. Et l’écrivain parvient même à nous faire sourire avec cette histoire formidablement belle et attendrissante, mais aussi terriblement cruelle et poignante. Dans un style léger et vivant, au travers de ce récit extrêmement poétique, elle nous donne une formidable leçon de vie. Une œuvre magnifique pour tous, mais, surtout, pour ne pas oublier de vivre ! Un vrai coup de cœur.

Note : 10/10

  • Editeur : Editions Autrement (26 avril 2017)
  • Collection : AUTREMENT LITTE

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